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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:23

Jerry Ordway a obtenu quelque chose de la part du staff de DC qui avait été refusé jusque là : les pleins pouvoirs créatifs sur l’utilisation de tous les personnages ayant trait avec l’univers venant du catalogue Fawcett de l’éditeur historique de Captain Marvel. A charge pour notre artiste, seul maître à bord du titre, d’orchestrer avec inspiration et cohérence notre personnage principale, accompagné bien sûr de ses déclinaisons que sont sa sœur Mary Marvel ainsi que Captain Marvel Jr. Si ses personnages font donc leur première apparition « officielle » dans la « continuité » post-Crisis, nous les avons cependant déjà vus ici ou là dans les grands crossovers de la firme. Tant pis, une fois de plus, si le serpent de la continuité se mord la queue chez cet éditeur. Les personnages secondaires, tout comme les ennemis, sont aussi appelés à être redéfinis, revamper et rebooter, ce qui constitue définitivement une entreprise de taille !


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Le premier numéro de janvier 1995 débute avec une superbe couverture et cette immanquable phrase de lancement : « Say the world, feel the power ! ». Sous cet ornement de prestige, l’histoire voit donc Billy intégrer l’univers de Fawcett, sa ville comme reporter de la radio. A ce titre, il enquête dans une étrange affaire qui le mène à une party où le danger va se manifester très tôt. Bien que ce résumé soit succinct, il vous permet de juger que ce premier numéro de Power of Shazam est loin d’être trépident, surtout après l’acmé que représentait le graphic novel sortit l’année dernière. Les personnages, Billy Baston comme son alter ego sont de faible consistance et il ne se passe grand-chose, des aventures presque ordinaires pour celui qui doit jouer dans la cour des très grands.

 

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Toutefois, l’intrigue se poursuit et permet au héros de faire revenir sa sœur, Mary, dont l’incarnation dans la famille Marvel est l'enveloppe physique de sa mère (et oui !). Nous avons également le droit aux retours d’ennemis comme ce Captain Nazi (n’aurait-il pas été préférable de laisser ce personnage là où il était tant le nazisme est hélas quelque chose de trop sérieux ?), qui handicape gravement le personnage de Freddy Freeman. Afin de tenter de réparer partiellement cela, Captain Marvel fera don d’une partie de ses pouvoirs à Freddy pour qu’il puisse se transformer en Captain Marvel Jr…

 

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La famille Marvel est donc au complet et elle peut se mesurer à sa cohorte d’ennemis qui commence à reprendre forme jusqu’à inclure un sorcier Satanus, ennemi de Superman qui priva ce dernier, grâce à l’inspiration de Marv Wolfman au début des années 80, d’une partie de ses pouvoirs. Cet ennemi est désormais lié à l’histoire des Marvel puisque sa sœur Blaze eut une liaison avec le sorcier Shazam ! Une bonne idée, tout comme celle d’intégrer à nouveau les personnages de l’âge d’or Bulletman & Bulletgirl, ceux de la Fawcett, tout comme des apparitions de Minute man ou encore Spysmasher, personnage oublié dont on dit que le serial fut particulièrement nerveux !

 

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L’interaction du titre avec à la fois les personnages phares de la firme est donc scellée dans le titre. Nous voyons donc Batman, Superman pour une énième figure imposée de confrontation, la JLA qui avait repris du poil de la bête grâce à Grant Morrison et Howard Porter. Mentionnons également les habituels crossovers de la firme qui englobait alors tous les titres de la frime comme Final Night ou encore DC one million. Notre Captain était partout et, enfin, fort bien intégré ! Bref, la direction du titre présentait des idées mais…est-ce que celles-ci étaient en définitif convaincantes ?

 

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Il convient d’être honnête, même pour un fan, la lecture du titre Power of Shazam ! n’est ni trépidante, ni palpitante ! Les numéros se succèdent dans un ton bien gentillet qui ne fait pas du titre l’un des plus indispensables du moment. Il manque une réelle énergie, un sens du rythme et des coups de théâtre nécessaires pour donner une vision, une ampleur à ce titre. Et bien que brillant cover artist, Jerry Ordway échoue à retranscrire une vision suffisamment haletante, comme le ferait volontiers un Geoff Johns par exemple.

 

 

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Si les numéros de Power of Shazam ! se succèdent, il convient de statuer que les histoires sont molles, bien que des bonnes idées émaillent ici ou là le titre (Sivana et ses vers, le retour de Mr Mind, un ton délicieusement rétro) mais cela n’est pas assez et entraîne un tassement des ventes du titre. En plus, si les couvertures furent parmi les meilleures de ces années-là, l’intérieur dû à Peter Krause et à l’encreur Mike Manley est là encore assez peu enthousiasment, surtout par rapport aux cadors de la professions qu’étaient à l’époque George Perez, Jim Lee ou encore John Byrne bien que ce dernier était déjà moins convaincant que dans les années 80. Bref, le titre Power of Shazam ! ronronne, et on sent la volonté de DC de sauver le titre d’une lente mais inéluctable annulation.

 

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  (l'amusant retour de Hoppy, le super animal qui, comme Super-souris  ou encore Atomic mouse eut son propre titre en 1945 !)

 


Ce fut donc le retour de Jerry Ordway comme artiste à tous les postes créatifs du titre, au numéro 42 de la série. Si cela a sur le moment de quoi faire saliver le lecteur attentif du titre, il faut quand même garder en mémoire que l’artiste a mis plusieurs mois pour réaliser les intérieurs du graphic novel éponyme de la série…Il ne pourra donc que faire au mieux, c’est-à-dire du standard puisque la cadence mensuelle n’est pas assez pour un artiste à sa mesure.

