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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 08:49

 

Suite précoce du premier opus sortie la même année, à savoir 2012, l’agent Carl Hamilton repart déjà pour une nouvelle mission, plus personnelle cette fois, pour un prolongement de l’univers pour le moins crédible de notre espion suédois.

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Après une tentative d’assassinat d’un groupuscule de type Al-Quaïda qui a lieu en Suède, le chef de ce réseau basé au Moyen-Orient rumine sa vengeance et cherche le meilleur angle qui soit pour porter un coup à l’image de la Suède, jusqu’ici résolument neutre. Cette occasion se présente lorsque la jeune cheftaine d’un des deux services secrets du pays affirme sa volonté de protéger la Suède et ses enfants de la menace terroriste. Or, cette femme a précisément une jeune fille en bas âge…Elle est donc enlevée et le message terroriste a parfaitement atteint son but : frapper l’opinion public suédois et internationale avec cet événement de grande ampleur.

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Mais cette jeune fille a pour parrain Carl Hamilton qui, depuis qu’il a perdu sa propre famille, a précisément reporté tout son amour paternel sur elle. Il va donc entreprendre une opération de sauvetage difficile, dans un jeu où les services secrets d’autres pays ne voient pas forcément d’un intérêt positif le fait que Carl Hamilton remonte une filière où certains savent, et seraient même mouillés. Quasiment seul ou presque, Hamilton va donc affronter bien plus d’ennemis que sa cible désignée pour secourir sa filleule.

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Malgré un scénario qui cible un peu trop l’environnement immédiat de l’espion, et donc qui joue sur une raison personnelle, Hamilton parvient à faire jeu égal, voire même bien mieux, que les récents et surcotés films de l’agent 007 avec une intrigue sèche, de l’action brute, dans l’univers feutré du monde des espions dont certains gouvernements auraient des intérêts multiples et contradictoires qu’ils entendent préserver dans l’ombre. Là est d’ailleurs la grande force de cet opus, qui vient de la justesse du contexte dévoilé puisque l’auteur des romains d’Hamilton, Jan Guillou, a une intime connaissance du contre-espionnage et même de certains grands de ce monde. Au grès de ses fréquentations personnelles avec ces derniers, et de leurs confidences, il a même déjà écrit dans ses romains des faits…qui se sont produits après parution !

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Voilà encore une différence entre James Bond et Carl Hamilton, le premier se réclame d’une certaine crédibilité, le second évoluant carrément dedans la réalité. D’ailleurs, sans avoir un budget fabuleux, notre film semble presque en montrer autant que ceux que l’espion -friqué- britannique. Une belle performance, quoique légèrement moins intéressante que le premier volet, de notre vif espion qui joue, dans cet opus, contre différents services espionnages, en plus de ses ennemis désignés, bien décidés à avoir sa peau coûte que coûte.

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Published by Bastien
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 08:44

Venu de la Suède, le personnage de Carl Hammilton s'impose sans l'ombre d'un doute comme un brillant et sérieux compétiteur au panthèon des espions. Terriblement sérieux même pour un certain agent secret britannique qui, malgré le succès critique et populaire, semble quelque peu creux à force de surjouer dans un certain créneau, celui du faux réalisme. Si vous êtes un peu curieux, faites donc la découverte d'un personnage, et de son créateur, qui sont véritablement détonnants !

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James Bond ! Phénomène cinématographique puis culturel, la saga est désormais devenue “culte” et les films de son plus récent interprète, Daniel Craig, sont considérés comme des réussites majeures. D’ailleurs, tous les films de la série sont comparés avec la première ère, celle de Sean Connery. Pour le grand  public, Sean Connery incarne de manière vraisemblable un espion et tant pis si il sauve Fort Knox, retrouve une bombe nucléaire, enraye la troisième guerre mondiale ou jugule un satellite de la mort ! Daniel Craig et ses trois films de la franchise bénéficient également de la même indulgence : Craig est un excellent interprète, son personnage torturé est réaliste (sic) et ses films sont solides et crédibles.

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Pourtant, à y regarder de plus prés, sous la couture ou le vernis diffusé par une presse de moins en moins critique et de plus en plus service de la promotion, Daniel Craig semble incarner une sorte de gravure de mode, un rien autiste, dont chaque film sert à vendre des billets mais également plein de produits publicitaires. Et le dernier opus de la série, Skyfall, dans tout cela ? Ridicule ! James Bond, touché au niveau des organes vitaux au début de l’intrigue, se remet tranquillement en Asie où il joue à boire de l’alcool avec un scorpion au poigné ! Le méchant semble avoir un lien filial avec M parce qu’il a été trahi ! En outre, on ne sait plus si le personnage de Bond  est né en 1920 –pour être raccord avec la description de Ian Fleming- si il a bien fait la guerre froide ou encore si les aventures qu’il a vécues dans les précédents films constituent bien son background (il semble bien que oui du fait de l’Aston Martin DB5 dans Skyfall).

Bref, voilà un personnage terriblement grand public, une franchise qui tutoie la marque pour publicités, sanctifiée par les médias alors qu’elle tourne à vide.

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Heureusement, la Suède nous envoie l’adaptation de son agent secret, Hamilton, qui revient mettre bon ordre dans le film d’espionnage pour devenir la nouvelle référence !

Hamilton ? Il s’agit d’un personnage de romans écrit par un ancien journaliste nommé Jan Guillou. Né en 1944, Jan est devenu un journaliste d’investigation dont le fait d’armes le plus fracassant fut d’avoir mis à jour l’affaire « IB ». Il s’agissait d’une officine para- gouvernementale qui fichait illégalement les citoyens, à des visées de contrôle politique.

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Ce scandale, qui ébranla les plus hautes autorités de l’Etat suédois, valut à Jan Guillou et Peter Bratt une peine de six mois d’emprisonnement mais aussi une popularité incroyable ! Jan Guillou, devenue alors une autorité médiatique, s’essaya à la télévision puis à l’écriture de romans dont notre espion Carl Hamilton, né en 1986, connut un succès fracassant qui ne s’est nullement démenti durant les dix tomes que content la série à ce jour ! Notre film est la première adaptation sur une série de trois au cinéma (sachant que le troisième opus est en pré-production).

