Mercredi 18 novembre 2009

Andy Capp ne vous est peut-être pas connu.
 Peut-être avez-vous aperçu la silhouette de ce personnage mais vous n’avez lu aucune de ses aventures. Pourtant, il s’agit à mon sens d’un des meilleurs personnage de ce genre, le Comics strip,  en tout cas mon préféré.
 Il demeure donc grand temps de revenir sur ce grand personnage dont les aventures sont pourtant si quotidiennes !


Andy Capp demeure une création britannique de Reg Smithe, qui brocarde avec méchanceté les travers de ces concitoyens anglais. Andy Capp demeure une caricature de ce qui se fait de pire dans la classe populaire britannique. Il est faignant, violent, d’une éternelle mauvaise foi et il est un très mauvais mari pour son épouse Flo, qui se demande jour après jour pourquoi elle reste avec lui.


Andy Capp pousse l’ironie de la situation jusqu’au paroxysme. Ainsi il demeure brutal avec ses voisins, ses amis (piliers de bar) mais aussi avec sa femme Flo. Ertes, la violence conjugal ne demeure pas un problème anodin, loin de là, mais la situation demeure abordée avec distance et toujours au détriment d’ Andy Capp.


Les ressorts du strips sont parfaitement maîtrisés par Reg Smithe. Vous avez une situation simple qui demeure développée et conclue en 4 case, parfois 3 avec une chute convaincante et amusante. Les personnages sont formidablement bien caractérisés dans leurs travers quotidien, leurs petits vices, leurs contradictions. Le strips demeure quand même un art de narration clos, il n’y a pas la place pour de longues sagas et le terme de ces mini-histoires ont parfois, quand elles sont réussies, des petites perles de réflexion à usage personnel. L’ironie faite art, donc.


 
Andy Capp se perçoit donc le prolo britannique, dans une triste banlieue close et terriblement anonyme. Andy demeure le mauvais exemple de la working class, il n’est plus âpre au travail, il ne fait plus d’effort, va au bar (très souvent), il va au sport (source de défouloir), et il élude au maximum ses obligations maritales (qui échoient en revanche à Flo). Malgré ce condensé de défauts, Andy Capp suscite la sympathie chez le lecteur.


Son look demeure assez formidable puisqu’on ne voit jamais son visage, qu’il porte éternellement le même costume et que l’intelligence la moins conventionnelle perle sous ses abords frustes et ses manières abrasives. Reg Smithe parvient toujours à se renouveler pour les petites péripéties de Andy & Flo et son dessin demeure très convaincant. Les personnages sont croqués à merveilles, surtout les personnages secondaires et Andy Capp peut prétendre sans problème à s’installer sur le podium des meilleures strips avec Galfried et les Peanuts.

 

Reg Smithe est mort en 1998. Mais son œuvre demeure encore connue et populaire pour les initiés, dont vous faîtes maintenant parti et aux USA des copies circuleraient encore sous le manteau. Pour lui rendre hommage, une superbe statue de bronze lui a été décernée en 2007, plus précisément de son personnage phare. L’influence d’Andy Capp demeure évidente, il a en quelque sorte engendré une descendance de anti-héros perclus de défauts, citons bien sûr Homer Simpson.


La traduction française de Andy Capp fut sporadique. Mais divers éditeurs ont toutefois tenté l’aventure comme le premier en le mensuel Charlie, puis Dargaud, aux éditions du Square, ou encore Sagédition. Ce ne fut peut-être pas un grand succès mais encore une fois, Andy Capp demeure un grand plaisir de lecture pour gens initiés et, au pire, il ne vous en coûtera qu’un bon moment de lecture !


 

Note : Je vous renvoie à cet intéressant site qu'est Bd oubliés et qui célèbre TOUTE la bd ! Bravo à ses animateurs pour son hagiographie des bd et l'étendue de la culture qu'il propose, fort intéressant.
Par Bastien AYALA
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Lundi 16 novembre 2009

Les histoires de Superman avant Crisis sont rarement intéressantes. Il y a le sempiternel suo Cary Bates et  aux commandes du titres et rien de bien de folichon ne se passe vraiment. Sur un total de près de 45 Superman poches & géants que j’ai achetés, il n’y a guère qu’une seule histoire qui soit réellement excitante. C’est infime ! Il convient donc de vous présenter une histoire réellement de premier plan, qui puisse se célébrer telle quelle !

La forteresse de la peur traite bien sûr de la fameuse forteresse de la solitude de Superman qui demeure en Artique. Il s’agit de sa base, qui contient des choses extraordinaires que ce soit un musée de monstres alien, des armes qui défient l’imagination, ou encore les mannequins de ses amis ou ennemis. Bref, on a là un bon décor qui ne sert presque jamais puisque les aventures de Superman ne servent qu’à rabâcher le même et sempiternel schéma : Superman face à une incongruité ou Superman face à un ennemi qu’il battra sans effort. Le cliché de Superman trop invincible vient de ces histoires qui demeurent statiques, atones. Alors qu’en face Marvel triomphe, DC réagit peu.