 

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De toute façon, cela est trop tard puisque l’attrait initial des lecteurs sur la série a fondu comme neige au soleil et le titre s’éteint au début de l’année 1999, au numéro 47, dans une polie indifférence…

 

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Si l’apport de Jerry Ordway sur ce grand personnage reste indéniable, il n’aura cependant pas su faire briller l’aura de Captain Marvel au-delà du superbe graphic novel, ce qui constitue quand même une grande occasion ratée. Ordway est un des meilleurs artistes des comics, certes, quoique reconnu par la majorité du public des comics, mais il n’a pas su égaler la performance de dessinateurs, citons Frank Miller, John Byrne ou encore George Perez, qui se sont également révélés talentueux et performant aux scénarii de leurs séries. Mais d’autres scénaristes ont remarqué cette nouvelle impulsion dédiée au personnage et, étrangement, Captain Marvel bénéficiera d’un traitement spécial hors des pages de sa série principale. Ses moments de gloire vont raisonner tels des éclairs dans le ciel !

 

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Published by Bastien Ayala
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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 15:10

Si pratiquement tous les héros les plus importants de DC comics connurent un moment de grâce après Crisis en 1986, au grès de redéfinitions souvent heureuses, seul Captain Marvel a connu une mini-série assez médiocre qui, en plus de repartir sur des bases faiblement inspirées, n’a pas permis au personnage de redevenir attractif ni même d’avoir à nouveau sa série…Une malédiction pour ce grand personnage un temps plus vendeur que Superman lui-même ? Peut-être. Mais il suffit parfois d’un grand auteur avec une vision pour que cet état de fait cesse enfin. Et cet auteur se nomme Jerry Ordway.

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Dessinateur qui intégra DC comics au début dés années 80, Jerry Ordway s’imposa assez rapidement comme un dessinateur au trait sûr et remarqué qui monta progressivement en importance et en influence. Si bien que pour la relance de Superman après Crisis, on pensa à lui à lui comme dessinateur régulier d’Adventures of Superman, l’autre artiste du titre Superman était alors la super star John Byrne, qui était indiscutablement une très grande et une des meilleurs stars des comics. Associé à l’écriture avec Marv Wolfman, Jerry Ordway finit par obtenir le poste de scénariste d’Adventures of Superman, quoiqu’il fut écrit ici ou là qu’il finit par se lasser du titre comme du personnage. Il semblerait d’ailleurs que ce soit lui qui, lors d’une des réunions annuelles de planification des histoires à venir sur les titres de Superman, qui ait proposé de le tuer. Cette suggestion fit certes rire, un temps, puis elle fut sérieusement envisager pour proposer à ce jour sans doute la saga la plus sensationnelle de Superman, à savoir sa mort, ses funérailles, ses successeurs puis son retour.

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Après cela, Jerry Ordway quitta un temps DC comics, sans doute lassé des méthodes de travail un rien figées tout comme du personnage phare de la firme. Il se lança alors avec son collègue Allen Milgrom chez Image comics, éditeur alors en plein boom fantastique de l’édition, pour proposer un  personnage dans l’air du temps d’alors, c'est-à-dire Wildstar. Wildstar était un super héros alors moderne, comprenez violent et sans concession, destiné à des aventures tonitruantes et très visuelles. Malgré le quota gore du titre, WildStar ne connut pas de véritable succès et Jerry Ordway fut accueilli par le staff de DC, qui était sans doute content de le revoir dans un marché d’alors où les talents de cette firme connaissent une véritable hémorragie vers d’autres éditeurs, Image comme Vaillant, afin de trouver des titres plus sensationnels.

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Il fut alors proposé à Jerry Ordway un challenge assez intéressant : reprendre en main Captain Marvel, le rebooter afin de lui offrir une origine réellement convaincante.  Jerry Ordway accepta le challenge, dessins et scénario pour sans doute ce qui restera le moment incontournable du personnage. La gestion de ce dur labeur prit pas mal de temps à notre artiste. Non seulement ce graphic novel était long de 96 pages, mais en plus, Jerry Ordway améliora considérablement le rendu de son travail pour se hisser graphiquement à un niveau graphique époustouflant. L’audience du personnage, qui était dans l’attente de la sortie du livre, n’eut le droit qu’à des posters promotionnels pour patienter avant la sortie définitive qui se fit alors attendre…

 

 

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Power of Shazam sortit enfin et nul ne peut dire qu’il fût déçu !

Le nouveau traitement du personnage reprend donc les fondamentaux du personnage tels qu’il fut conçu en 1940. Les Baston et leur fille Mary explorent une tombe égyptienne avec l’aide de leur guide Thet-Adam. Arrivé à terme de leur entreprise, les parents Baston et Thet-Adam découvre une tombe avec un collier bleu en forme de scarabée. Thet-Adam, travaillant en fait pour le Dr Sivana, tue alors Mr Baston, puis sa femme, avant de redevenir Black Adam. Quelques temps plus tard, le jeune Billy Baston, vendeur de journaux à la criée et orphelin, est abordé par un mystérieux inconnu qui l’intime de le suivre dans le métro. Monté dans une rame de métro magique, il arrive dans la caverne d’un vieux magicien, Shazam, qui lui offre ses pouvoirs ainsi qu’une mission : devenir le champion du bien pour défaire Black Adam.

 

 

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Une histoire simple et efficace, qui penche pas mal du côté des contes de notre enfance, emprunt d’une grande majestuosité graphique, c’est cela que nous propose ce Power of Shazam. L’histoire est convaincante, nous avons enfin un auteur qui s’est attaché à rendre justice à la fois à la candeur du personnage mais aussi à l’âme de l’œuvre originale pour nous proposer une modernisation qui n’en est pas vraiment une. Il s’agirait en effet davantage d’un remake mais, si l’action est bien sensée se dérouler dans les années 90, l’environnement graphique ne cesse de rendre hommage à la décoration, l’environnement, à la mode des années 40. Anecdote savoureuse, quand Captain Marvel et Black Adam s’affrontent, ils traversent brièvement l’étage d’un immeuble de part en part où l’incarnation de…Bettie Page pose pour une séance de photographies coquines ! Un clin d’œil parmi d’autres mais pas la moins savoureuse !

