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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:23

Jerry Ordway a obtenu quelque chose de la part du staff de DC qui avait été refusé jusque là : les pleins pouvoirs créatifs sur l’utilisation de tous les personnages ayant trait avec l’univers venant du catalogue Fawcett de l’éditeur historique de Captain Marvel. A charge pour notre artiste, seul maître à bord du titre, d’orchestrer avec inspiration et cohérence notre personnage principale, accompagné bien sûr de ses déclinaisons que sont sa sœur Mary Marvel ainsi que Captain Marvel Jr. Si ses personnages font donc leur première apparition « officielle » dans la « continuité » post-Crisis, nous les avons cependant déjà vus ici ou là dans les grands crossovers de la firme. Tant pis, une fois de plus, si le serpent de la continuité se mord la queue chez cet éditeur. Les personnages secondaires, tout comme les ennemis, sont aussi appelés à être redéfinis, revamper et rebooter, ce qui constitue définitivement une entreprise de taille !


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Le premier numéro de janvier 1995 débute avec une superbe couverture et cette immanquable phrase de lancement : « Say the world, feel the power ! ». Sous cet ornement de prestige, l’histoire voit donc Billy intégrer l’univers de Fawcett, sa ville comme reporter de la radio. A ce titre, il enquête dans une étrange affaire qui le mène à une party où le danger va se manifester très tôt. Bien que ce résumé soit succinct, il vous permet de juger que ce premier numéro de Power of Shazam est loin d’être trépident, surtout après l’acmé que représentait le graphic novel sortit l’année dernière. Les personnages, Billy Baston comme son alter ego sont de faible consistance et il ne se passe grand-chose, des aventures presque ordinaires pour celui qui doit jouer dans la cour des très grands.

 

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Toutefois, l’intrigue se poursuit et permet au héros de faire revenir sa sœur, Mary, dont l’incarnation dans la famille Marvel est l'enveloppe physique de sa mère (et oui !). Nous avons également le droit aux retours d’ennemis comme ce Captain Nazi (n’aurait-il pas été préférable de laisser ce personnage là où il était tant le nazisme est hélas quelque chose de trop sérieux ?), qui handicape gravement le personnage de Freddy Freeman. Afin de tenter de réparer partiellement cela, Captain Marvel fera don d’une partie de ses pouvoirs à Freddy pour qu’il puisse se transformer en Captain Marvel Jr…

 

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La famille Marvel est donc au complet et elle peut se mesurer à sa cohorte d’ennemis qui commence à reprendre forme jusqu’à inclure un sorcier Satanus, ennemi de Superman qui priva ce dernier, grâce à l’inspiration de Marv Wolfman au début des années 80, d’une partie de ses pouvoirs. Cet ennemi est désormais lié à l’histoire des Marvel puisque sa sœur Blaze eut une liaison avec le sorcier Shazam ! Une bonne idée, tout comme celle d’intégrer à nouveau les personnages de l’âge d’or Bulletman & Bulletgirl, ceux de la Fawcett, tout comme des apparitions de Minute man ou encore Spysmasher, personnage oublié dont on dit que le serial fut particulièrement nerveux !

 

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L’interaction du titre avec à la fois les personnages phares de la firme est donc scellée dans le titre. Nous voyons donc Batman, Superman pour une énième figure imposée de confrontation, la JLA qui avait repris du poil de la bête grâce à Grant Morrison et Howard Porter. Mentionnons également les habituels crossovers de la firme qui englobait alors tous les titres de la frime comme Final Night ou encore DC one million. Notre Captain était partout et, enfin, fort bien intégré ! Bref, la direction du titre présentait des idées mais…est-ce que celles-ci étaient en définitif convaincantes ?

 

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Il convient d’être honnête, même pour un fan, la lecture du titre Power of Shazam ! n’est ni trépidante, ni palpitante ! Les numéros se succèdent dans un ton bien gentillet qui ne fait pas du titre l’un des plus indispensables du moment. Il manque une réelle énergie, un sens du rythme et des coups de théâtre nécessaires pour donner une vision, une ampleur à ce titre. Et bien que brillant cover artist, Jerry Ordway échoue à retranscrire une vision suffisamment haletante, comme le ferait volontiers un Geoff Johns par exemple.

 

 

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Si les numéros de Power of Shazam ! se succèdent, il convient de statuer que les histoires sont molles, bien que des bonnes idées émaillent ici ou là le titre (Sivana et ses vers, le retour de Mr Mind, un ton délicieusement rétro) mais cela n’est pas assez et entraîne un tassement des ventes du titre. En plus, si les couvertures furent parmi les meilleures de ces années-là, l’intérieur dû à Peter Krause et à l’encreur Mike Manley est là encore assez peu enthousiasment, surtout par rapport aux cadors de la professions qu’étaient à l’époque George Perez, Jim Lee ou encore John Byrne bien que ce dernier était déjà moins convaincant que dans les années 80. Bref, le titre Power of Shazam ! ronronne, et on sent la volonté de DC de sauver le titre d’une lente mais inéluctable annulation.

 

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  (l'amusant retour de Hoppy, le super animal qui, comme Super-souris  ou encore Atomic mouse eut son propre titre en 1945 !)

 


Ce fut donc le retour de Jerry Ordway comme artiste à tous les postes créatifs du titre, au numéro 42 de la série. Si cela a sur le moment de quoi faire saliver le lecteur attentif du titre, il faut quand même garder en mémoire que l’artiste a mis plusieurs mois pour réaliser les intérieurs du graphic novel éponyme de la série…Il ne pourra donc que faire au mieux, c’est-à-dire du standard puisque la cadence mensuelle n’est pas assez pour un artiste à sa mesure.

 

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De toute façon, cela est trop tard puisque l’attrait initial des lecteurs sur la série a fondu comme neige au soleil et le titre s’éteint au début de l’année 1999, au numéro 47, dans une polie indifférence…

 

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Si l’apport de Jerry Ordway sur ce grand personnage reste indéniable, il n’aura cependant pas su faire briller l’aura de Captain Marvel au-delà du superbe graphic novel, ce qui constitue quand même une grande occasion ratée. Ordway est un des meilleurs artistes des comics, certes, quoique reconnu par la majorité du public des comics, mais il n’a pas su égaler la performance de dessinateurs, citons Frank Miller, John Byrne ou encore George Perez, qui se sont également révélés talentueux et performant aux scénarii de leurs séries. Mais d’autres scénaristes ont remarqué cette nouvelle impulsion dédiée au personnage et, étrangement, Captain Marvel bénéficiera d’un traitement spécial hors des pages de sa série principale. Ses moments de gloire vont raisonner tels des éclairs dans le ciel !

 

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Published by Bastien Ayala
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