Toutefois, c’est Gerry Conway et Ross Andru qui s’y collent. Les deux artistes sont étonnamment bon chacun dans leur partie et ce spécial Dc 26, la prestigieuse et réellement événementiel collection de chez DC (le 27 sera quand même Hulk contre Batman) nous propose une bonne histoire. Superman stoppe un météore avec quelque difficulté. Sous l’effet du choc, une anomalie temporelle lui fait voir la terre dans une heure. Or, celle-ci va mal puisqu’elle explose. Il a juste une vague certitude, il en sera indirectement la cause. Le Superman invincible hésitera donc entre sauver ses proches ou risquer de les perdre face à un échec : comment peut-il causer la perte de la planète qu’il défend si chèrement ?


Gerry Conway a de l’imagination et fait preuve d’audace, il s’agit de qualités rares lorsque cela concerne Superman. Ross Andru demeure toujours aussi bon, lorsqu’il s’agit de concevoir des armes époustouflantes, des scènes de destruction dantesques (la terre explose) ou des monstres débridés. L’adversaire de Superman se nomme Dominus, il s’agit à priori d’un nouveau venu qui est prêt à faire exploser la Terre-1 pour aller se réfugier sur une autre terre. Ses plans ont une précision mécanique, ils dépendent d’un centième de seconde, et il s’agit d’un grand génie. Une réactualisation adroite  de ce profile de génie demeure l’excellent Red Son, où Superman s’efface devant le triomphe de Lex Luthor. La forteresse de la peur pourrait vaguement être considérer comme un vague prototype.


Le pari de Gerry Conway consiste à proposer une histoire intéressante qui tire parti de tout l’univers fabuleux, mais mal exploité de Superman. Sa forteresse contient des monstres, des armes, des pièces fantastiques réellement impressionnantes et Gerry parvient à orchestrer le tout pour fourbir une histoire réellement intéressante : Superman doit anticiper le cataclysme de la terre qui aura lieu dans une heure pile. Mais comment ? Pourquoi ? Superman doit découvrir le mode opératoire de Dominus. Pour une fois, il envisage réellement l’échec et il prévoit même une arche pour les ultimes rescapés de sa Terre.


Il est rare que le Superman pré-Crisis soit réellement intéressant hormis les récits à événements (contre Spider-Man, Classius Clay). Gerry Conway parvient à tirer parti de la mythologie Superman pour proposer quelque chose de frais, d’intéressant malgré un univers et des ressorts usés jusqu’à la corde. La partie graphique de Ross Andru demeure également appréciable. Sans avoir un style spectaculaire, R.Andru sert fort bien le preux chevalier de Krypton part un trait efficace et puissant. La forteresse de la peur peut s’apprécier comme un catalogue ou un résumé de l’univers de Superman, qui se compte quand même en décennies et Gerry Conway parvient encore à apporter quelque chose de nouveau et d’intéressant sur le personnage, icône pour le grand public d’alors mais modèle de statisme pour le lectorat de comics. Bizarrement, je n’ai guère lu de célébration ou de critique de cette aventure, qui attirerait votre attention sur cette intéressante histoire, considérons que maintenant c’est fait !

Alors, quel fut l'héritage de cette histoire ?

 

Tout d'abord, la forteresse de la peur puise dans le capital des vieilles histoires de Superman.

Ensuite, Alan Moore saura s'en souvenir dans son histoire avec Dave Gibbons paru en France dans Comics U.S.A.

Plus tard, on retrouve tout cet imaginaire féérique dans ses histoires de Suprême.
C'est, à mon sens, une sacralisation de fait.

Par Bastien AYALA
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Mercredi 11 novembre 2009

La Hammer film a révolutionné, ni plus ni moins, le cinéma fantastique à la fin des années 50.  Mais elle a fort mal su se renouveler et ses films de Dracula, Frankenstein et consorts ont pris un sacré coup de vieux durant les années 70. Des films comme la nuit des morts-vivants ou encore la dernière maison sur la gauche annoncent les standards de la production d’horreur à venir tandis que la Hammer tente encore et toujours de capitaliser sur un énième Dracula avec Christopher Lee. Bref, la firme ne parvient pas à capter l’air du temps mais elle tente cependant de se refaire, avec ce film étonnant qu’est Une fille pour le diable.


Une fille pour le diable traite de sorcellerie, un genre assez rare auparavant quoiqu’il devient presque une mode dans les années 70 avec des œuvres telles que l’exorciste ou la malédiction. L’histoire part d’un fait anodin pour arriver jusqu’à aboutir à la plus noire des vérités.

 

John est un écrivain de livres de spiritisme qui fête la publication de son nouveau livre. Lors de ce vernissage, il est abordé par un homme aux traits tendus qui lui supplie de s’occuper de sa fille et de la cacher. John accepte de prendre en charge une jeune fille, Natassia Kinski, qui arrive tout droit de l’ordre religieux dans lequel elle a été élevée. John parvient à la soustraire aux membres de l’ordre et à la ramener chez lui, en la confiant à la garde à ses amis. Avant qu’il aille enquêter, il reçoit un coup de fil de pire personnage de la secte, le « père Michael Rayner » qui lui intime de rendre Catherine, la jeune fille. John refuse et le père lui fait une première démonstration de ses pouvoirs, qui confinent à l’illusionnisme, et son combiné semble se changer en serpent.

 

John demeure ainsi pris dans une toile, malgré lui, qui lui fait suspecter que cette jeune fille revêt une importance très grande pour cette secte démoniaque dont les desseins sont carrément apocalyptiques. Même l’église se déclare impuissante à contrecarrer cette secte dont le père Rayner aurait des pouvoirs très puissants.