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Alors que nous raconte Hamilton, in the interest of the nation ?

Notre agent suédois enquête dans les pays arabes où se développent des trafics d’armes pour le moins inquiétants : des armes suédoises se monnayent sur les marchés terroristes et le gouvernement ne comprend pas d’où vient cette fuite. Hamilton comprend que quelqu’un, au sommet du pouvoir, est compromis et cette personne fera tout pour sauver sa tête, quitte même à supprimer par un attentat le premier ministre de la Suède !

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Si ce résumé parait présenter une intrigue un peu poussive, à peine digne de la moindre série télévisée américaine ou britannique, il faut quand même y regarder à deux fois avant de juger.  En effet, outre cette intrigue, la caractérisation de notre espion occupe une grande partie de l’intrigue et elle est des plus abouties. Véritable machine de guerre aux nerfs d’acier, Hamilton sent son humanité lui filer entre les doigts pour le quitter sûrement mais irrémédiablement. Sa planche de salut pourrait être cette doctoresse avec laquelle il entretient une relation, à épisodes. Il désire vivre avec elle, se stabiliser, se normaliser. Mais alors qu’il vient de lui avouer la vérité sur sa véritable carrière, un accident vient tout compromettre…Et je vous certifie que cela va vous choquer !

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Cette première adaptation parvient avec brio à entreprendre ce qui nous est promis dans chaque James Bond et que l’on ne voit jamais, noyé dans un grand spectacle et une caractérisation maladroite. Carl Hamilton possède une vraie fêlure, un dysfonctionnement psychologique qui le rend inapte à la vie civile puisque sa véritable place se trouve sur le terrain, où l’ennemi a différents visages. Pas question non plus de sauver la planète ou autre péril aussi farfelu pour notre espion suédois. Nous restons dans le réalisme, le plausible, ce qui valut d’ailleurs à Jan Guillou d’anticiper plusieurs fois des événements politiques !

A titre de comparaison, et pour vous achever de vous convaincre, Jan Guillou et son personnage Hamilton sont quasiment l’équivalent d’un autre phénomène littéraire venu de la Suède, Millénium de feu Stieg Larsson.

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Comme Jan Guillou, Stieg Larsson était un journaliste d’investigation et, comme lui, il s’est mis sur le tard à l’écriture avec un réel talent de conteur et vision assez personnelle, réaliste et terriblement originale en termes d’intrigues et de caractérisation de ses personnages. Si le premier Millénium était brillant tant il pose des fondations solides de ses personnages ainsi qu’un puissant développement, le second et le troisième tome s’enlisent quelque peu sur le personnage de Lisbeth Salander pour une intrigue trop tracto-capillaire. Dans les deux cas, que ce soit pour Millénium ou pour Hamilton, nos deux brillants écrivains suédois ont le mérite de renouveler les genres et les codes narratifs  avec inspiration !


Aussi soyez hype en étant parmi les premiers à connaitre Hamilton !

 

Published by Bastien Ayala
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 09:48

Film britannique assez surprenant, Black death aborde le sujet de la peste noire tout en proposant une histoire humaine et épique assez intéressante. Un petit rappel historique de ce que fut la peste au XIVème siècle…La peste bubonique fut un fléau hérité d’Asie qui fut ramené par les Génois en 1347. Mortelle, foudroyante, véhiculée par les rats et par des conditions d’hygiène un peu près inexistante, on estime que la peste provoqua la mort de 30 à 50 % de la population européenne, soit 25 millions de victimes. Outre le fait que chacun s’en remettait à Dieu, la peste se propagea partout, notamment par ceux-là même qui voulaient fuir cette pandémie. Elle arriva donc entre 1960 et 1969 en Angleterre, là où se déroule précisément notre histoire.

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Dans un couvent de la province anglaise dont les effets de la peste ont même causé la mort d’un moine, le jeune Osmond rejoint sa bien-aimée pour l’enjoindre de fuir. Peu après, il se dévoue pour emmener une troupe de chevaliers ou soldats de dieu, menés par Ulric (interprété par Sean Bean), qui a pour mission d’enquêter sur un village reculé et mystérieux qui a inexplicablement échappé à la peste. On raconte même que la population de ce village aurait pactisé avec le diable et qu’un nécromancien, capable de faire revivre les morts, domine ce village.

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Notre brave Osmond, qui a donné rendez-vous à sa promise dans les environs de ce village maudit, accompagne donc cette troupe d’hommes de dieu au comportement frustre et aux  manières brutales qui lui feront peur. Mais est-ce que ces croisés seront de taille face à ce qui se dissimule réellement dans ce village ? Par quelle magie, en effet, ce village a effectivement échappé à toute contamination ? Quel pouvoir secret règne dans ces lieux ?

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Black death est un film de qualité qui, sous le couvert de film d’aventure, parvient en effet à s’extirper par moments à son statut de film de série B pour renouer avec les faits historiques notamment en rappelant de ci de là le Nom de la rose. Un certain réalisme s’oppose à une introspection des pratiques maléfiques et, de cette confrontation, le point de vue du film se permet un jugement assez judicieux et cassant pour la société de l’époque. Une société figée où le moindre écart vous envoie à la question (comprendre la torture), la crucifixion ou encore le bucher. Et dans cette société de conformité absolue, où la peste menace de vous emporter à tout instant, quelle alternative reste-t-il ? C’est à cette question pour le moins prenante que demeure l’essentiel de la thématique du film, fort aéttrayante, et qui permet à Black death d’être réellement intéressant.

 

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Entre autre atouts, le casting du film demeure également réussi puisque le film est porté par les épaules de Sean Bean. Acteur arrivé par hasard, suite à une blessure sportive, à l’univers du théâtre, Sean Bean a bénéficié d’une solide formation shakespearienne et cela se sent dans des rôles à forte dimension dans lesquels il excelle. Citons sa participation récente à la première saison de Games of Throne ou encore Boromir. Un acteur complet, puissant, qui a désormais assez d’expérience pour incarner un rôle avec sa seule présence, un jeu minimaliste mais qui occupe l’écran.

