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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 07:38

Fist of Legend est un excellent film, d’arts martiaux s’entend !

Il réalise l’exploit d’être la conjonction entre 3 éléments distincts : un remake d’un film de Bruce Lee, un des meilleurs Jet Li mais surtout un des tout meilleurs films d’art martiaux qui soit.

Retour sur un film que vous avez déjà peut-être vu mais qui mérite le détour.

Tout d’abord, Jet Li a une carrière véritablement exceptionnelle avec des hauts et des bas.

Il a été enrôlé dans un programme d’entraînement chinois pour les arts martiaux, comme d’autres enfants l’ont été dans la danse ou la gymnastique.

Doué, très doué même, il est recruté à peine sorti de son cursus pour tourner après sa majorité le Temple de Shaolin, tourné pour être un succès. Mais le Temple de Shaolin marque surtout un retour au cinéma de Kung-fu pur qui n’était plus réellement à la mode dans les années 80, du moins à Honk-Kong.

Jet Li enchaîne une suite, puis il réalise Born to defend puis il enchaîne avec ses deux meilleurs films, réalisés par un génie du cinéma : Tsui Hark.

Ces deux films, Il était une fois en Chine 1 et 2 demeurent des classiques instantannés.

Jet Li incarne un personnage de légende ayant existé : Wong Fei-Hung mort en 1924 et dont l’existence elle-même était déjà déformée par les journaux à sensation. Si bien qu’il est fort difficile de retracer son existence et ses actes.

Puis, Jet Li signe un contrat lucratif avec un gros producteur/réalisateur qui lui fait tourner tout et n’importe quoi : Wong Jim.

Il reprendra d’ailleurs le rôle de Wong Fei-Hong dans une film qui semble presque être parodique : les griffes d’acier où Jet Li exécute l’art martial de la poule…

Jet Li alignera les navets comme Meltdown, la légende du dragon rouge, le garde du corps de Pékin… Quel dommage !

Seul Fist of légende se détache avec panache de cette sombre période et il lui permettra de marcher dans les pas d’une autre idole à qui il est souvent comparé : Bruce Lee.

Bruce Lee mort en 1973, personne ne l’a jamais égalé, en tout cas pas dans ce qu’il était capable d’accomplir. Mais Fsit of légend est le remarque de la Fureur de vaincre, le second et très bon film de Bruce Lee qui s'inspire d’une histoire vraie : un maître en Kung-fu est assassiné par empoisonnement par les japonais qui avait conquis en partie la Chine.

La version de Bruce Lee était expéditive, sans guère de nuances et foudroyante comme un coup de poing.

Une séquence avait alors eu à l’époque un retentissement particulier, lorsque Chen Zhen, le personnage de Bruce Lee et disciple ultra doué du maître assassiné, déchire un panneau interdisant l’entrée d’un parc publique aux Chinois. En disant que les Chinois ne sont pas les brebis galeuses de l’Orient, Bruce Lee devint dès lors un héros


national.


La version 1994 est bien plus modérée politiquement, tous les japonais ne sont pas des nationalistes conquérants, et le personnage de Chen Zhen sera lui-même plus doué pour la retenue.

Mais les combats sont de tout premier ordre !

L’entraînement, la chorégraphie des combats, de même que l’affrontement entre Chen Zhen et le Général japonais sont de tout premier ordre.

Pour ce fameux combat final, extrêmement long, toutes les techniques du Kung-fu, du moins leurs subtilités, sont employées : membres inférieurs, poings, coudes, genoux, claque,  prise, saisie, coups de tête et même un coup d’épaule !

Une maestria de la chorégraphie, mais surtout un très large éventail de techniques, cette séquence permet aussi au spectateur de ressentir une proximité pour les combattants, surtout pour le héros.

La séquence de la goutte de sang qui est exploitée par Chen Zhen pour trouver le moment offensif est également réjouissante.

C’est en définitif cela Fist of Legend : un film presque issu d’une bande dessinée mais dont le grand écran retranscrit avec les codes et les techniques qui sont les siens pour en faire une œuvre cinématographique.

Fist of legend ne fut pas un grand succès à Honk-Hong, événement étrange en regard de la qualité du film, mais il permit aux Chinois d’exercer dans un art qui leur appartient : l’appropriation de personnes réelles pour en faire des personnages de légende, quitte à sévèrement déformer les faits.

D’ailleurs, la boucle sera bouclée avec ironie puisque Jet Li lui-même va incarner ce maître au destin tragique, Huo Yuanjia en 2006 dans l’assez bon le Maître d’armes.

Ce film remonte donc à la source de ce fait pour en donner une version, une fois de plus, romancée.

Détail amusant, il me semble avoir deviné dans la foule un personnage qui pourrait être celui de Chen Zhen. La boucle est donc une seconde fois bouclée et l’ombre de Bruce Lee plane définitivement sur ces œuvres...

Bonus : L'extrait du combat en question !

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Published by Bastien AYALA
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