C’est donc à cette secte, hautement déterminée, que vont devoir se battre John Rayner et ses amis. Mais les pouvoirs de la secte sont énormes et elle œuvre de toutes ses forces pour reprendre Catherine, qui n’est pas aussi innocente et candide qu’elle n’y paraît.

 

L’intérêt d’Une fille pour le diable demeure la subtilité avec laquelle est traité le sujet de la sorcellerie. Les effets sont subtils, judicieux car l’irruption des pouvoirs du père Rayner demeure toujours équivoque. Il n’y a pas d’effets grossiers ou folkloriques mais bien une approche réaliste de la sorcellerie / démonologie : ces pouvoirs maléfiques pourraient être un degré supérieur de l’illusionnisme avec des particularités inédites telles que la combustion spontanée.

L’intrusion de la magie noire n’en est que plus intéressante, inquiétante, et le périple de John n’en fait que plus froid dans le dos. Là est la grande réussite de Une fille pour le diable.

 

Mais une fille pour le diable est l’adaptation de l’immense écrivain britannique Denis Wheatley. Uniquement connu des amateurs de romans fantastiques, Denis Wheatley est en quelque sorte, caricaturons, un des prédécesseurs de Stephen King et il eut un immense succès en Grande Bretagne dans les années 50 et 60, où il vendit jusqu’à un million de livres par an. Ses connaissances en démonologie furent réelles et il était même une sommité en la matière. Un immense auteur qui bénéficie encore d’un culte et d’un cénacle de fans aujourd’hui encore.

Les vierges de satan furent déjà adaptées à l’écran par la Hammer, je suis plus que réservé sur ce film et Christopher Lee, pour une fois, était le héros.

Justement, le père Rayner demeure joué par l’immense Christopher Lee. C.Lee parle couramment plusieurs langues, demeure immensément cultivé mais surtout, il est un grand adepte de la magie blanche. Son personnage a tourné le dos à l’église et il se sert de ses connaissances pour un dessein qui ne consiste pas forcément à servir le malin. Nastassja Kinski demeure la révélation de ce film. Son personnage, qui incarne dans un premier temps l’innocence la plus pure, fait quelque peu froid dans le dos quand elle avoue avec le plus grand naturel servir le diable ! Son père naturel demeure une victime de cette secte et son seul sursaut de courage aura été de confier sa fille au héros.

Une fille pour le diable s’est pris une veste critique assez sévère lors de sa sortie et cette réputation l’a suivit assez longtemps. Les fans de l’époque préférèrent The devil rides out de Terence Fisher. Si la trame des deux films demeurent quelque peu semblables, The devil rides out verse dans toutes les facilités ou autres ficelles du genre.  Une fille pour le diable demeure bien plus malicieux et subtil dans sa représentation des serviteurs du malin, presque plausible d’ailleurs. Le combat final entre John et le père demeure à la fois efficace, prenant et ingénieux.

Il est à noter, le détail est amusant, que Christopher Lee lui-même était un adepte de la magie et qu'il connaissait fort bien Denis Weathley  ! Ce dernier lui céda gratuitement les droits de l'adaptation de son livre mais il fut déçut par le résultat, ce qui mis Lee mal à l'aise. Denis Weathley est d'ailleurs mort peu de temps après, en 1977. Il demeure toujours la figure incontournable de la magie noire et blanche en Angleterre, bien qu'il se défiait toujours de la magie noire et Une fille pour le diable pourrait constituer une version totalement romancée de sa vie.

Une fille pour le diable ne verse jamais dans la facilité mais il n’a jamais bénéficié de reconnaissance critique.
Pour ma part, j’avais la K7 éditée par Thorn Emi. Or j’ai eu la bêtise de la vendre, ce dont je me suis mordu les doigts (les dix) pendant longtemps. Même si une fille pour le diable n’est pour l’instant que seulement passé sur le câble, guettez-le, vous verrez un film réellement intéressant.
 Il a été, depuis, réédité en DVD.



 

 

 

Par Bastien AYALA
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Lundi 9 novembre 2009

Dans les griffes de la Hammer  revient donc sur cette belle aventure, que celle de Midi Minuit Fantastique, mais également sur l’accueil de cette vague de films en France, et le moins que l’on puisse dire était que ce…difficile.

 

Conspués, ces films n’étaient que très rarement défendus car toujours considérés comme du sous-cinéma. Ainsi, les films de cinéma de quartier de cette époque étaient certes florissants mais ils étaient systématiquement considérés comme du sous-cinéma, pour tout dire même, parfois du non-cinéma.

 

L’amateur de film devait alors découvrir ces petits films au petit bonheur la chance, en regardant des mauvais pour enfin trouver la pépite.

Et des pépites, il y en avait quand même quelques unes parmi les films de Fisher, de John Gilling ou encore de l’Italie, jamais en reste jadis pour reprendre les succès d’alors et les copier, parfois avec talent et inspiration.

 

De nos jours, nous avons l’impression que seul le cinéma américain serait en mesure de pouvoir reproduire ce phénomène de viviers de talents et de brassage de styles. Mais soyons honnête, ils appartiennent à un passé révolu et Dans les griffes de la Hammer  nous y replonge avec déléctation.