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A côté de lui, le jeune Eddie Redmayne propose un intéressant contrepoint dans le rôle du jeune moine Osmond qui va vivre là la plus grande aventure de sa vie. Quel sera la réaction de ce jeune moine qui n’est presque jamais sorti de son couvent sinon de la ville qui l’abrite ? Quelle sera sa réaction face à la « nécromancie » ? Une belle prestation pour ce jeune acteur né en 1962 auquel le scénario de l’italien Dario Poloni donne un destin pour le moins intéressant…Entre Candice Van Houtten au rôle vénéneux, la troupe de soldats d’Ulric comporte un acteur non identifié par mes soins (à vous de jouer !) qui ressemble énormément au regretté Klaus Kinski dans Aguirre, la colère de dieu. La ressemblance est même si frappante qu’elle m’intrigue encore !

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Une réalisation sérieuse de la part Christopher Smith, le réalisateur de The Creep et Severence et le très original Triangle, Black death est une œuvre intéressante qui aborde un sujet un peu oublié sous un angle intéressant. N’ayant que fort peu d’œuvre qui s’apparente réellement à ce genre, je vous  laisse donc le soin de vous faire vous-même votre propre opinion. Que ce soit du film…ou de la religion telle qu’elle nous ait montrée dans Black Death !

 

                 

 

Published by Bastien Ayala
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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 08:03

CM_show_preview.php.jpgPrudemment, petit à petit, sans flamboyance excessive, la Nu Image parvient à réussir de beaux coups comme d’accueillir des noms qui comptent, après et dans la suite logique de Dolph Ludgren, comme d’abord Jean-Claude Van Damme puis Steven Seagle. En ce qui concerne ces deux acteurs, aux noms et au potentiel commercial internationaux, leurs films ne rapportaient plus tant que cela dans les salles et leurs contrats avec leurs majors respectives (Colombia et Warner) avaient expiré et ils n’étaient plus renouvelés…Cela fit sensation dans le landernau cinématographique, enfin cela de la production et de la presse spécialisée, tant ces deux prises apparurent comme importantes.

 

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Ainsi des films voués à une certaine qualité, enfin, avec de solides réalisateurs ayant un vrai passé comme Walter Hill, avec Un seul deviendra invincible, firent leur apparition au tout début des années 2000. Là encore, tout doucement, sans se précipiter au contraire de la tapageuse Cannon, Avi Lerner posa ses pierres tout doucement pour obtenir des stars connues telles que Bruce Willis dans le film de Richard Donner 16 bloks, en 2006 puis le Dalhia noir la même année de même que le faible remake de The Wicker Man avec quand même Nicolas Cage qui était fan de l’original…Si ces productions ne furent pas des succès, elles permirent à la Nu Image d’élargir son horizon pour jouer dans la cour des grands et passer à la vitesse supérieure. Ainsi, pour se démarquer de la mauvaise image de la Nu Image, ces petites productions fauchées et aux scénarii indigents, Millenium films était née.

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Ces grosses productions étaient calibrées, c’est-à-dire qu’elles étaient pensées au coup par coup et non produites pour remplir un quota annuel. Si nous ne notons guère que les suites de Rambo et de Rocky, des succès intéressants quoique non percutants, l’année 2010 vit de beaux films à venir avec Expendables, un gros succès même à l’échelle des majors, Bad Lieutenant avec encore Nicolas Cage, Le flingueur avec Jason Statham, le remake du Jour des morts-vivants (inutile par ailleurs) avec ou encore Conan (qui fut un four et un échec artistique).

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Bref, il ne s’agit pas d’une success story comme aiment vendre en quelques lignes les magazines people ou les piètres émissions sensationnelles de notre petite lucarne mais d’un modèle économique viable de personnes, outre Avi Lerner comptons aussi Boaz Davidson dédié à la partie créative. 

Notre équipe, issue de la Cannon sait réussir certains « coups » en matière de production puisque son catalogue à venir emploie largement des stars hollywoodienne et des films qui sont désormais susceptibles de prétendre à des récompenses internationnales.

 

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Des cadres né en Israël qui ont fait leurs classes dans la Cannon, un modèle économique qui a su tirer des enseignements des erreurs de notre précédente firme, un créneau qu’occupait jadis avec succès la Cannon, un renoncement total aux films d’auteur dans un premier temps, une pauvreté voire même une certaine stupidité dans les films d’action…Tout ces critères permettent d’affirmer raisonnablement sans ne guère se tromper que la Nu Image/Millenium films est la digne héritière de la Cannon group, un certain panache en moins que ce soit dans la diversité des genres tout comme la discrétion de ses dirigeants.

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 (The Monk qui aurait du être réalisé par Ringo Lam. Il s'agit de l'un des très rare projet qui a été abandonné par la Nu Image... Dommage pour nous !)

 

 

 

Published by Bastien Ayala
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:07

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La Nu image est un studio qui, avec son département frère Millenium films, a le vent en poupe. Certains de leurs films sont de gros succès, citons les Expendables, Rocky 6 ou encore John Rambo, tandis que de très grosses stars ont signés avec eux (De Niro, Al Pacino…). Pourtant, il est frappant de constater les nombreux points communs entre la Cannon et Nu Image/Milleniums films tant et si bien que l’on peut raisonnablement déduire que la seconde est l’héritière directe de la première. Voyons cela dans les détails…

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Avi Lerner naquit en Israël en 1947. Après pas mal de métiers, il fonde une chaine de vidéo-club en 1979 dans le pays qui se développa fort bien. Tant et si bien que, désireux de passer à la vitesse supérieure, Avi Lerner se tourna vers les gloires nationales, celles qui ont si bien réussis dans leur sol natal et qui étaient en passe de devenir des tycons absolus à Hollywood, les cousins Golan et Globus. Avi Lerner œuvre donc dans les années 80 dans la production chez la Cannon. On le retrouva donc comme producteur dans le premier Allan Quarteman ou encore Americain ninja avec Michael Dudikoff. Des postes de second plan, certes, mais qui lui permirent d’apprendre les ficelles du métier et surtout les dessous des cartes.