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La fin de l’histoire de Power of Shazam permet de faire progresser le mythe, d’expliquer pourquoi notre héros a l’apparence du père de Billy Batson. La conclusion offre également une belle explication en ce qui concerne l’inconnu du début que suit Billy dans le métro et qui permet définitivement à Power of Shazam de basculer vers le conte teinté de poésie. En définitif, si l’attente fut longue en ce qui concerne la parution de ce graphic novel, certainement l’un des tous meilleurs de DC comics, on peut sans se tromper conclure que Captain Marvel a eu, enfin, son moment de grâce par un auteur qui s’est révéler tant au point de vue graphique que scénaristique.En effet, Jerry Ordway s'est mis à la peinture et le résultat, un rien annonciateur de l'arrivée d'Alex Ross, demeure somptueux tout le long de ces 96 pages...

 

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L’échec de sa première reprise post Crisis a été soldé et le personnage repart enfin sur des bases solides. Justement, le staff de DC comics a bien prévu les choses puisque une série régulière, enfin et après plus de 20 ans, est enfin prévue avec Jerry Ordway aux couvertures et aux scénarii. Elle se nomme tout naturellement Power of Shazam ! Mais est-ce que Jerry Ordway fera aussi bien que cet essai si concluant ?...

 


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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 14:32

Aquaman souffre d’un vrai paradoxe depuis sa création en 1941 : le personnage est incontestablement une des 7 plus grandes icônes de Dc mais son titre mensuel n’a que rarement été intéressant et sa série n’a guère marqué les esprits.

 

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Comme décrit dans un précèdent article, un des tous premiers du blog, ses aventures furent pendant longtemps d’aimables bluettes qui baignent dans une douce innocuité et un conformité qui ne sont que guère trépidantes.

Le personnage paraît sortir d’un conte : une sirène vient troubler la vie d’ermite de John Curry, un gardien de phare. Ils ont un enfant qui a tous les dons, Arthur qui deviendra plus tard  le roi d’un royaume sous-marin !

S’en suivront péripéties dignes d’un Hanna Barbera qui iront remplir sa revue le temps de 17 pages, mais tout redeviendra normal pour le sourire final d’usage.

Aquaman, le roi Arthur donc (nouvel élément inspiré des légendes), aura quand même sa petite galerie d’ennemis dont se détachent Black Manta (un scientifique noir qui veut asservir le royaume sous-marin) et Orin.

Orin est le premier fils de John Curry qui jalouse les dons innés d’Arthur. Il devient par dépit criminel puis se confectionne une identité de super vilain pour devenir de plus en plus puissant et redoutable afin de solder sa rancune de toujours avec son demi-frère.

 

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Les décennies passent, de même que les auteurs. Je retiendrais quand même Steve Skeates et Jim Aparo vers la fin des 60’ qui ont livré de belles aventures mais l’ensemble ne rivalise pas avec de solides histoires de Marvel de la même époque.A noter quand même un double épisode qui fut un cross over avec le titre Deadman dont le dessinateur était alors...le grand Neal Adams.

Excellent double épisode, ce cross over un peu oublié par les critiques est quand même un modèle de continuité. Il est d'ailleurs paru en France dans le pocket d'Artima Aventures & fiction, le numéro 51.

 

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Le personnage est cependant familier au grand public, il demeure dans les adaptations de dessins animés (vers 1967 il me semble) type Superfrends et aura même un temps son propre

Cartoon. Il n’y aura donc rien de déviant ou de subversif dans ce personnage ultra boy-scout toujours prêt à aider les gardes côtes contre de méchants trafiquants, luttant contre ses ennemis, le tout sans de se départir d’une bonne petite leçon de morale finale (tiens, c’est le même ton que l’ignoble prestation de David Hasseloff dans Baywatch).

Aquaman aura même sa poupée Mego et sera représentatif des personnages les plus reconnus de DC, une vedette plutôt qu’une star en quelque sorte.

 

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Mais les années 70’ seront plus sombres pour notre héros, époux d’une superbe sirène nommée Mera et père de Arthur jr, petit bambin blondinet et Wasp comme papa.

Son fils est enlevé par Black Manta puis tué par celui-ci.

Le choc est brutal pour Aquaman, l’aspect gentillet de la prudente série vole en éclats et des problèmes psychologiques le minent. Qui a dit que les années 80’ étaient l’origine de la période sombre et réaliste ?


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Donc le personnage acquiert une réelle personnalité, se coupe de sa femme et devient moins parfait. Le temps d’une réelle caractérisation est prêt pour lui.


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En 1986, un jeune éditeur parvient à imposer une mini série en quatre parties sur Aquaman, il sera aidé au dessin d’un artiste qui me laissa depuis la première lecture une très forte impression : Craig Hamilton.

Aquaman vit avec ses problèmes psychologiques plus ou moins loin de son épouse Mera. Il subit l’attaque de son demi-frère Orin qui semble avoir décuplé ses pouvoirs et qui vaut absolument en finir avec lui, après l’avoir crucifié !

Orin a en fait trouvé les gemmes de pouvoir du sorcier atlante Orion et sa perpétuelle revanche va pouvoir s’exercer contre Arthur, qu’il jalouse depuis l’enfance.

Arthur va devoir trouver de nouvelles ressources puis affronter son frère dans un combat psychique.

Relaté tel quel, il ne semble rien se passé de très extraordinaire par rapport aux autres comics lambda, et bien je vous incite fortement à lire la série pour les talents de conteur de Pozner, qui conjuguent une adroite caractérisation et une approche psychologique des deux frères très émouvante.

De plus, les dessins de Craig Hamilton touchent  selon moi au sublime grâce à un trait et un style emplis de grâce. Il retranscrit avec grâce à nous livrer les écumes, des tourbillons par un style très poétique dont seul Larry Strotman pourrait s’approcher. Ses dessins sont poétiques, ils intiment à un souffle, une vision. J’aimerias bien lire une illustration de Craig Hamilton d’un poème de Rimbaud.