 

Outre les chiffres de fréquentation, Dans les griffes de la Hammer revient avec bonheur sur la  portée sociologique de ces films, qui demeurent quelque part des défis à la chape de plomb de l’époque d’alors. Je rappelle quand même que, outre la Hammer, il y eut les films du fameux Jésus Franco, mais aussi ceux de Roger Corman (de belles réussites, bien que diffusées après 1968 pour la plupart).

 

Ce courant de pensée dominant était alors représenté par Télérama, qui a largement conspué ces films les considérant comme médiocre, dans le meilleur des cas, et que leurs réalisateurs étaient tous sauf des cinéastes. Nous avions alors un combat quasi idéologique soutenu par une petite poignée de pionniers (Michael Caen, Jean Boullet, Jean-Claude Romer puis Alain Schlockoff…) qui nous ouvrirent véritablement la voie.

 

Dans les griffes de la Hammer revient sur leurs combats en donnant la parole à ces gens, nos aînés, qui actèrent d’abord à leurs échelles puis qui pércérent un trou dans un mur pour finir par faire tomber un pan entier.

Dans son entretien, Alain Schlokoff relate avec humour qu’il avait vu la superbe affiche du cauchemar de Dracula et qu’il pensait alors que Dracula était en réalité la jeune fille poursuivie par le monstre !

Norbert Moutier revient également sur son parcours et nous livre quelques petits secrets de l’époque, toujours savoureux.

 

Bref, Dans les griffes de la Hammer demeure une œuvre de phare sur l’impact qu’eut ce cinéma à l’époque. Une œuvre complète, sérieuse et indispensable.

Ce fut un choc pour ma part de découvrir qu’il fut écrit par une personne née en 1978/79 et qui était déjà capable de concevoir un livre aussi marquant.
L'auteur n'a pas connu les films de la Hammer en salles !
 Décidément, Nicolas Stanzick a à la fois pondu un fort bel ouvrage incontournable, à fort bien su retranscrire l’ambiance de l’époque tout en rendant un bel hommage à nos prédécesseurs.

Vivement son prochaine ouvrage !


Bonus : une interview de Nicolas Stanzick sur Critikat.
 
Second bonus : un excellent dossier de Emmanuel Denis sur le très bon site Evil Dead, qui est suivi d'une interview de Jean-Claude Romer.

 

Par Bastien Ayala
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Mercredi 4 novembre 2009

Pour Kingdome Come, Alex Ross a fournit un travail titanesque en ce qui concerne, en plus de l’histoire, des personnages qu’il a remaniés ou réinterprétés. Alex Ross a livré une quantité assez fabuleuse de sketchs et de dessins de personnages secondaires qui, pour certains, n’apparaissent que fort brièvement (par exemple lors de la séquence du bar dans Kindom Come #2). Une œuvre magique, dont la paternité entre Alex Ross et Mark Waid demeure un sujet de conflit, mais qui est l’une des rares œuvres qui permet de séduire des néophytes au monde des comics.

 

Mais revenons à notre Blue Beetle premier du nom.

Alex Ross a conçu en 2007 un projet audacieux et novateur : il a repris une large partie des personnages oubliés de l’age d’or pour les animer de nouveau dans une série nommée Superpouvoirs.

Une idée géniale, qui est appelée à être imitée, mais qui permet au public de revoir les versions d’origines de personnages aux potentiels assez intéressants comme Daredevil, the Flame, Salomon, The Green Lama, The Black Terror et The Scarab !

 

Or, The Scarab est bel et bien une nouvelle mouture du premier Blue Beetle qui ne peut clairement exploiter son nom d’origine ! Il reprend donc les designs high tech qu’avait conçu Alex Ross pour le Blue Beetle de Kingdom Come !

Comme Dardevil qui est obligé de se renommer celui qui ose défier la mort, le premier Blue Beetle est totalement revisité !

Une belle incongruité de plus pour ce personnage de légende qui revient de manière officieuse ! Superpowers est une mini-série en 8 épisodes qui offre un superbe écrin à ces personnages que la mémoire moderne a quelque peu oubliés. Qu’importe, sous le travail de Alex Ross, Jim Kruger et Stephen Sadiowski, des super héros basiques reviennent avec un éclat neuf et une fort belle allure.

 



Ainsi, Blue Beetle est  personnage qui a connu une destinée singulière et pittoresque dans le monde des comics. Il est né lors du golden age où il a été adapté en daily strips et en show radio puis il s’éteint. Sa seconde ère le voit revenir sous un second concept qui le dénature totalement. Puis après un hiatus, il revient sous le crayon d’un des plus grands faiseurs (Dikto) pour enfin être racheté une seconde fois puis finalement mourir pour une ultime réincarnation.

Le Blue Beetle est donc un personnage à la destinée unique car nul autre ne peut prétendre à une carrière aussi rocambolesque. Il a connu des arrêts, des avatars fort différents, des morts violentes et même des resucées hautement spectaculaires !

Alors entre nous : est-ce que vous verrez dorénavant ce personnage réputé secondaire de la même manière ?

 

 


*L’excellentissime Francis Saint Martin nous a gratifié d’un passionnant dossier sur Dick Giordano dans Scarce no 50 qui relate, entre autres choses, l’épopée éditoriale des « actions héroes » chez Charlton. Un must !