Son parcours suit celui de la Cannon, toujours sur la série des Américain ninja, le quatrième en tout cas, puis il réfléchit à se mettre à son compte depuis le naufrage de la Cannon…

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Après tout, les films d’action sont rentables et il suffit d’une (petite) star du genre, d’un semblant de scénario puis d’un réalisateur un tant soit peu capable derrière la caméra pour délivrer un produit qui s’écoulera bien sur le marché de la location, de la vente en DVD et sur le câble. En pleine période de films de kickboxing, jaillit donc un improbable Cyborg Cop qui reprend les ficelles de la série Ninja de la Cannon, dont la star David Bradley tout comme le réalisateur Sam Firstenberg.

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Un budget modeste, probablement tourné en Afrique du sud, mais qui se vendit bien en cette année 1993. Les débuts de la Nu Image furent modestes mais les fondations étaient solidement posées. Ce furent donc des produits voués à satisfaire le marché de l’action qui virent le jour, 10 en 1994, avec des stars modestes de la série B d’action comme Jeff Speakman ou bien sûr David Bradley voire aussi Frank Zigarino.

Les années et les productions se succédèrent tout au long des années 90 et de plus grosses stars du genre rejoignirent la firme. Citons Chuck Norris ou Dolph Lundgren, quand même, qui tournèrent pour la firme de manière plus ou moins régulière, ce qui fut déjà un premier pas vers une dimension supérieure.

Mais la firme ne semble pas avoir d'autre direction précise que le souci de répondre strictement aux demandes du marché. Mais aucune franchise ne se distingue, à part la série bas de gamme Opération Delta force…

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Etrangement, et parce que la Nu Image avait Casper Van Dien en tête d’affiche, notre firme lance la série des Shark’s attacks !

Un petit film d'action, tourné comme toujours loin pour délocaliser le tournage et réduire les frais, mais qui apporte un film de genre alors que le marché était demandeur et que rien ou presque ne venait le satisfaire.

 

Bien que Shark attack tient plus du film d’action que du genre du requin tel que les codes furent définis par Les dents de la mer, le film connut un petit succès et un nouveau créneau, l'horreur, s’offrit à notre firme.

 

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Ce furent donc deux suites, dont le troisième opus qui oppose l’acteur John Borroman (Doctor Who, Torchwood) à un megalodon. Dans l’intervalle, jaillirent les 2 Octopus, les 2 Spiders et les 2 crocodiles. Quand ces petites productions choisirent le créneau de l’horreur plutôt qu’un panachage avec l’action, elles furent franchement réussies quoiqu’un peu connes au niveau des intrigues ou du traitement (un défaut de la Cannon repris puis amplifiée par la Nu Image).

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Dés lors, le studio inaugure sa série de films petits budgets d’horreur avec une série sur les mutants (SnakeMan, PredatorMan…) ou un grand monstre qui nous est balancé de temps en temps (Megasnake, Kraken qui furent terriblement insipides).

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Le catalogue du genre action se voit honorer d’une franchise Héros Américains et d’un vrai talent à la réalisation, Isaac Florentine. Il y a aussi des séries thématiques telles que les Nature Unleashed qui permettent de varier les produits, car il s’agit bien de produits et , en aucun cas d’œuvres…Oubliez votre cerveau, vous en aviez déjà faiblement besoin avec la Cannon, vous pouvez totalement le mettre en veille avec la Nu image !

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Toutefois, avec à la fois un nombre de productions en augmentation, et surtout des débouchés dans quasiment tous les pays à l’international, ce que je ne m’explique toujours pas à cause de la faible qualité de leurs films, la Nu Image devient une entreprise pérenne qui a fort bien assuré ses fondements, contrairement à la Cannon qui avait beaucoup trop vite acheté des salles en Europe, aussi la Nu Image peut passer à la vitesse supérieure grâce à la fiabilité et la prudence de son modèle économique. Cette aventure se nomme donc Millenium films...

 

Published by Bastien Ayala
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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 05:58

Dédaigné dés son arrivé aux U.S.A avec le rachat de la Cannon en 1979 par la presse et les gens du milieu cinématographique ( de même que la presse), raillé à cause de l’ineptie de ses films d’action, faiblement considéré pour ses films d’auteurs qui furent pourtant de réels risques financiers, traité de flibustier pour les montages financiers de ses films (James Cameron lui garde une dent dure à cause du projet Spider-Man), Menahem Golan n’eut jamais réellement le droit à une réelle considération de la part des médias ou du milieu.

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Pourtant, si nous ne pouvons raisonnablement considérer les reproches qui lui sont adressés comme justes, la vocation de Menahem Golan semble pourtant réelle. Ainsi il soutint des auteurs comme Cassavetes, Godard, Ken Russel, Andrei Konchalovsky (les trois films produits sur ce talentueux réalisateur russe en exil furent de vrais investissements) ou encore des films comme Barfly avec Mickey Rourke  ou encore Maria’s lover, on peut objectivement observer qu’un pan entier des productions de la Cannon group fut dédié aux films d’auteur dont la rentabilité fut, hélas, souvent en berne...

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Produire autant de films avec si peu de résultats force le respect, le respect pour un producteur/réalisateur considéré avec mépris par le milieu comme un marchand de soupe. Nous verrons dans le prochain chapitre que le modèle économique fut repris par d’autres personnes mais sans le souci de produire des œuvres d’auteur.

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(Delta force premier du nom...Un film stupide, propagandiste, centré sur sa     vedette narcissique mais toutefois fort bien réalisé par Menahem Golan)


D’ailleurs, et cela reste fortement étonnant, après avoir réalisé des films terriblement commerciaux comme Delta force ou encore Over the top, Menahem Golan se fit plaisir pour réaliser en 1987 La guerre d’Anna. Alors en plein marasme financier, Menahem Golan était parti tourner en Pologne pour raconter l’histoire vraie d’une jeune résistante qui fut pris par les allemands mais fusillée par des officiers polonais pour cause de sédition !