 

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On a eu la chance d’avoir ces aventures en France dans la revue Vengeurs chez Arédit (en fait , que du DC) et l’intégralité fut traduit dans les numéros 9 à 12.

On appelle également cette série la période « bleue » d’Aquaman qui ne gardera pas son costume marin.

 

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Curieusement, Hamilton n’aura pas la carrière d’un Mignola  (lui aussi aura aboutit à un style personnel et puissant) ou même à Mike Kaluta. Je n’ai retrouvé de traces de Craig Hamilton que dans l’encrage de la très bonne série de Vertigo Fables. Quel dommage !

 

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(A noter qu'Alan Davis, fan du personnage depuis ses jeunes années, devait et voulait dessiner initialement cette mini-série. Mais l'équipe éditoriale de DC comics, Denny O'Neil en tête, voulait absolument qu'il fût sur Batman year 2 ! Dégoûté, Alan Davis préféra alors la proposition de Chris Claremont pour lancer ensemble un nouveau titre X chez Marvel : Excalibur !).

 

 


Quand à Neal Pozner, le destin est bien plus triste. Neal était éditeur détaché à la prospection des jeunes talents. Il a ainsi révélé quelques talents dont vous avez peut-être entendu parler : Gen Ha, Travis Charest, Stuart Immonen et Phil Jimmenez. Qui dit mieux ?

Il s’agit d’un des rares cas où un éditeur ait de réelles qualités en tant que scénariste mais je ne lui connais que cet essai. Neal est mort du sida en 1994…

 

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Etrangement, cette mini série n’aura pas le succès critique ou public à laquelle elle était pourtant en droit de prétendre.  Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer mais c’est ainsi… Toutefois, elle a conquis une poignée de fans encore nostalgique de l'exceptionnelle qualité de cette mini-série.

Ce fut donc le coup d'éclat d'Aquaman et, après une autre tentative peu probante, un certain Peter David essaya de faire un travail de rénovation sur une longue série de plus de 75 numéros.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 06:39

Film datant de 1979, Le Trou noir est une production de Walt Disney qui, sous l’impulsion de STAR WARS et comme nombre de ses confrères américains ou même italiens, se met subitement à la science fiction.
Production ambitieuse, qui s’adresse en premier lieu au public des enfants, Le trou noir traine une mauvaise réputation de film qui ne convainc pas malgré un casting convainquant, un budget élevé et un sous-texte assez intéressant quoiqu’un peu crypté. C’est toujours un plaisir, ici au Royaume des avis, que d’aller défendre un film qui traine une faible réputation ou qui a été mésestimé. J’espère donc que cette critique du Trou noir saura vous convaincre de réévaluer ou alors de découvrir ce film au propos pourtant ambitieux.



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En 2130, le vaisseau spatial USS Palomino revient d’une mission intersidérale qui avait pour objet de découvrir des mondes habitables à coloniser. Avec à son bord cinq humains, dont un journaliste, et un robot mutli-fonction du nom de Vincent, le vaisseau croise le chemin d’un trou noir aux proportions fantastiques, peut-être même le plus gigantesque jamais répertorié.

 

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En outre, les systèmes de l’USS Palomino détecte un autre objet tout aussi improbable, le vaisseau spatial Cygnus qui a disparu quelques vingt années auparavant.
Le Cygnus, alors le plus gros et le plus couteux vaisseau d’exploration, avait alors reçu l’ordre de revenir sur terre mais il aurait inexplicablement disparu, probablement détruit par une cause inconnue.
Mais le Cygnus se tient bien là, devant eux, et il défie de manière inexplicable la gigantesque force d’attraction du trou noir. Aussi le Palomino se doit d’aller sonder le Cygnus, qui semble effectivement et à premier abord vide et désert. Mais le Palomino est soumis à la force du trou noir et il manque de très peu d’être aspiré par ce phénomène stellaire hors norme.

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Subitement, le Cygnus s’illumine et notre petit vaisseau, un nain à côté de ce monstre de métal, s’arrime à lui. L’équipage rencontre donc l’illustre professeur Hans Reinhardt, seul survivant de l’équipage du Cygnus qui vivrait seul accompagné de ses robots. Le professeur leur explique que son équipage était reparti vers la terre mais que celui-ci a dû hélas se perdre. Il explique à ses nouveaux invités qu’il était resté pour accomplir une mission supérieure : défier la force incommensurable du trou noir en l’explorant au nom de la science qu’il s’apprête à révolutionner.

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Le Capitaine de l’USS Palomino, joué par Anthony Perkins, est fasciné par les avancées révolutionnaire du professeur et il est magnifié par le périple qui consiste à explorer le trou noir. Mais son second, joué par Robert Foster, est plus dubitatif.
Où est réellement passé l’ancien équipage du Cygnus ?
Pourquoi y-a-t-il des robots soldats et surtout, à quoi sert le robot rouge extrêmement menaçant nommé Maximilian ?

 

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C’est donc en fouillant un peu et en trompant la vigilance des robots que le Capitaine et La Doctoresse MacKae, justement la fille d’un des anciens membres de l’équipage, découvrent que l’ancien équipage est bien là, réduit à l’état de serviteurs sans âmes qui s’occupent des commandes du vaisseau aux côtés du professeur.
Réalisant l’ampleur du piège et la folie de Reinhardt, l’équipage se doit donc de partir en toute hâte, sans éveiller les soupçons du professeur illuminé, d’autant plus qu’il s’apprête justement à plonger dans le trou noir avec le Cygnus…

 

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Le Trou noir est un film qui a sévèrement déçu les fans de S.F.
C’est un film qui n’est que faiblement considéré, certains de ses effets spéciaux, ceux qui touchent aux robots, sont dans l’ensemble raillés et l’histoire est considérée comme un rien enfantine, assez faible.
Pourtant, Le trou noir était une grosse production de la firme dédiée aux enfants, qui a d’ailleurs inauguré le studio Buena vista, et qui s’était offert un casting ambitieux avec Anthony Perkins, Ernest Borgnine ou encore Robert Forster (acteur à la carrière intéressante que Tarantino a remis au premier plan avec JACKIE BROWN).