 

 

 

 

 

 

Par Bastien Ayala
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Lundi 2 novembre 2009

L’abandon de Giffen porte un coup fatal à la série et au concept de super héros comiques mais attachants. Ses successeurs seront moins capables, si ce n’est moins inspirés. Un aspect du personnage qui était fort intéressant demeure à retenir : Ted Kord a un problème cardiaque qui le condamne à terme.

 

Bob Layton et Dick Giordano, tous les deux très attachés à ces personnages, parvinrent à faire publier en 1999 une mini-série de 6 épisodes sur une équipe composée de ces « actions heroes ».

Ce sera  Living Assault Weapons aka L.A.W qui, c’est un grand regret, ne sera pas mémorable pour ses qualités en terme d’histoire ni de dessin trop « old-school ».

Le scénario voit la JLA se faire exiler dans les limbes par un ennemi mystique nommé Avatar. Le même menace l’ordre mondiale et nul ne paraît être en mesure de le stopper. Chance pour le DC Universe, les six héros de la Chalrton (Captain Atom, Blue Beetle, Judo Master, Nightshade, The Peace Keeper et Sarge Steel) répondent présent pour aller contrer cet implacable ennemi.


La bonne idée aura été les 6 couvertures que forment ces personnages dessinée par Bob Layton ainsi que le revamping de Nightshade qui demeure bien plus intéressante que sa précédente incarnation. Hélas, quelques fausses notes sont à relever : la dynamique qui unit les 6 héros est banale, le vilain est quelconque même si son origine est liée à un des six membres. Outre le scénario, la partie graphique est assurée par Dick Giodano, tout semble dater des années 70 et demeure de fait suranné lors de sa  parution. Dommage car le concept était alléchant…

 

Le trio de haute tenue Giffen/De Matteis / Maguire reprendra le ton et la plupart des personnages de leur Justice League pour deux mini-séries : Formerly knows as the Justice League et JLA Classified # 4 à 9. La magie reprend et les personnages passent leur temps à se chamailler, à se déchirer mais surtout à s’aimer de manière fraternelle. A leur tête se trouve encore et toujours le milliardaire/bonimenteur Maxwel Lord. Ces deux mini séries sont hilarantes, de grands moments du comics que nous n’avons malheureusement pas eus en France. Elle réunit les principaux membres de l’ère Giffen (1986-1992) pour une joyeuse réunion sous l’égide de Max Lord. Gros inconvénient : cette mouture de la JLA est toujours aussi incompétente ! Elle suscite davantage les problèmes qu’elle ne les résout : le groupe de super-héros dysfonctionnels par essence ! Ces deux mini-séries plaisaient autant au publique qu’aux critiques. Keith Giffen, Jean-Marc De Matteis et Kevin Mac Guire (surnommés la cohorte de la Justice League) étaient tout à fait disposés à reconduire le groupe au-delà de ces deux mini séries mais les événements qui va suivre va les en empêcher.

 

DC a toujours un peu flotté par rapport à Marvel en terme d’agressivité commerciale. Dan Dido va venir puis il décrète un grand chambardement pour un nouveau Crisis qui fait suite à un Identity Crisis fort réussi. Dans ce genre de saga, il faut un élément marquant (soyons bref, tuer quelqu’un) et Dan Dido indique que Nightwing et Blue Beetle sont à surveiller. En clair, il veut les tuer !

 

Blue Beetle III y trouve son sort funeste lors du prologue Countdown to Infinity Crisis par les mains de Maxwel Lord. C’est à la fois regrettable pour l’intérêt que l’on porte à ce personnage mais aussi à la destruction de fait de l’ère de la Justice League de Keith Giffen que le trio venait de reprendre avec bonheur…En tout cas, si Dan Dido s’intéresse encore de cette manière aux personnages de DC, on va assister à une hécatombe ! Rappelons que ce héros se savait condamné suite à de graves problèmes cardiaques…

 

La saga Infinity Crisis qui, ressent une direction éditoriale très forte, introduit le nouveau Blue Beetle, le IV du nom. Jamie Ryes trouve le scarabée  lors de la destruction du rocher de l’éternité et la mort du sorcier Shazam. Le scarabée bleu est une fusion des deux approches des Blue Beetle en mixant la technologie et un héros diablement humain. Il jouera un rôle décisif dans la découverte de Big Brother, une des menaces de ce Crisis et ce sera tout.

 

Il s’en suit une série continue avec Keith Giffen, Cully Hammer et John Rogers. Il s’agit d’un ton proche de Spider-Man dans l’approche mais Invincible est déjà passé par là, et il a fait mieux. Le titre descend dans les profondeurs des ventes, il est peu intéressant et il s’agit d’une tentative loupée. La série s’arrête au numéro 36. Dommage d’avoir tué un grand personnage pour générer un nouveau qui n’aura pas l’aura de son prédécesseur : il s’agit clairement d’un échec créatif !

 

Enfin, le Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore rend hommage aux deux premières incarnation de Blue Beetle à travers les deux personnages des  Hiboux qui entretiennent des liens de maître à élève. Il est à noter que la première intention de Moore fut de reprendre ces personnages de Charlton mais Dick Gordiano aurait un peu frémi. Mais il est avéré que DC avait des plans pour les « actions heroes » de Charlton (titre en solo pour Captain Atom, Blue Beetle puis la Question, Sarge Steele inclus dans Suicide Squad ). Mille fois hélas, le Blue Beetle et ses confrères sont donc passé à côté, très près en fait, de rentrer définitivement dans le panthéon des légendes des comics puisque Watchmen est l’œuvre la plus aboutie des comics !