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Comme pour étayer cette hypothèse, Menahem Golan fit un drôle de retour médiatique sur le devant de la scène puisqu’en 2010, bien longtemps après la fin de La 21st Century film corporation, notre réalisateur/producteur autrefois si médiatique reçut une consécration internationale au 63ème festival de Locarno. Enfin, après le temps des critiques, Menahem Golan goûta à la respectabilité et à l’honorabilité qui lui furent longtemps refusées (sauf en Israël). Fécond et affable, Menahem Golan livra moult interviews où il raconta énormément d’anecdotes, sa passion pour le cinéma, sa vocation à faire démarrer de jeunes cinéastes…pour continuer à faire du cinéma, malgré son grand âge avancé.

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D’importants médias de presse française, dans leurs pages cultures, relayèrent ce soudain revirement critique et, pour une fois, Menahem Golan eut le droit à quelque éloges de la part de ses médias qui le regardèrent le plus souvent, voire même quasiment tout le temps, avec dédain. En guise d’épitaphe, Menahem Golan déclara, en dépit de tant de controverses, que son nom est toujours respecté à Hollywood.

Et vous, quel est votre avis ?

 

Published by Bastien Ayala
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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 11:31

 

Chuck Norris dut donc, faute de mieux, se reconvertir au  petit écran. Ce fut donc le fameux et terriblement insipide Walker Texas rangers. Campant un personnage proche de la caricature la plus machiste, dans la droite lignée de tous ses précédents personnages, Chuck Norris connut gloire, succès (la série était terriblement formatée pour être diffusable partout), et richesse (Fausto Fasulo de Mad Movies avait parlé dans un de ses éditos de 300 ou  400 millions de $ annuels en tant qu’acteur et producteur).

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Toutefois, ce personnage était terriblement proche du héros d’œil pour œil ! Si fait qu’Orion Pictures s’est manifestée pour un arrangement à l’amiable.

Ce fut donc cela, la carrière de Chuck ! Un unique type de rôle monolithique, des figures martiales ampoulées et vite dépassées par Van Damme & cie, et un seul bon rôle qui servit…deux fois ! Et pourtant, notre Chuck est riche, riche, riche !

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La série Walker Texas Rangers laissa peu de temps à notre artiste martial vieillissant qui ne tourna guère qu’un film marquant dans les années 2000, The Cutter où il fut  opposé à l’excellent Daniel Bernhardt (Bloodsport II, III et IV qui possède un réel charisme et qui est parfait dans le rôle de méchant). Un petit bon film où Chuck parvient encore à faire illusion à quelque 65 années passées, ce qui en soit n’est pas rien !

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Mais si sa série Walker Texas Rangers est diffusée partout dans le monde, en propageant les valeurs de la bonne Amérique, Chuck se lasse terriblement de la série qui de toute façon n’a jamais eu grand-chose à dire ni à proposer d’excitant au spectateur ! Aussi Chuck, alors qu’il aurait pu faire comme Roger Hanin et sa série Navarro, lève finalement le pied en 2001, après 8 années de ternes et insipides épisodes, pour ne revenir que dans un téléfilm spécial en 2005 ! La suite de la carrière est donc faite d’une semi-retraite, avec on le suppose beaucoup d’argent et pas mal de repos. Mais notre star a gagné une célébrité supérieure à celle de Jean-Claude Van Damme dans notre beau pays avec les fameux Chuck Norris facts, assez hilarants pour la plupart et qui ridiculisent notre star, sa carrière et le message lénifiant qu’il a voulu développer tout au long de celle-ci !

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En outre, Chuck s’est rapproché des chrétiens de l’aile non molle du parti républicain en soutenant publiquement, en 2008, le pasteur Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas, qui était bien sûr contre l’avortement (condition sine qua non pour se présenter à l’investiture républicaine aux U.S.A ?) et à l’homosexualité présentée comme le pire des vices (quel retard dans les mentalités !).

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(la seconde Madame Norris, Gina, en compagnie de son mari et de  Mike Huckabee)


Bref, d’ici, Chuck Norris apparait finalement comme rigoriste, voire récessif en ce qui concerne la tolérance de chacun dans la société…Ceci plus les Chuck Norris facts achèvent de grever l’image de notre acteur mais j’ajouterai également sa biographie, tissu de théories surfaites sur le self made man à l’américaine, soutien totalement appuyé vis-à-vis de Reagan et autre propos du même tonneau… Cela fait quand même beaucoup !

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Le retour de Chuck se fit au cinéma et au premier plan grâce à Expendables 2 ! Si le film est plutôt pas mal, il est un peu moins fort que le premier et les participations de Schwarzenegger, Bruce Willis tout comme Chuck sont totalement dispensables, des sortes de gros clins d’œil appuyés, qui n’apportent absolument rien à l’intrigue (quoiqu’il vaut mieux parler de canevas dans ce cas précis). D’ailleurs, c’est bel et bien Jean-Claude Van Damme qui tire le mieux son épingle d’Expendables 2. Royal en méchant, un rien allumé, JCVD domine la distribution avec son acolyte dans le film, l’excellent Scott Adkins, qui est bien parti pour occuper son créneau depuis Undisputed 2 et 3 ou encore ce futur Universal Soldier IV où il prend justement la relève de JCVD.

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En définitif, Chuck Norris aura eu une drôle de carrière avec un premier film, la Fureur du dragon, qui restera dans l’histoire du cinéma tandis que tous ses films suivants, très mauvais dans les années 70, et très cocardiers dans les années 80, vont du très médiocre à l’assez hilarant. L’acmé de sa carrière fut donc Walker Texas Rangers, sorte de déclinaison très grand public et pétri de sentiments à la limite propagandiste d’une certaine idée de l’Amérique, manifestement celle de Mike Huckabee, qui fait froid dans le dos pour nous Européens. D’ailleurs, Chuck Norris est ouvertement anti-Obama et certaines déclarations anti couverture sociale ou anti cela font assez froid dans le dos.

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Mais contrebalançons cet aspect de sa personnalité avec d’autres faits, il semblerait que le grand Chuck soit réellement fidèle en amitié avec les personnes qui ont traversé sa vie dans différentes époques, je pense notamment à ses compétiteurs lors de sa période de champion de karaté ou notamment dans le milieu du cinéma où j’ai pu lire ici ou là quelques propos toujours avenants sur la stature de Chuck, souvent prêt à aider les autres et ses partenaires en son temps… Ainsi, nous avons bien un homme à multiples facettes dont certaines peuvent nous paraitre plaisantes, funs, ridicules, respectables et d’autres moins !

