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2ème partie
Le Saint est terminé, enfin, en 1969.
Sept longues années durant lesquelles Roger Moore s’est investi, bien qu’on ne le sache guère. Il a réalisé au moins un épisode, il est devenu producteur et certains épisodes sont en deux parties pour être exploité en salles. Bref, Roger Moore a plusieurs cordes à son arc.
Bien que populaire, le cinéma ne lui offre pas de réel succès qui permettrait de l’asseoir définitivement. Il est populaire, certes, il est très apprécié dans les coulisses et il entretient de très bons rapports avec les acteurs, les techniciens et les producteurs.
Après quelque temps, on lui propose de remettre le couvert pour une nouvelle série télé, amicalement vôtre. Roger Moore n’est pas chaud pour deux raisons :
_La première est qu’il en a soupé des séries télé.
_La seconde est qu’il sait qu’il faut soit disponible pour un rôle au grand écran.
Mais il va quand même signer pour The Pretenders avec une grande star de cinéma, Tony Curtis a joué dans les Viking et encore certains l’aiment chaud, mais dont la côte faiblit.

La question qui revient sans cesse est la suivante : est-ce que Moore et Curtis se détestaient ?
La réponse est dans le livre et Roger Moore, grand seigneur, semble plutôt évoquer des relations professionnelles mais aussi que Tony Curtis était imprévisible, comme son rôle.
D’ailleurs, son personnage a été réécrit en fonction de ses performances sur le plateau.
Il est à noter que l’ébauche de Amicalement vôtre fut ébauché dans des épisodes du Saint où Simon Templar faisait équipe avec un américain très texan.
Le résultat d’Amicalement vôtre ?
Vous avez votre propre avis mais certains épisodes sont réellement excellent et le concept du buddy movie demeure bien calibré, de référence même alors que Walter Hill prétend l’avoir mis au point pour 48 heures !
Le livre de Roger Moore raconte donc quelques bonnes anecdotes savoureuses.
Roger Moore ne poursuit pas au-delà de l’année ce qui est mille fois dommage. Les audiences aux USA n’étaient pas très bonnes mais la série paraît immortelle par sa qualité et ses rediffusions.
Un acteur aurait très bien pu remplacer Roger Moore, il s’agit de Robert Hoffman qui a aussi une grande classe et une vague ressemblance avec Moore, dommage…
Mais Roger Moore se tient prêt pour James Bond après les péripéties pour trouver un successeur à Sean Connery. Ce fut d’abord George Lazemby qui refusa un contrat de 5 films, puis ce fut l’acteur John Gavin qui fut écarté in extremis par la reprise de Sean Connery.
Roger Moore tint la corde et il fut engagé pour 3 films.
Le premier, Vivre et laissez mourir, fut un gros succès avec plus de 100 millions de $ de recettes pour un budget de 7 millions.
Roger Moore est lancé, le public, la presse sont enthousiastes mais certains lui reprochent de ne pas incarner le James Bond. Ce reproche lui est encore adressé dans les critiques et j’y reviendrai.
Le suivant, en 1974, est bouclé dans la foulée et ces deux Bond se ressemblent, comme les deux suivants, L’espion qui m’aimait (1977) et Moonraker (1979). Ces deux derniers sont des succès éclatants bien que les films s’adressent aussi à des ados. Roger Moore y est impeccable mais on reconnaît cependant le même style, plutôt la même lignée que Simon Templar et Lord Brett Sinclair : la classe et l’élégance.
Le suivant, Rien que pour vos yeux, est un retour aux intrigues froides et terre à terre de Ian Flemming, autant qu’il soit possible de l’être en 1981 et Roger Moore prouve qu’il peut lui-aussi tuer froidement, adopter cette posture animale que le public apprécie (plutôt les critiques en fait) chez Sean Connery.
Octopussy et Dangereusement vôtre se ressemblent vaguement.
Ils sont distrayants mais ils ne sont pas les meilleurs de la série. De plus, Roger Moore apparaît quelque peu fatigué, voire vieilli ce qui l’écarte du rôle. Roger Moore l’accepte volontiers et il sait qu’il est temps pour lui de tourner la page. Et quelle page !
Roger Moore avait tourné entre temps quelques bons films, la liste qui suit n’est pas exhaustive, tels que Les Oies sauvages, Le Commando de sa majesté, Gold, Bons baisers d’Athènes…
Une carrière bien remplie, un rôle important qu’il sait temps de quitter. La presse lui prête des rumeurs de retraite et il est vrai qu’il fut relativement peu actif. Mais une vie est faite de cycles et Roger Moore va en entamer un nouveau, qui demeure des plus intéressants...