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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 08:00

1ère partie


S’il y a bien un article qui ne me fait pas plaisir d’écrire, c’est bien celui-là.

John Byrne était immensément populaire pour les amateurs de comics/Lug en France

Grâce aux très bons moments qu’il a distillés.

Mais de nos jours, John Byrne n’est plus synonyme que d’un infime intérêt, un vague espoir de relire des prouesses dignes de son passé qui s’éloignent de plus en plus alors que sortent péniblement ses nouveaux projets.

Retour et constat sur un auteur qui nous a fait rêver mais qui ne suscite plus que mansuétude.


John Byrne anglais est né en 1950, il est influencé dés 1962 par la lecture des FF de Lee et Kyrby, ainsi que par le style de Neal Adams, et dessine très tôt , vers 1970 pour le journal de l'université d'art et design D'alberta, à Calgary, Canada, où il s'est installé des années auparavant avec ses parents où l'on trouve un personnage qui deviendra la déesse Amérindienne Snowbird/Harfang,  dans la série parodique "Gay Guy" ainsi que "The Death’s Head Knight" . En 1973, après avoir quitté sans le diplôme l'université, il est edité pour une histoire de deux pages en noir et blancs chez Skywald Publications mais il commença réellement dans la firme Charlton avec Joe Gill sur le titre Doomsday+1 et d'autres plus ou moins intéressantes..

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Par la suite, on le retrouve sur une des séries de Marvel qu’il contribue à rendre intéressantes mais qui sont trés peu considérées pour la plupart, Champions, Marvel Two-in-One et surtout Iron Fist publiée en France dans Titans. Chose amusante, vous pouvez voir sa progression fulgurante dans ces mêmes numéros puisque les progrès réalisés sont tout simplement fantastiques. Byrne met au point son style définitif et il est diablement efficace. Son trait est clair, puissant et ses interprétations des personnages allient grâce, force et surtout réalisme.


C’est un truc que j’apprécie beaucoup chez John Byrne, il sait à  merveille retranscrire les gens ordinaires et donc crédibiliser le monde extérieur dans ses dessins puis plus tard ses histoires. L’épopée Iron Fist est fort bonne, c’est même la meilleure et Chris Claremont est au scénario. C’est le début de la plus grande paire créative des comics dans les années 70’ et leurs étincelles se poursuivront encore sur deux autres titres marquants.


Iron Fist est bien dépeint, ses combats sont intéressants de même que ses ennemis et sa caractérisation est tout premier ordre. Une grande période que je vous incite à découvrir.

Mais la suite de sa carrière est incontestablement son sommet qui fera sa gloire, sa reprise des X-men qui reprend suite au départ de Dave Cockrum. Les sagas qu’il produit avec Claremont sont des plus inspirées, les temps forts et les sommets créatifs se succèdent avec des histoires assez étranges qui retiennent l’attention et ouvrent des portes de votre imaginaire pour y rester gravées. Si Stan Lee et Jack Kirby furent le meilleur duo des années 60’, Byrne/Claremont leur succèdent dans les années 70’ en terme de création de nouveau standard créatif dans les comics. Un bémol toutefois, les deux compères vont fixer comme norme absolue la continuité dans le domaine des comics, s’il est utile d’une part, il génère de l’autre un véritable carcan qui impose un piège digne d’un labyrinthe pour les récits futurs qui viendront s’amonceler dessus jusqu’ à devenir une pathologie des comics. D’ailleurs, Byrne et Claremont seront victime de ce travers arabesque qu’ils ont eux-mêmes porté à son meilleur niveau.


Fait peu connu, Byrne est tellement passionné par son travail, en terme d’exploration d’autres univers, qu’il participe brièvement à la série Judge Dredd. Pour la première fois, c’est un auteur américain qui fait le pont pour aller en Angleterre et non un auteur anglais qui se rend aux USA. Ce fait semble d’ailleurs unique dans les annales.


Il s’agissait d’une courte participation de 8 pages, mais elles furent alors retentissantes. Notre artiste est donc capable de s’investir par passion. Ce trait guidera d’ailleurs sa carrière et elle sera un élément caractéristique de son intégrité, aussi bien envers les personnages qu’il aborde tant au niveau des personnes avec lesquelles il collabore.

John Byrne a pour moi une véritable qualité pour un créateur de comics, il aime son travail et il respecte ces personnages. Il est donc bouillonnant d’énergie et il a tendance à vouloir tout faire et aller partout. Notons qu’il fait quelques fort bons épisodes des Vengeurs avec David Micheline, l’arc en question ("The Yesterday Quest" en tpb) met en avant la sorcière rouge qui apparaît comme faillible et susceptible de péter un boulon. A noter que Byrne y reviendra 15 ans plus tard dans les vengeurs de la côte ouest pour enfoncer le clou. Encore 15 ans plus tard, Brian Michael Bendis y mettra un terme définitif avec l’arc Avengers Disassembled. Les intrigues dans les comics peuvent vraiment durer pendant des générations !


On peut citer aussi son travail sur Captain America (trouvable en France chez Artima et réedité il y a peu en album) avec Roger Stern au scénario qui comporte quelques bons moments, entre autre l'apparition du second Union Jack.

John Byrne semble s’amuser, s’épanouir dans son métier et avoir plein d’envie créative, des kyrielles de personnages à aller taquinner. Il s’agit là de la période d’or de l’artiste, celle que l’on lit et que l’on relira encore avec plaisir pendant des générations. Mais une lente dégradation va bientôt s’opérer…

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Published by Bastien & Stéphane Maillard
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commentaires

Stefff56 31/03/2009 11:49

Chouette ! Un article sur Byrne, mon dessinateur favori !
Je suis curieux de lire pourquoi tu classes son travail sur les FF dans la période "détérioration de son travail" !