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Mais, mine de rien, Chuck Norris a suffisamment bien mené sa carrière pour devenir célèbre (c’est quand même pas n’importe qui a un dessin animé à son nom), riche (immensément qui plus est), mais pas réellement reconnu en tant que tel (les Chuck Norris facts vont très certainement l’immortaliser pour longtemps).

 

Bonus de dernière minute : cliquez ici pour vraiment avoir peur !

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 08:41

Chuck Norris s’est finalement hissé, avec les années, au rang de star d’action. Pourtant, cela n’était pas gagné dés le début et il fut d’ailleurs même très rapidement éclipsé par Jean-Claude Van Damme pour ne plus jamais regagner sa place de star occidental d’arts martiaux. Pourtant, envers et contre tout, Chuck Norris a néanmoins laissé son emprunte dans le cinéma d’action et même, cela est plus croquignolesque, à la télévision ! On peut même dire qu’il a réussi dans les deux créneaux car, à chaque fois, il n’y avait pas de concurrent plus valable ! Même si la carrière du « grand » Chuck Norris ne comporte que (très) peu de films réellement mémorables, il est intéressant d’y revenir avec attention.

 

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Né en mars 1940, Carlos Ray Norris se marrie assez tôt et, pour subvenir aux besoins de son tout jeune ménage. Aussi il s’engage dans l’armée où il est muté, en Corée du sud. Sur place, il s’intéresse aux arts martiaux et, après pas mal d’efforts, il devint ceinture noire. Rentré aux U.S.A et démobilisé, Carlos Ray Norris a désormais des enfants à charge…Aussi il décide d’ouvrir une école de karaté et, pour la promouvoir, il participe à des tournois dans ce sport en manque de reconnaissance et à la notoriété alors balbutiante. Etrangement, ces tournois le menèrent en final où il se heurta au numéro 1 du moment, le très grand Joe Lewis alors recordman pour un bon moment.

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Chuck Norris finit par battre Joe Lewis, ce qui fut assez positif pour son école et sa renommée personnelle. Mais une splendide occasion lui vint de son adversaire no 1 puisque Joe Lewis refusa la proposition de Bruce Lee pour jouer son adversaire dans le final de la Fureur du Dragon. Ce film, dont la séquence finale, tournée en 4 jours seulement, fut un succès retentissant. Il propulsa Chuck Norris comme le premier et le seul occidental capable d’en remontrer aux asiatiques sur le terrain, du moins aux yeux des producteurs et du public.

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Chuck Norris vit alors une fabuleuse opportunité de percer au grand écran comme star d’action d’un genre nouveau. Mais si son film suivant, Massacre à San-Francisco de Lo Wei, s’est avéré décevant pour lui en termes de carrière et d’exposition médiatique, il comprit qu’il devait capitaliser au plus vite son image d’homme d’action. Mais les grands studios, malgré par exemple son amitié avec Steve Mc Queen (qui l’avait conseillé à prendre des cours de comédie), ne lui ouvrirent pas les portes. Ce furent donc quelques années d’efforts où notre bon Chuck, surnom d’ailleurs typiquement américain qui est surtout le diminutif de Charles, dut œuvrer avec des compagnies indépendantes. Par compagnies indépendantes, j’entends des producteurs régionaux ou des investisseurs privés qui faisaient des films au coup par coup et, si les bénéfices se révélaient suffisamment intéressants, remettaient cela pour un nouveau film.

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Ce furent donc des années de marasmes pour Chuck Norris qui s’imposa petit à petit, avec des films comme Octagon (avec Lee Van Cleef déjà dans un rôle de ninja), les Casseurs, Force one (très mauvais par ailleurs), ou encore d’autres petits titres dont une participations notable d’Erik Carson, futur actionnaire de la firme Impérial (l’Arme absolue et Full Contact car Impérial avait eu le bonheur de lui faire signer un contrat quand il était encore inconnu !) .

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Premier bilan pour Chucky : ses films de cette première période, hors Bruce Lee, sont au pire lassants et au mieux soporifiques. Son talent ne crève absolument pas l’écran –à la réflexion à aucun moment- et ils sont totalement dispensables à tous niveaux ! Une mauvaise décennie, qui donne l’impression d’une suite de tâtonnements, mais qui permet à notre star, faute de mieux et de concurrents sérieux, de construire patiemment mais sûrement une image d’action star virile, une sorte de copie un rien risible de Steve Mc Queen, qui se prend au sérieux alors que ses personnages, quasiment tous uniformes, prêtent à sourire voire pire, à ricaner. Mais les années 80 allaient finalement changer la donne…

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Si ses films ne furent pas de fracassants succès, Chuck Norris parvint néanmoins à gravir laborieusement échelon sur échelon. Dans sa biographie sortie en France pendant les années 80, Chuck Norris raconte d’ailleurs qu’il allait lui-même dans les états pour promouvoir à la radio ou dans des télévisions locales ses films…

 Toutefois, ses films fonctionnaient commercialement, le genre d’action man était alors balbutiant, et ils étaient même exportés en Europe sans toutefois l’imposer en tant que star d’action de premier rang. Mais le début des années 80 fut décisif pour notre Chuck puisque, après tout et faute de concurrent sérieux ou pour faire court de meilleur combattant occidental, il resta le seul sur le créneau et cette période donnait une chance à tous les films de studios indépendants… Chuck Norris cultivait donc son image de super star des arts martiaux et ses films développaient cette image qui devenait de plus en plus familière au grand public américain.

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D’ailleurs, Chuck Norris accèda enfin à des films plus ambitieux.

Si Dent pour dent de Steve Carter n’est pas mémorable, il lui permet à la fois de travailler pour l’Embrassy, une firme de distribution et de production qui a notamment produit des films de John Carpenter très intéressants…Aussi notre Chuck Norris travailla pour une première fois avec Steve Carter, un poulain de l’écurie Corman qui réalisa un excellent film sur Al Capone, avec notamment Stallone, qui fut salué par la critique.