Dommage pour ces héros qui auraient de fait pu être adaptés au cinéma…

 

Par Bastien Ayala
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Mercredi 28 octobre 2009

2ème partie.

 

Midi Minuit Fantastique demeure à mon sens la meilleure revue du genre, bien que le genre de cinéma fantastique recèle de grands titres, autant dans les revues professionnelles que dans les fanzines.

 

 Midi Minuit Fantastique fut à la fois une revue, mais aussi une salle de cinéma à Paris, située en sous-sol dans la rue du grand Rex qui diffusait jadis des films érotiques et de l’érotisme. Ne serait-ce qu’y aller, selon des témoignages du livre, permettait déjà de ressentir quelques exquis frissons d’interdits comme si l’on pénétrait dans un autre univers.

 

Ce fut ce nom qui fut donc choisi par des précurseurs, auxquels nous devons beaucoup, dont Michael Caen et le fameux Jean Boulet (entre autres, bien entendu).

Sous l’égide des éditions du terrain vague, un éditeur franc tireur, cette bande de jeunes étudiants se livrèrent donc à des études ou des analyses de grandes qualités sur des films jusqu’alors ignorés, conspués voire honnis.

 

Ils eurent même le talent de convaincre la Hammer du sérieux de leur entreprise, si fait que celle-ci leur envoya quantité d’informations et de visuels !

Mais une petite parenthèse s’impose, pour revenir sur le grand Jean Boullet.

 

Jean Boullet fut quelqu’un en avance sur son temps, c’est plus qu’évident.

Fils de commerçant, grand amateur des arts et lui-même graphiste, Jean Boullet tint un temps une boutique dédiée à tout ce qui est cinéma, art et contre culture naissante. Personnage complexe,  Jean Boullet s’habillait en cuir, bien avant tout le monde, et il avait eu recours à la chirurgie esthétique. Jean Boullet était bel et bien un avant-gardiste, un précurseur.

 

Un des grands talents de Jean Boullet était d’ailleurs de parler de films avec une force de conviction et une prose incroyable sans ne les avoir jamais vu ! Un cas unique !

Un livre raconte d’ailleurs le parcours de cet homme  incroyable, qui connut hélas un triste destin…

 

Midi Minuit Fantastique fut donc une belle aventure qui, avant l’Ecran fantastique ou Mad Movies, dura 24 numéros. 24 numéros où des interviews de grands noms du cinéma furent publiées, ce qui constituent donc un legs inégalé. Nous pouvions donc lire les entretiens de Terence Fisher, Barbara Steele (l’égérie de cette génération) ou encore Inoshiro Honda.

Pour avoir eu la chance de les avoir lus, je peux certifier que la qualité de ces Midi Minuit Fantastique demeure très élevées et ils se lisent encore de nos jours avec un intérêt renouvelé.

Même si cette aventure prit fin, elle ouvrit à la fois la voie à beaucoup d’autres revues, auteurs ou encore fanzines (de très haute qualité en France).

 

Midi Minuit Fantastique représentait alors un oasis sous la chape de plomb gauliste, où la conformité des mœurs et des goûts était étouffante.

La première génération de cinéphiles fantastiques était née et Midi Minuit Fantastique constitue toujours son triomphe.

Par Bastien Ayala
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Lundi 26 octobre 2009

Certes, l’ouvrage dans les griffes de la Hammer est déjà sorti il y a quelques temps mais il n’est jamais trop tard pour analyser un livre, à fortiori si il est bon.

Dans les griffes de la Hammer a paru au premier semestre de cette année. Des livres sur la Hammer, ou sur un réalisateur ou alors un genre, il y en a de temps en temps, mais jamais un autre livre n’a aussi bien balayé son sujet et démontrer si bien les répercussions d’un genre de film sur la cinéphilie française.

Un grand livre donc, qui restera à mon avis un étalon du genre.

 

Dans les griffes de la Hammer traite donc de la Hammer film. La Hammer est cette firme anglaise qui donna jadis de si beaux films gothiques avec Peter Cushing et Christopher Lee dans de nouvelles versions de Dracula ou Frankenstein qui sont devenues, c’est indéniables, des classiques du genre.

On peut même considérer qu’il y a deux grandes vagues pour ces mythes :

-la première est bien sûr celle de l’âge d’or d’Universal avec les prestations de Bela Lugosi ou de Boris Karloff.

-La seconde demeure celle de la Hammer, petite firme qui eut un rayonnement inégalé et qui revitalisa littéralement un genre.

 

Bref, des films inestimables, bien qu’ils appartiennent tout de même à un courant suranné mais qui ont en quelque sorte proposé des versions définitives, ou du moins incontournables, de ces figures de l’horreur qui furent de fait incroyablement popularisées.

 

Mais le grand intérêt du livre Dans les griffes de la Hammer  ne fut pas de revenir une énième fois sur la qualité de ces films ou de les sanctifier à nouveau, non. Dans les griffes de la Hammer revient sur un fait majeur qui a presque toujours été ignoré : comment ces films furent-ils perçus en France.