N'oublions pas aussi la fabuleuse musique de John Barry qui composa pour trois films "spatiaux" pendant une courte période : MOONRAKER, LE TROU NOIR et STARCRASH !
Le trou noir, qui visait les recettes de STAR WARS ou alors du film STAR STEK,  rapporta aux U.S.A 35 millions de dollars pour un budget de 20. Il est vrai que la bande annonce américaine est une des plus faibles et des moins engageantes que j’ai pu voir, surtout en comparaison du film !
Pourtant, à y regarder de plus prés, Le trou noir présente une histoire qui est très ambitieuse par certains aspects.

 

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Tout d’abord le trou noir !
Elément du décor, monstre stellaire qui menace à tout instant de tout engloutir, ou encore passage vers un inconnu plein de promesses qu’il faut avoir la folie de franchir, notre trou noir est bien là, en permanence, et il représente un abîme effrayant qui place spatialement tous les protagonistes dans le plus grand péril.
Certes, il y a bien quelques grosses anomalies (dont un météor rentre dans le Cygnus, faisant face à nos héros se trouvant sur une passerelle sans les consumer) mais les effets spéciaux du trou noir sont, quand à eux, splendides et ils immérgent sans problème le spectateur dans une vision somme toute assez rare de l’espace, du lointain, qui conjugue une certaine splendeur teintée de frayeur.

 

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L’autre élément assez intéressant, pour le peu que l’on se donne la peine d’analyser Le trou noir avec un effort assez fourni, demeure le second niveau de l’histoire qui demeure teintée de sous-textes et d‘éléments ayant trait à la religion chrétienne.
En effet, le Cygnus, vaisseau de toute beauté, n'est-il pas autre chose qu’une cathédrale dans l’espace ? Regardez-le sous cet angle, et vous verrez que nombre d’éléments dans Le trou noir fonctionnent avec un second degré de lecture.

 

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Notre Professeur Reinhardt porte un costume rouge, celui du diable, tandis que les membres de notre équipage du Palomino porte, pour la plupart, des costumes blancs. Heureux hasard, ce sont ceux qui ne succombent pas à la tentation et qui pourront, peut-être, survivre à cette grande épreuve.
Revenons à peu à ce robot à la présence assez forte et aux pulsions homicides, Maximilien…Non seulement il est de couleur rouge ocre, mais il a un plus un faisceau rouge lumineux à la place des yeux qui pourrait quelque peu rappeler... le diable ?!

 

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Beaucoup de chose, dans Le trou noir, fonctionnent ainsi et la fin, la plongée accidentelle dans le trou noir vient confirmer ce second degré de lecture.
Je suspecte très fortement que le script initial du film allait dans cette direction mais que les producteurs du film ont édulcoré l’ensemble pour inclure des éléments rappelant le film de George Lucas à destination des enfants. A ce stade d'analyse, on peut parier que le script initital était réellement à destination des adultes, peut-être dans la même veine que 2001 de S.Kubrick, et qu'il fut expurgé de son propos initial afin de greffer cette lutte de robots alors considérée comme si populaire et si lucrative. Ainsi, Le trou noir serait passé de script adultes à film pour enfants !

 

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Film binaire recalibré à l'intention d'une jeune audience, Le trou noir demeure quand même à reconsidérer afin d’oublier quelque peu les séquences un peu simpliste afin de considérer le film sous son angle le plus sérieux, et le plus captivant.


Certes, des séquences entières sont dédiées à l’action, guère déplaisantes, afin de remplir le cahier des charges et mais, au final, Le trou noir renoue avec les grandes ambitions de la Science Fiction : projeter l’homme dans le futur, proposer une vision de l’espace et s’interroger sur les choses inconnues qu’il devra affronter.

 

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S’adressant d’abord aux enfants mais également aux esprits curieux des adultes, Le trou noir mérite à mon sens une réhabilitation. Cela pourrait d'ailleurs se produire dans un proche avenir puisque, après le succès du remake de Tron, on parle donc d’un remake du trou noir.

 

Est-ce que cette version gardera le sous-texte de l’œuvre originale, même y puiser au script initial ou elle ne sera qu’un spectacle pour enfants et adolescents ? A voir…

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 12:46

C’est assez fatigué que je prends cette pause, qui n’était pas prévue, et qui décale la fin des articles du Prisonnier et de Captain Marvel/Shazam ! Le blog doit bel et bien prendre fin cette année, j’avais dans un premier temps justement prévu la fin du mois de juin pour poser un point définitif à une parution aussi régulière, mais j’ai un peu de mal à stopper l’aventure… 

Je reprendrai donc pour quelques mois en septembre, en espérant que l’envie sera toujours là, mais je ne pense pas dépasser la fin de l’année. 

Il y a cependant et hélas toujours des thèmes intéressants à traiter, à partager, et je pense pas mal à la série des Panthères roses de Black Edwards/Peter Sellers ou encore la JLA de Grant Morrison…

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En attendant, je vous suggère de fréquenter d’autres sites de contenu tels que Comics from Mars (des critiques toujours exigentes sur les comics modernes, ce que je ne fais quasiment jamais)  ou Ici, je suis ailleurs (des thèmes ou sujets traités par Artémus Dada, l'une des plumes les plus attrayantes du net ! Mais qui se cache derrière ce pseudo ?), qui sont chacun très intéressant dans leur partie respective, d’ailleurs bien différentes de ce que vous pouvez trouver ici, mais encore d’autres sites/blog que je ne connais pas et qui font la richesse de la toile !

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J’en profite également pour saluer la mémoire du très grand compositeur John Barry, qui nous a quittés le 30 janvier de cette année.

