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Bernie Wrightson demeure une référence, la référence dans le domaine de l’illustration macabre où cet artiste a très tôt percé alors que le marché des histoires d’horreur était plutôt encombré par des artistes philippins assez compétents. Découvrez le parcours intéressant de Bernie Wrightson qui comporte quelques surprises mais qui demeure toujours, voire intimement, lié à l’horreur.
Bernie Wrightson a suivi des cours de dessin par correspondance, ceux délivrés par la Famous Artists School du Connecticut qui, de l’avis de l’intéressé lui-même, étaient excellents. Il a donc commencé professionnellement comme illustrateur professionnel dans un journal de Baltimore, puis deux ans plus tard en 1968, il a montré certains de ses travaux à Dick Giordano qui l’a embauché sur le champ à Dc comics. Il en résultera ces superbes 10 épisodes de Swamp Thing, écrits par Len Wein, qui demeurent de l’avis de Bernie un de ses travaux préférés. Pour anecdote, Bernie devra enlever le E de Bernie pour cause d’homonymie avec un sportif de niveau olympique. Il a fallu à Bernie 2 ans pour produire la totalité de ces numéros qui assurèrent sa renommée et sa carrière.
Bernie Wrightson a donc rejoint un studio de dessinateurs de hauts calibres, Mike Kaluta, Barry Winsdor Smith, Jeff Johns dans un endroit tout simplement nommé The Studio. Il s’agit ni plus ni moins de la fine fleur artistique américaine des années 70. Bernie Wrightson ne produit donc guère pour les comics , il a d’ailleurs du mal à assurer un rendement mensuel avec une qualité satisfaisante. La proximité de ses pairs lui permet d’évoluer, d’apprendre des autres dans une belle synergie artistique qui demeure généralement fort profitable à chacun.
Justement, il se fait plaisir en illustrant un des ses livres préférés, le matriciel Frankenstein de Marrie Shelley. Bernie Wrightson adore ce livre, et il accomplit comme œuvre personnelle une série de 50 planches qui accompagnent une nouvelle édition. Il ne s’agit pas d’une œuvre de commande aussi Bernie a mis plus de 7 ans pour produire un résultat à la hauteur de son engagement. Il lui fallu dégager du temps pour produire l’œuvre, et il s’est incroyablement investi sur la qualité de ces planches qui demeurent peut-être son travail le plus abouti.

En remerciements, Bernie Wrightson s’est senti obligé de réaliser un projet sur Spider-man qui aura été pour lui, une grande souffrance pour dessiner un personnage pour lequel il a une attirance quasi-nulle ! Charles Vess fera pour sa part un beau projet sur Spidey qui demeure plus mémorable et qui s’inscrit dans la veine gothique moins macabre, axée sur l'ambiance.
Le vent du cinéma souffle dans la bonne direction pour Bernie Wrightson puisque l’excellent film d’animation, Heavy Metal qui célèbre le fameux magazine, lui permet un privilège rare pour un artiste, celui de donner vie à une de ses créations. Ce fut le débauché Captain Stern, sorte de parodie hilarante de Buck Rogers au physique de Superman (la mèche en S en prime), qui viendra s’inscrire dans ce joyeux ovni du cinéma d’animation. Heavy Metal, produit par le producteur/réalisteur Ivan Reitman, sera un joyau d’animation débridée qui, pour une fois, permet au spectateur de s’évader dans une réelle imagination rythmée par une bande son hard rock de haut niveau. Voici le lien de ce film hautement recommandé !
Mais Bernie Wrightson a une autre corde à son arc. Sa notoriété lui vaut d’être sollicité par Hollywood et plus exactement, pour commencer, sur un film modeste qui reprend le schéma des Ec comics qui lui sont si chers. Ce sera Creepshow produit par Laurel Entertainment, firme où œuvre George Romero, si brillant cinéaste. Stephen King s’est même associé aux scénarios de ces sketch assez gory et fun. Bernie Wrightson fera donc naturellement l’affiche du film ainsi que la bande dessinée, logique !
Les années le verront à la fois revenir dans le domaine des comics, associé avec Jim Starlin, mais aussi contribuer aux design de SOS Fantômes, bien que Bernie dit n’avoir guère vu son travail sur grand écran ! il réalisa le très intéressant Batman : the Cult, ou enfer blanc en vf. Il s’agit d’une des meilleures histoires de Batman qui demeure totalement retourné par un révérend séculaire. Il semble cependant que le personnage de Batman ou un autre n’importe peu pour le duo artistique réellement doué, et que l’histoire aurait pu convenir à Dardevil par exemple mais il s’agit d’une œuvre à découvrir ou à relire. Le duo fera un amusant Hulk & la Chose, qui demeure réellement comique et détendu. La chute de l’histoire demeure d’ailleurs un grand moment burlesque. Enfin, The Weird chez Dc viendra compléter le tableau même s’il s’agit d’une histoire moins fameuse.
Toutefois, Bernie Wrightson continue heureusement à continuer des collaborations envers Hollywood comme un film de Stuart Gordon, Space Tucker ou encore la conception des monstres & bestioles du sympathique Faculty. Mais il retrouve son vieux compère George Romero pour ToeTags, une série de comics limitée relative aux morts-vivants pour Dc comics.
Voici donc ce que l’on peut poser comme informations sur Bernie Wrightson, qui a pleinement mérité son titre de maître de l’horreur graphique. Il aura élevé l’usage du noir et blanc jusqu’ à très haut potentiel et ses meilleures œuvres, qui sont essentiellement des portofolio, peuvent s’admirer pendant des heures tant sa maîtrise artistique demeure aboutie. Bernie Wrightson aura eu la chance de pouvoir faire autre chose que du comics ou de l’illustration, même s’il demeure cantonné au stricte et restrictif créneau du macabre.
Enfin, son héritier le plus talentueux demeure le non moins excellent Kelley Jons qui a pleinement assimilé le style de son maître mais qui a su évoluer pour trouver sa propre voie. La plupart de ses travaux, dans le domaine des comics, se rencontrent chez Dc comics où sa version de Batman demeure l’équivalent gothique du Spider-man de Todd Mac Farlaine, mais Kelly Jones n’a hélas pas eu le même succès que Mr Toys . Dommage, un crossover Spawn/Batman par Kelly Jones aurait eu du chien !