 

En effet, en France, avant la pornographie, il y avait l’érotisme et l’horreur.

Les deux courants furent longtemps voisins, en terme de considération, et ils subirent de fait la même opprobre. Un ami cinéphile qui a vécu cette période m’a raconté qu’il fallait littéralement se cacher pour aller voir ces films, un peu comme un vice honteux. Voilà l’ambiance ! Être cinéphile dans ces années-là relève du chemin de croix.

Pour bien situer l’ambiance, Première n’avait quasiment rien consacré comme article à la Guerre des étoiles et ce film fut à peine considérer comme un film pour enfants ou adultes un peu benêt.

 

Ces films se firent donc fracasser par la critique, de presque tous bords, qui n’avait alors yeux que pour la nouvelle vague (quelque peu usée d’ailleurs, depuis le temps).

 

Toutefois, l’intérêt de la Hammer demeure d’avoir enfin ouvert le premier courant de la cinéphilie française, initiée par des esprits curieux, avides de savoir et de découvertes, mais probablement heureux de transgresser des interdits si puissamment ancrés dans les bonnes mœurs. Notons qu'il y eut aussi la vague des krimis allemands, un genre très intéressant quoique trop méconnu en France.

 

Ainsi, il n’y eut pas de première vague de cinéphiles de l’âge d’or d’Universal !

Ces films étaient quelque peu connus, mais rares étaient ceux qui les avait vraiment vus.

Dans ces conditions, écrire un livre ou mieux, éditer une revue relève du parcours du combattant.

Ce fut pourtant ce que firent une belle brochette de passionnés, pour certains des étudiants du quartier latin, qui mirent tous leurs efforts dans une revue qui fit date : Midi Minuit Fantastique…

 

 

Par Bastien Ayala
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Mercredi 21 octobre 2009

En effet, DC recrute une vague d’artiste en 1967 dont Steve Dikto, Steve Skeates, Dick Giordano, Denny O’Neil et Pat Boyette. Ils s’envolèrent pour renforcer les troupes de DC qui est malmenée par le petit poucet en passe devenir l’ogre des comics : Marvel.

Ces créateurs donnèrent de beaux moments et des histoires absolument fabuleuses qui permettront à DC de répondre qualitativement à Marvel.

 

Le personnage échouera et il ressortira de temps à autre, sans éclat particulier.

Bizarrement, il suscite quelque admiration chez des passionnés issus du fandom (le milieu du fanzinat américain) et certains, devenus professionnels lui rendent hommage en le ressuscitant pour un temps, quelques numéros au plus. Le dernier baroud d’honneur se produit dans une fort belle collection de la Charlton, nommée le Charlton bullseye. Il s’agit d’une anthologie de plusieurs numéros qui reprend les grands héros ou personnages de la firme. Notre Blue Beetle a le droit à des aventures en compagnie de la Question et du Captain Atom dans un style qui rappelle quelque peu ce que produisent  alors DC et Marvel.  Charlton se porte mal en cette année 1983 et elle vend au terme de l’année sa licence « action héros » à DC, pour finalement s’éteindre en 1986…

 

Mais voilà que notre Ted Kord /Blue Beetle est dans les limbes, une fois de plus.

 

3 Morts en série…

 

Nous sommes dans les années 80, au début. Dick Giordano est un éditeur bien installé chez DC. Il est même un poids lourd de la direction éditoriale. Charlton est en demi sommeil depuis quelques années et DC négocie les droits du pack « action héros » qui comprend Blue Beetle, la Question, Captain Atom, Peacemaker, Sarge Steele, Judomaster et  Nightshade ! C’est en 1983 que les droits sont vendus mais les personnages dorment quelques temps, pour être finalement intégrés de force dans l’épopée Crisis en 1985.

 Crisis on infinite earth est véritablement un brassage  pour les super héros de DC mais aussi des autres personnages rachetés à d’autres firmes successives telles Quality, Fawcett (la famille Shazam qui est louée pour être rachetée définitivement en 1991) et Charlton.  D’ailleurs les versions Charlton de ces héros vont être intégrées tel quel et il est clairement établi qu‘ils sont les originaux. Qu’en sera-t-il pour notre Blue Beetle ?

 

Il participe à Crisis où il est plutôt mis en valeur, mais c’est bien la version Ted Kord que l’on retient. Son retour officiel, c’est-à-dire son intégration, se produit dans Secret Origins 2, écrit avec talent par Len Wein. Il reprend le passage de flambeau entre les deux Blue Beetle, Garett et Kord. Le premier est le professeur/super héros du second, le jeune technicien Ted Kord, qui tombe dans un piège sur une île. Dan Garett meurt héroïquement en passant à Ted Kord la source de ses pouvoirs, le fameux scarabée bleu.

Cette histoire est plutôt bonne, de haute tenue et la charge émotionnelle est bien présente. En outre, c’est Gil Kane qui dessine cet épisode fort recommandable.

Il s’agit d’une transition en bonne forme et le Blue Beetle  II (ou III si on compte l’original) débute dans sa série continue avec Len Wein aux scénarii avec Paris Curis aux dessins.

 

Il s’agit d’une série convenable, sympa et légère où le caractère pas toujours finaud de Ted Kord est affirmé. Celui-ci est loin des stéréotypes du super-héros commun puisqu’il n’utilise que des gadgets dont son vaisseau nommé Bug.