Compositeur d’exception, John Barry est né en Angleterre où il a appris la musique très tôt grâce à son entourage familial qui a décelé et encouragé son don. Au terme de son armée, John Barry a fondé le John Barry seven, premier groupe musical résolument tourné vers le jazz, sa grande passion d’alors et influence principale. 

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John Barry n’a jamais cessé d’apprendre, que ce soit dans des domaines musicaux variés tels que le jazz, des tubes musicaux de l’époque bien qu’il ait « manqué » la vague pop et beat des années 60 qui ont tout ravagé sur leur passage et quelque peu ringardisé instantanément les musiciens de la décennie précédente…

Mais John Barry, au sein de la BBC, s’est surtout initié dés la fin des années 50 à l’arrangement musical, surtout en ce qui concerne les images, et c’est là qu’il rentra dans la légende.

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Un nouveau créneau s’ouvrit alors à lui, celui d’arrangeur mais surtout compositeur de musiques de films. Il signa donc en 1960 la bande originale de Beat girl puis, au terme de seulement quelques compositions, il fut repéré puis appelé par les producteurs, Harry Saltzman et Albert Broccoli, qui s’étaient associés afin de produire sur grand écran le personnage de James Bond d’après les romans de Ian Fleming qui étaient alors des succès littéraires.

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Associés au sein de Danjaq, Harry Slatzman et Albert Broccoli bénéficiaient d’un savoir-faire assez élevé grâce au talent de producteur du second. Pour la mise en chantier de James Bond contre Dr No, Danjaq bénéficia des solides décorateurs que Broccoli, au paravent associé avec Irwin Allen, collaborait souvent au sein de sa société de production Warwick films. 

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Quand la production de James Bond contre Dr No débuta, ce furent les talents efficaces et déjà rodés de Warwick films qui donnèrent à ce film un déjà très grand professionnalisme, dont le fameux et très efficace Richard Maibaum au scénario et le raffiné Terence Young à la réalisation, dont il fut dit qu’il codifia le personnage de l’agent secret raffiné avec Sean Connery qu’il sut adapter au rôle.

 

Mais en ce qui concerne la musique, cela n’allait tout simplement pas !

Le compositeur alors engagé se nomme Monty Norman, alors connu pour la composition de musiques diverses dont des comédies musicales et, également, des musiques exotiques. Justement, le score musicale de James Bond contre Dr No concerne la Jamaïque, lieu de l’action.

La bande originale du film est tout simplement fade, peu percutante, et elle épouse mal certaines scènes alors qu’elle est vouée à les dynamiser !

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Les producteurs appellent donc en urgence John Barry qui est chargé d’une mission de sauvetage. C’est donc dans l’urgence que John Barry réarrange le thème de James Bond, qui est depuis devenu un succès mondial tant il est percutant et peut s’apprécier comme l’un des très grands succès de la musique de films, tout simplement.

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A noter que c’est bel et bien Monty Norman qui touche les royalties de ce James Bond score qui est pourtant très, très, très éloigné de la composition originale de Monty Norman tant il est rehaussé à tous les niveaux. Malgré des procès, et à cause de seulement quelques notes qui se trouvent ici ou là, c’est Monty Norman qui conserve la paternité de ce morceau si fameux…

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Toutefois, John Barry n’a pas tout perdu en effectuant cette opération de sauvetage. Les producteurs, le public, les critiques, tout le monde reconnut alors son si grand talent et il devient alors le compositeur attitré des musiques de James Bond. Cette série cinématographique, rappelons-le, connut un succès inouï au cours des années 60 et façonna pour longtemps les films d’action modernes. John Barry fut alors au fait de sa gloire. Il collabora à moult autres musiques de films, parfois même à la télévision avec Amicalement vôtre (un très beau score), gagna deux oscars, et connut un succès immense jusqu’au début des années 90 où il se retira doucement, puisque son dernier James Bond fut Tuer n’est pas jouer, en 1987.

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Le style John Barry se résume par une mélodie orchestrale héritée d’un répertoire classique, certes, qui allie majestueusité et symphonie à un très haut niveau. Les films auxquels John Barry laissa son emprunte furent très importants, citons Zulu, Le trou noir, StarCrash, Danse avec les loups, Midnight cow-boys, King-Kong, Cotton Club…

A mon sens, John Barry n’était ni plus ni moins que le plus important musicien travaillant pour les musiques de films, derrière Ennio Moriconne. Je reste hélas étonné que les médias ne lui aient pas davantage rendu hommage lors de son décès, en début d’année, et surtout salué son immense talent, que seuls une poignée de personne atteignent chaque siècle…

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Jane Birkin, sa seconde épouse, expliqua souvent que si Serge Gainsbourg était très connu et apprécié en France, cela était aussi le cas avec John Barry, son premier mari ! 

 

Retour du Royaume des avis, donc, fin septembre/début octobre avec encore quelques nouveaux sujets du même acabit !

En attendant, excellent été à tous !

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 07:01

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Le Prisonnier fut donc diffusé en 1968 en Grande Bretagne. L’ouverture de la série, un modèle de concision, voit un agent secret qui se rend dans un organisme de renseignements officiels pour, après avoir eu une discussion orageuse avec son supérieur, lui claquer sa démission au nez. Alors que notre homme est rentré chez lui pour préparer ses affaires en toute hâte, un majordome l’endort grâce à une poudre subtilement glissée dans la serrure.

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Notre espion se réveille, se remet doucement. Il est bel et bien dans son appartement mais, quand il ouvre la fenêtre, il se trouve en réalité dans un endroit assez rétro. Alors qu’il tente de savoir pourquoi il se trouve là et quel est cet étrange endroit, on lui remet un badge no 6 et l’on exige de lui des informations. Il doit révéler pourquoi il a démissionné…

Tentant de s’échapper, refusant de répondre, notre homme dont l’identité n’avait pas été divulguée est rattrapé par une bulle blanche qui l’absorbe. On se rend alors compte qu’il n’aura de cesse de fuir de ce village, de cette prison pour espions.

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Ce premier épisode titré l’arrivée est diablement captivant.