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Le film suivant, Silent rage ou Horreur dans la ville chez nous, permet à notre « héros » de surfer sur la vague du psycho killer, thème cher à de très nombreuses productions indépendantes presque toujours garanties de voir fructifier leur mise initiale. Si Silent rage ne manque pas de défauts, il a quand même le mérite de présenter une version alternative au film Horrible de Joe D’Amato où un héros intègre et bien américain doit arrêter un tueur homicide. Etrangement, Chuck Norris reprendra un sujet similaire à la fin des années 80 avec Héros, de William Tannen, mais sans les aspects horrifiques ou fantastiques qui confèrent à cette production le peu de charme qu’on peut lui trouver.

 

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Le meilleur film de Chuck Norris, un accident donc pour celui qui connait sa carrière, arrive en 1983 avec Lone Wolf Mc Quade. Production Orion pictures, réalisée avec soin par Steve Carter, Lone Wolf Mc Quade ou Œil pour œil (après Dent pour dent !) voit enfin notre « acteur » aux prises avec un bon rôle, même pour un acteur minimaliste au jeu monolithique. Sorte de western moderne,  Lone Wolf Mc Quade pioche dans tous les ingrédients de la bande dessinée moderne, du film d’action brut tel qu’il va se dessiner dans les années 80 pour proposer une bande d’action sans temps mort, avec même un climax fort bien soutenu. Les deux gros atouts de Lone Wolf Mc Quade sont d’abord la bande originale de Fransisco de Masi (dont le thème pompe une partition d’Ennio Morricone) mais surtout la présence en tant que méchant de Mr Kung-fu lui-même, David Carradine. Pour un choc de titans (remarquez cependant que je n’ai volontairement pas mis de majuscule à titans), Lone Wolf Mc Quade avait de quoi attirer le spectateur dans les salles tant, effectivement, le nom de David Carradine était associé aux arts martiaux. Si les chorégraphies du grand final démontrent clairement les limites des deux opposants, on peut néanmoins considérer Lone Wolf Mc Quade comme le meilleur film de sa star.

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Les années 80 sont donc celle du succès pour notre star barbue avec les Portés disparus (bof), Invasion U.S.A (bof et fascisant) ou encore Delta Force (bof, fascisant mais très bien réalisé par Menahem Golan). De gros succès, bien moins cependant que ceux d’Arnold ou de Sylvester, mais qui lui permettent définitivement d’asseoir son statut auprès du grand public et des grands médias. Chuck, voulant se doter d’une image d’acteur, a voulu montre à son audience son humour (le temple d’or, un échec artistique et pas rigolo) ou la vulnérabilité (Héros, un échec mais assez rigolo dans la démarche). Mais Cannon boit donc la tasse en 1987 et notre Chuck doit donc sauver la firme avec Delta force 2. Poussif, pas terrible, totalement dédié vers sa personne, Delta force 2 boit la tasse et flingue la franchise. Il est vrai que cette suite ne bénéficie ni de la présence de Lee Marvin (décédé en 1987), ni du talent à la réalisation de Menahem Golan.

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A noter que Chuck, rapidement dépassé par Jean-Claude Van Damme comme meilleur combattant occidental à l’écran, vit sa côte chuter vertigineusement au début des années 90.

 

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Les films de Chuck sont donc carrément dispensable avec le très sérieux et caricaturale  Hit Man, une sorte de punisher made in Chuck où ce dernier imite Steven Seagle…pour le pire ! Nous avons aussi le nullos Top Dog, qui vient longtemps après la vague des flics et leurs chiens, mais surtout l’hilarant Esprit de la forêt où Chuck touche le fond (du fond). Ce film, clairement destiné au public jeunesse, marqua d’ailleurs la fin pour quelques années de la participation de Chuck pour le cinéma. Qu’importe, il reste encore un créneau, la télévision, qui va s’avérer très lucratif pour notre star barbue !

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 07:39

 

L’après Cannon fut bien sûr très dur pour les cousins Golan et Globus qui ont du se quitter. La chute de la Cannon a révélé le vrai modèle économique de la firme. On monte un projet, puis on convainc les investisseurs de mettre la main au portefeuille et advienne que pourra ! Dans le milieu, on préfère, lorsqu'on exécute une prestation pour la Cannon, être payé par avance et en espèces ! Ou alors encaisser le chèque le plus vite possible !

De toute façon, la Cannon fut belle et bien broyée dans l'un des multiples et complexes montages financiers de Paretti et Fiorini.

La firme fut pratiquement dépouillée de tout actif, catalogue de films et immobilier, de toute réelle capacité de sortir ses productions au cinéma, aussi il ne lui resta plus guère que la vidéo…

 

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Menahem Golan tenta donc une nouvelle aventure, la 21st Century film corporation.

La 21st Century film corporation est une firme que Menahem Golan obtint en compensation de son départ volontaire de la direction de la Cannon films (où resta son cousin).

Ce dédommagement négocié avec Paretti fut assorti de quelques projets qui étaient en route déjà chez Cannon films. Menahem Golan obtint donc, par contrat, la version du Fantôme de l’opéra avec Robert Englund, auréolé par le succès de Freddy Krueger mais, encore une fois, ce film ne tint pas ses promesses en salles bien qu’il sortit en France, distribué par Gaumont.

 

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La 21st Century film corporation produisit comme film notable le remake de La nouvelle version de La nuit des morts vivants. Bien que le résultat fut très bon, cinématographiquement parlant, son réalisateur Tom Savini en parle encore comme un tournage de cauchemar avec des séquences entières qui lui étaient enlevées par les exécutifs à cause d’un budget, comme toujours avec Golan, revu chaque fois à la baisse avant le tournage…

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Une des très rares productions de la Cannon qui fut intéressante lors de cette période est le second film que l'acteur Jean-Claude Van Damme doit à la Cannon après avoir signé un contrat pour trois films avec cette firme (le premier étant Bloodsport et le troisième sera Coups pour coups).