Il se rapproche plus d’un Spider-Man adulte avec le manque de chance et de panache. Si Kord est un génie de la technologie, il ne s’est pas en revanche approprié les pouvoirs de son fétiche, ce qui est ironique car on pourrait comprendre qu’il n’est pas assez futé !

 La série ne va pas marcher longtemps, 24 numéros en tout, ce qui est dommage pour le personnage.

Mais sa grande chance demeure son intégration réussie dans la Justice League. Si le personnage met quelque temps pour fonctionner, son association avec Booster Gold sera une des grandes réussites comiques de la série, car ces deux super héros, qui ne sont pas vraiment à la hauteur des calibres en présence, restent terriblement attachants et forment une grande paire de copains.

Leurs éclats de rire, leurs tentatives pitoyables de draguer Wonder Woman, leur relative utilité lors des combats ou encore leurs gags en firent un duo très appréciés par les lecteurs. Ils ont été fort bien personnifiés par Keith Giffen et celui-ci s’est révélé pendant 6 ans un maître d’œuvre comparable à Chris Claremont sur les X-men.

 

Par Bastien Ayala
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Lundi 19 octobre 2009

Comme précédemment expliqué, le Blue Beetle a connu une grande notoriété quoique fulgurante. Mais son sillage a laissé des souvenirs, et les éditeurs se sont rappelés de cette icône qui, sans rivaliser avec le Superman (la série avec George Reeve connaît alors un bon succès à la télé), permet aux comics de super héros de conquérir une nouvelle génération.

 

En 1954/1955, Charlton acquit de nombreux droits de personnages issus des cessations d’activité dues à l’effondrement du marché des comics. La croisade du Parlement Américain, qui suivait alors les thèses du Dr Wertham, fit beaucoup de mal au marché ! Des compagnies mirent la clef sous la porte et il y avait alors un cheptel tout neuf à reprendre, clef en main !

 

On reparit donc avec un Brand new Blue Beetle en 1955 et celui se nomma aussi Dan Garrett, avec un T en plus, mais il n’était pas tout à fait le même !

L’éditeur qui chapota son lancement se nomme Dick Giordano*. Artiste, éditeur avisé et fin connaisseur des comics. Il finira sa carrière avec talent chez DC tout en épaulant Neal Adams dans son studio d’encrage. Dick Giordano reprit donc le personnage, qu’il bouleversa quelque peu.

 

Désormais le Blue Beetle vole, il est super fort, voit à travers les murs et il ressemble à …vous savez bien ! Curieuse redéfinition mais le look est le sensiblement le même !

Il s’agit cet fois d’un Égyptologue qui trouve un talisman sacré. Celui-ci lui confère des pouvoirs magiques. La ritournelle est bien connue ! Mais le titre ne va pas rencontrer le succès escompté. La petite poignée de numéros a la réputation de ne pas être de grande qualité, aussi le titre s‘arrêta.

 

Son repreneur est un très grand des comics, Steve Dikto. Il travaille avec Charlton depuis longtemps et il a crée un succès majeur avec Stan Lee que vous pouvez porter en chaussons, en pyjama ou en casquette : Spider-Man !

 Steve Dikto appréciait Charlton car il aavit une relation de confiance avec l’un de ses éditeurs et, malgré un salaire parmi les plus bas du marché, il revint avec la volonté de bien faire.


Il reprit donc le Blue Beetle, dont sa version se reprocha un peu de Spider-Man. Après la version Superman, il s’agit cette fois de Ted Kord, un petit génie de la technologie qui décide de lutter contre le crime avec ses armes non-violentes et son engin en forme de Scarabée volant !

Il le reprit avec Joe Gill, dont il faut regretter que le récent décès nous ait rappelé qu‘il était un grand de l‘écriture, en tout cas l‘un des plus productifs et des plus capables. Un gars très intéressant ce Joe Gill, une machine à pondre des scripts et une grande facilité pour écrire dans tous les domaines, que ni Marvel ni DC n’auront eu le nez de récupérer durablement. Quel dommage ! Sa collaboration d’alors avec le débutant John Byrne donna Doomsday+1, une très bonne série de SF qui n’a guère vieilli depuis sa création, il y a plus de 30 ans.

Le troisième Blue Beetle commença en  Novembre 1964 en back up (histoire de complément) dans Captain Atom, l’icône de la firme dont Dikto a donné de fort bonnes aventures dès 1959.

Le terme Blue Beetle était dans l’ère du temps, ou plus exactement depuis que les Beatles triomphaient sur la scène pop rock. Le scarabée est un animal à la réputation sympathique, en tout cas davantage qu’une araignée !


Ces aventures sont plaisantes car Dikto est un maître de la narration et de l’action, un art qui tend à disparaître. Il excelle dans la profondeur des champs, la variété des ennemis qu’il est capable de créer, tout comme les expressions de ses personnages font de Dikto un très grand du comics. S.Dikto n’a pas son pareil pour les scènes d’action et ses personnages semblent danser dans une  chorégraphie parfois brutale mais toujours grâcieuse. De plus, il a un storytelling parfait et l’histoire peut se comprendre si on enlève les dialogues.

Blue Beetle a enfin son titre mais celui-ci est de courte durée puisque le titre en solo n’a que… 5 numéros !

Par Bastien Ayala
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