Notre personnage, en même temps que nous, spectateurs, est pris dans une spirale qui le mène dans un endroit, hautement improbable, dont nous découvrons toutes les bizarreries en même temps que lui. Tout parait artificiel dans ce Village, à commencer par le comportement de ces semblables qui paraissent soumis et résolus à suivre les règles qui régissent le Village. Car gare à ceux qui s’écartent du code de conduite, car le rôdeur, notre fameuse bulle blanche, l’enserra impitoyablement.

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Ce premier épisode, qui pose avec une grande efficacité les bases de la série, a été réalisé par le très efficace réalisateur Don Chaffey, le réalisateur de Jason et les argonautes ou Peter et le Dragon. La mise en scène est sèche, sans fioriture puisque les bases et les enjeux de la série, bien que celle-ci conserve plein de mystères qui font la richesse de l’intrigue, sont clairement posés.

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L’étrangeté du lieu, du fonctionnement, de l’organisation ainsi que son appartenance réelle – quelle puissance tire les ficelles ? Quel camp au juste – permet au spectateur de prendre part à l’énigme. Et elle ne fera que s’amplifier…

Le second épisode, Le carillon de Big Ben, permet également à l’intrigue de progresser.

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Alors que le Prisonnier, ou no 6, se perd en conjectures pour situer géographiquement le Village, il tente parvient à s’échapper au terme d’un jeu complexe. Il voyage dans une malle en se déplaçant pendant des jours et des nuits, ce qui vérifie son hypothèse initiale où il pensait être en Roumanie. Cela lui avait d’ailleurs permis d’estimer son fuseau horaire sur la Roumanie.  Arrivé finalement dans sa destination finale, toujours dans sa malle, il se trouve donc dans son bureau d’espionnage, où ses supérieurs s’inquiétaient justement de sa disparition. Alors que notre Prisonnier s’apprête à tout leur révéler, notamment le fameux motif de sa démission, il entend Big Ben sonner. Toutefois, en regardant brièvement et par réflexe sa montre, il se rend compte que l’heure de Big Ben indique exactement son heure initiale. Il réalise vite que le bureau de ses supérieurs, par ailleurs absents, est une supercherie. A nouveau, le piège se referme sur lui…

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Episode aux rouages complexes, Le carillon de Big ben met en évidence l’ingéniosité du scénario. Tous les moyens sont bons pour tromper la vigilance du no 6, notamment les coups les plus tordus. Notre héros ne peut se fier à pas grand monde, il manque de repères tangibles et l’ennemi a entamé une partie d’échecs incroyablement complexe…Tout ça pour apprendre pourquoi il a démissioné.

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Passons quelques épisodes, tous intéressants par ailleurs, notamment ce fameux Liberté pour tous qui met en scène des élections au Village qui seront de toute manière vides de sens, truquées, et sans effet aucun (une belle parodie de nos propres élections), ou encore de l’épisode nommé Double personnalité qui confronte le Prisonnier et son double, afin de lui ôter la parcelle de raison qui anime sa farouche résolution à ne pas se plier aux règles du Village, l’intrigue suit son cours avec toujours de nouvelles questions, avec un mystère renouvelé.

L’un de mes épisodes préférés est le septième, Le retour.

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Inexplicablement, no 6 voit le Village désert, sans habitant ni gardien. Il décide donc de vérifier ce qui se passe et, miraculeusement, il parvient à partir par la mer. Après un très pénible périple qui le fait dériver en bateau, il est recueilli par un petit navire et il parvient à regagner l’Angleterre. Il trouve cette fois ses vrais employeurs, leur déballe tout mais le problème de la localisation du Village, qui servirait à crédibiliser son récit, reste introuvable.

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En faisant des survols par avion, il parvient à le repérer mais le pilote, un anonyme par ailleurs, en profite pour l’éjecter. No 6 atterrit donc sur le sol et une habitante l’accueille avec un gâteau, agrémenté de bougies, en lui souhaitant un : « bon retour no 6 ! ».

Il s’agit certainement du plus perfide piège jamais élaboré !

Les épisodes se succèdent, ils sont au nombre de 17, et la volonté du no 6 de faiblit pas. Il est toujours à deux doigts, puis un, de s’évader, mais il est relégué vers l’échec. On sait juste que la clef de l’énigme se situe chez le fameux no 1, qui semble tirer toutes les ficelles, que l’enjeu reste toujours son secret, c’est-à-dire pourquoi le no 6 a démissionné et que la partie est toujours en cours.

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L’épisode final, le Dénouement, montre donc le Prisonnier vaincre le système. Il parvient à s’introduire chez le no 1. Ce dernier, qui porte un masque, s’enfuit dans une fusée ( !). Notre héros s’évade sans plus trouver de résistance, avec l’un des no 2 et un majordome nain. La route le mène dans une  nationale anglaise,  nous réalisons en même temps que lui que le Village se trouve contre toute attente en Angleterre et notre no 6 rentre à Londres sans que l’épisode ne délivre une explication, ne résolve le mystère…

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Lors de la diffusion de la série, en Grande Bretagne, l’attente fut telle que cet épisode fut perçu comme un véritable camouflet par le public. Non seulement le Dénouement ne propose aucune explication logique, mais en outre il finit pas un non-sens, par une absence de résolution. La réaction du public fut telle que Patrick McGoohan dut quitter en vitesse l’Angleterre tant il était menacé physiquement.

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Ainsi cet ovni télévisuel s’est clôt sans apporter des réponses, car mystères il y a. C’est d’ailleurs la très grande force de la série qui lui permet de transcender son support télévisuel pour s’apprécier en tant qu’œuvre…

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:58

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Je ne pouvais décemment pas omettre de traiter de la série télévisée Le Prisonnier dans le Royaume des avis. Œuvre culte, c'est-à-dire qui bénéficie encore et toujours d’une solide base de fans longtemps après sa réalisation, dont je ne doute absolument pas que de nouvelles générations présentes et futures viendront enrichir, Le Prisonnier est une œuvre à la fois puissante, fascinante tant le spectateur ne peut s’empêcher de deviser, longtemps après l’avoir vue, sur son sens et sa portée, sans avoir de réponse définitive. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à son homme orchestre, l’acteur créateur Patrick McGoohan, qui nous a quitté le 13 janvier 2009.

