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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 08:00

Wally Wood est un artiste qui a une énorme cote de popularité chez la génération de fans qui ont pris connaissance de son talent à l’époque de ses publications. Pour ma part, il ne me disait pas grand chose, quelques numéros de Sally Forth ou des collaborations éparses chez Marvel qui ne m’ont pas séduit plus que cela. Mais lors du dernier festival d’Angoulême, le fin connaisseur qu’est Tony Lariviére me traîne jusqu’ à un stand hollandais qui éditait des numéros de Witzend. Parmi toutes les bandes, une seule me convainquit en quelques pages du talent de Wally Wood : my world. Aussi je me dois de revenir à ce grand artiste dont la cime de la carrière se situe pour moi dans les années 50’.   

Wally Wood est né en 1927 dans le Minnesota. Il incarne la génération de lecteurs qui était élevée au pulps et au daily strips. Justement, le jeune Wally Wood adore les maîtres du moment qui excellèrent dans cet art : le fameux Milton Caniff de Terry et les pirates ainsi que  Hal Foster qui exerçait sur Flash Gordon. Ces grands de l’époque influencèrent énormément d’ artistes en leur montrant en les éblouissant par leurs talents.
Wally Wood demeure un autodidacte, qui n’a suivi qu’une faible formation (un bref passage chez l’école de Hogarth) puis dans une école de cartoonist. Son parcours est intéressant, il fit la guerre, exerça une multitude de petits boulots puis se constitua un portofolio pour démarcher les maisons d’éditions ou les studios artistiques. En se liant d’amitié avec d’autres artistes, dont John Séverin, il aboutit finalement chez Will Eisner qui lui confia immédiatement son personnage fétiche : le Spirit.

En parallèle, il travaille pour le compte de la Fox Comics (Blue Beetle 1er) pour des travaux d’encrage, ce en quoi il se révèle doué. IL demeure donc un artiste établi dans les années 50’ où il s’essaye à  plusieurs genres tout en ne cessant d’améliorer son art. Justement, ces années seront clairement le meilleur de sa carrière et nous entraîneront dans des épopées graphiques époustouflantes.

Il intègre l’EC comics, la boîte fondée par la propriété de William Gaines, qui a fondé une première maison d’édition qui a crée Flash & Green Lantern. Il l’a revendu aux propriétaires de Superman puis, grâce à une forte somme, il a remonté tranquillement une nouvelle firme nommée Educational comics. Ce dernier meurt lors d’un accident nautique et son fils Bill prend la relève.  Doué d’un grand sens de l’humour, il abandonne la direction éditoriale de ses revues et il publie des comics de guerre, de Sf et d’horreur qui constituent un pan entier de la bande dessinée américaine, par leurs audaces, leurs qualités et leurs génies. Ces comics ont suscité bien des carrières et dont les influences se font encore sentir dans les autres médias (cinéma surtout). Mais l’EC comics essuya les foudres du sénat américain et notamment le psychiatre nommé Frédéric Wertham.

Aussi, pour assurer la survie de sa firme, Bill Gaines dut tenter d’autres expérimentations, et ce fut alors l’aventure MAD, peu connue chez nous mais institutionnelle chez les américains (Homer Simpson y fait souvent des allusions appuyées). Wally Wood demeure de l’aventure et son trait se prête encore une fois à la folie humoristique des histoires de MAD.  

Une fois l’aventure MAD terminée pour lui et, dans les années 60’, Wally Wood travaille de manière opportune pour les comics, notamment pour le renouveau de Marvel avec des participations parcimonieuses pour les premiers Dardevil à l’encrage ou encore les premiers épisodes de Docteur Fatalis (paru dans les Stange 16 et 17, me semble-t-il). Il fait de même chez Dc dans des séries qui semblent représenter pour lui un travail alimentaire mais il jouit d’un prestige immense par mi les éditeurs et certains de ses pairs qui reconnaissent son immense talent. C’est d’ailleurs lui qui fera les cartes tops (trading cards donc) de Mars attacks !  
 

Justement, Wally Wood va tenter en 1966 une aventure d’auto-publication puisqu’il va rassembler de grands artistes pour l’aventure Witzend. Il s’agit d’un fanzine de luxe où les artistes ont enfin carte blanche. Malgré l’immense qualité de Witzend, où Steve Dikto a fait son fameux Mister A, cette aventure ne fut pas un succès et Wood passa à autre chose, bien que blessé dans son orgueil d’artiste. Il créa et anima Canon Inc. qui mixe et amplifie les éléments propres à James Bond : action et belles pépées.  

  Wally Wood participe à la grande aventure que fut les Thunder agents. Il s’agit d’un essai de la firme tower pour percer dans le domaine fort lucratif des super-héros. La firme fit appel à Wally Wood et un studio, qui donnèrent un groupe qui, si il avait perduré chez Marvel ou Dc, serait connu et acclamé pour sa qualité. Ses membres sont fort bien conçus, dont le fameux Noman, et il s’agit à mon sens d’une équipe qui a incontestablement le potentiel des Vengeurs ou de la Jla. 

Mais sa carrière va devenir erratique et il convient à se moment là de relater le caractère de Wally Wood. On dit cet artiste bouillonnant, plein d’idées et véritablement enthousiaste. Mais les revers de sa carrières dont Witzend ont quelque peu atteint   Wally Wood. Il a eu des problèmes avec la boisson, de multiples problèmes de santé (rénaux, oculaire) et sa carrière reflète son manque de foi et ses espoirs déçus qui l’ont minés. Aussi Wally Wood se donne la mort en 1981… Son legs est immense et la reconnaissance des fans et des professionnels l’est également.  

Wally Wood demeure un grand artiste, un talent majeur même qui savait tout faire puisque son trait pouvait aller de la caricature jusqu’ à un réalisme gracieux voire splendide. Wally Wood fut de beaucoup d’aventures éditoriales qui sont quand même la grande période de Science-Fiction (à mon sens, son âge d’or), les débuts de la grande aventure de MAD, une participation aux débuts de la Marvel, puis la création de ces héros si intéressants –les Thunder agents- et enfin la l’auto publication qui fut remarquée qui demeure dans le légende. 

Notes :

1 Pour ce qui concerne les Thunder agents qui sont ici à peine évoqués, Francis Saint Martin s’y est intéressé avec talent et minutie dans un des ouvrages publiés aux éditions de l’hydre. Pour le commander, adresser votre règlement à Mr Francis Saint Martin, 1 avenue du Dr Dhers, 64300 Orthez. Il vous en coûtera 10 euros + 2.5 pour le port. Un must !  

2 Pour l’épopée EC comics, que je maîtrise mal, reportez-vous à l’excellent dossier paru dans Scarce 34.

 

 

 

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Published by Bastien AYALA
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