Le budget était d'une grande modicité, on parle de 500.000 $, salaire de la star compris. Aussi JCVD demande le réalisateur Albert Pyun qui tourna dans des studios délabrés, avec très peu de moyens, mais pour un maxi-résultat à l'écran dans cette très intéressante variation d'un western italien sauce mad max...

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Si Chuck Norris bénéficia d'un gros budget pour Delta Force 2, qui fut un flop, Van Damme et Albert Puyn se démenèrent comme des forçats pour un résultat plus qu'honorable qui fit un carton, peu en salles, mais qui fut incroyablement lucratif en location et à l'international...A noter que le titre de production de Cyborg fut Les maîtres de l'univers 2 car la volonté de donner une suite peu onéreuse au film de Dolph Lundgren fut très forte ! Il semblerait même que certains pays étrangers aient gardé ce titre !

 

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Ajoutons l’anecdotique Captain America qui, si il réunit un casting prestigieux en termes d’acteurs secondaires, semble désespérément manquer de moyens ce qui se ressent à tous les niveaux de ce film, porté à bout de bras par les efforts désespérés de son réalisateur, le pourtant très capable Albert Pyun.

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La raison ? Elle nous a été récemment dévoilée par son réalisateur, et relayée en France par l’excellent site Forgotten silver : le tournage a commencé sans budget et le producteur exécutif du film, en plein tournage, allait tenter de ramener l’argent en convaincant des investisseurs privés…Comment réussir un film dans de telles conditions ? Afin de rappeler quand même un élément capital du caractère flibustier de Menahem Golan, l’aspect financier de ses productions tient donc du grand écart avec la morale.

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Ainsi, sur le Black cat de Luigi Cozzi, pas grand monde ne fut payé…

La méthode de Golan consistait à diviser au maximum les droits des films (salles, vidéo, câbles, étrangers, merchandising…) à différents acheteurs afin de réunir par préventes le maximum d’argent.

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Ce type de montage, coutumier déjà à l’époque de la Cannon, plaça donc le projet Spider-Man dans un imbroglio que seule une faille dans contrat initial permit de l’extirper…

Anecdote amusante, il y eut même un film sur la Lambada qui connut un timide succès au box-office américain. Si fait que son cousin Yoram Globus en fit un lui aussi ! Et cette concurrence de fait les plaça même en  indélicatesse. Après le tout dernier Justicier dans la ville, le cinquième et ultime,  la 21st Century film corporation ferma à son tour ses portes malgré les efforts de Menahem Golan pour proposer des films strictement commerciaux, contrairement aux flamboyantes années Cannon, déjà lointaines, où le cinéma d’auteur était de mise…

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A partir de cette date, le parcours de Menahem Golan reste assez obscur tant les films qu’il proposait ne reposait que sur des affiches mal foutues, qui réunissaient tant bien que mal, des vieilles stars sur le déclin, dont le visage était maladroitement collé sur un corps musclé afin de rester sur le créneau du moment : le film d’action brute et méchant. Alors que Menahem Golan connut la folie des grandeurs, on le rencontrait alors sur un stand tout petit avec ses flyers pathétiques qui ne faisaient aucunement illusion…Une période de déche qui voyait logiquement la fin pour bonimenteur qui pouvait, naguère encore, monter un projet improbable de Godard signé sur un coin de table au Carlton à Cannes…

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 07:37

Cannon Films

L' année 1988  fut bel et bien celle du désastre pour la Cannon.

Pourtant, cette année fut celle d’un vrai carton arrivé un peu par hasard pour la firme, un certain Bloodsport avec une nouvelle star nommée Jean-Cl&aude Van Damme allait relancer très durablement le film d’arts martiaux à l'occidental pour des années à venir ! Notre firme vivote avec des projets initiés les années d’avant. L’heure est à la restructure, à l’arrivée de nouveaux partenaires financiers dans cette société largement faillitaire.

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Contre toute attente, cette reprise vint de France et d’une banque publique, le Crédit Lyonnais, qui investissait alors un peu à tout va, et surtout avec n’importe qui dont Gian Carlo Parretti et Florio Fiorini. Cet étrange duo, en fait des arnaqueurs de très haut vol, rachetèrent donc la société Cannon à Golan et Globus  (mais surtout leurs créanciers) pour 200 millions de $. Il ne s’agit que d’une étape dans le vaste plan de conquête de ce financier italien très controversé puisque son but demeure l’acquisition de la M.G.M. Entretemps, Gian Carlo Parretti vide la Cannon de son catalogue de films, certainement ses actifs les plus rentables, les revend, de même que toutes les infrastructures immobilières du groupe et, au bout de quelques mois, imbrique des montages immobiliers parmi les plus hasardeux qui soient. Ainsi une holding cache une multitude de holding et la comptabilité est noyé jusqu’à devenir nébuleuse.  

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 Paretti et Fiorini,  avec une style décomplexé, évinça la quasi-totalité de l’équipe économique et comptable de la firme mais en plus, Parretti nomma sa fille de 21 ans à un poste –probablement fictif- à hautes responsabilités. Son style de nabab ravageur, avec moult petites amies à qui il offrit des cadeaux somptueux, ou encore son train de vie démesuré ne l’empêcha pas d’acheter la M.G.M en 1990, afin de la dépouiller de son catalogue et de ses biens, mais le gouvernement français bloqua net sa ligne de crédit.

3999__x400_bloodsport_poster_01.jpg                     (Bloodsport, le seul véritable hit de la Cannon !)

 

Son petit empire se brisa net, les autorités de régulation américaines enquêtèrent, suivi par une plainte du Crédit lyonnais et notre nabab passa la décennie suivante à se défendre en vain lors de procès qui le mena en prison. La Cannon ne fut qu’une étape lors de sa courte mais tapageuse ascension et il fut estimé, à ce moment là, que le catalogue historique de notre firme ne valait finalement pas grand-chose…

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Pour la M.GM, aucun film ou presque ne fut produit, voilà qui explique le hiatus de 6 années entre les James Bond interprétés par Timothy Dalton et ceux de Pierce Brosman. Une triste fin pour cette firme pour laquelle ses deux dirigeants plaçaient de si grands et démesurés espoirs. On estime la fin définitive de la Cannon group en 1994.

 

Published by Bastien Ayala
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