Patrick McGoohan était donc un acteur britannique né le 19 mars 1928 à New-York.

 

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Sa famille retourna peu de temps après sa naissance en Irlande. Après des emplois aussi divers que variés, tels que travailleur dans un élevage de poulets, employé de banque ou encore chauffeur de camion, Patrick McGoohan obtint un emploi de régisseur dans un théâtre où le métier d’acteur l’intéressa fortement. C’est en remplaçant au pied levé un acteur malade que McGoohan fit ses débuts d’acteur, se prit de passion pour cette discipline. Patrick McGoohan. Sa carrière semble s’amorcer réellement en 1955. L’une des prestations fut d’ailleurs vue par Orson Welles qui fut très impressionné, si bien qu’il l’engagea dans sa pièce de théâtre en cours. Au cinéma, Patrick McGoohan décrocha des engagements avec une importante société cinématographique de l’époque, la Ranks. Mais ce fut bien à la télévision qu’il acquit une notoriété. Après une distinction en 1959, il fut approché par le célèbre producteur et dirigeant d’ITC, Sir Lewis Grade, pour le rôle d’un espion dans Destination danger.

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Destination danger anticipe de très peu d’années la grande mouvance des années 60 à l’écran, que ce soit le petit ou le grand. En effet, James Bond fut presque le plus grand succès de la décennie et une cohorte d’espions envahit tous les médias de distraction populaire. Ironiquement, Destination danger commença en 1960.

John Drake est un espion au service de l’OTAN.

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Il préfère utiliser son intelligence plutôt que les armes. Le personnage est volontiers charismatique, déterminé, inflexible et un rien misogyne. Déjà, Patrick McGoohan s’empare dans les coulisses du personnage de John Drake pour le façonner selon ses aspirations et, surtout, l’éloigner d’un stéréotype proche de James Bond dans lequel presque tous les émules puiseront. Notre personnage n’aime pas tuer, est sévère tout en restant concentré sur sa mission. Destination danger sera un succès, surtout en Grande Bretagne, si bien que l’on considère que Patrick McGoohan fût la super star du petit écran britannique durant les années 60.

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Une fois que la série arriva à terme au début de l’année 1968, Lewis Grade et Patrick McGoohan s’activaient déjà dans les coulisses depuis un bon moment pour produire une autre série. La volonté d’ITC était certainement de répliquer le succès d’Opération danger, les visées de Patrick McGoohan était à coup sûr d’élever la série au rang d’œuvre en proposant effectivement une série ayant une base d’espionnage, c’est indéniable, mais en y injectant des degrés de lecture assez élevés, le tout servi par une vision assez époustouflante.

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Ce fut donc grâce au crédit de notre acteur vedette que Sir Lewis Grade débloqua un gros budget, accorda un  poste de producteur délégué à travers sa société de production de Patrick McGoohan et de larges moyens grâce aux préventes mondiales. C’est ainsi que l’une des œuvres les plus fabuleuses de fiction naquit.

L’idée initiale vient de Patrick McGoohan, qui avait entendu par une anecdote relative aux espions : pendant la Seconde Guerre Mondiale, certains espions trop bien informés auraient été mis au repos sous surveillance dans des maisons assez confortables !

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Ce fut probablement le déclic mais Patrick McGoohan s’adjoint les services d’un homme clef pour sa série, le romancier George Markstein. Allemand né en 1929, la famille de George Markstein émigra dans les années 30 avec sa famille pour fuir le nazisme. George Markstein est devenu journaliste, notamment dans des journaux à scandales pour se diriger vers la télévision, tout en écrivant en parallèle des livres d’espionnage, il a rejoint le pool des scénaristes de Destination danger.

George Markstein a largement contribué à l’élaboration du Prisonnier. Lui-même décrit que son tâche était assez proche d’un showrunner, c'est-à-dire celui qui fixe créativement les bases de la série, son ton et son orientation. Il est aussi celui qui choisit les techniciens comme les créatifs. Le problème réside dans le fait que mais Patrick McGoohan est également à la tête de la série !

La direction artistique du Prisonnier est également un élément clef de la série.

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Outre le cachet, les costumes des figurants qui rendent assez flou l’époque exacte de la série, ou plutôt antidatée, le lieu de tournage est indissociable du cachet de la série. Ce fut donc la fameuse, grâce à la série, ville de Portmeirion qui servit de cadre pour la Village. Située au nord du Pays de Galles, Portmeirion est un petit port de plaisance dont l’architecte Sir Clough William-Ellis décida de façonner comme une expérience architecturale en y dédiant une bonne partie de son existence puisque les travaux commencèrent en 1925 pour s’achever…en 1973 !

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Portmeirion servit donc de cadre décalé, un rien irréel et intemporel pour les errements du Prisonnier. Les principales bases de la série étaient donc posées pour planter le décor d’un étrange endroit dont l’évasion serait absolument impossible…

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:13

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Le relaunch de Captain Marvel en 1987 est, de l’avis de la critique et des fans, un échec.

La version de Roy Thomas, de même que les dessins de Tom Mandrake, ne convainc pas le moindre fan. Pourtant DC comics a enfin acheté le personnage et les droits de l’univers Shazam ! a Fawcett et il est plus que temps que de mettre fin à une situation erratique pour Captain Marvel. Si le personnage est bel et bien intégré à l’univers DC, il y a un flottement dans son origine de même que Miss Marvel et Captain Jr. Les personnages sont bien présents, ils interviennent de temps à autre, mais il ne faut pas trop regarder scrupuleusement la continuité des personnages et leur cohésion par rapport à DC comics. La firme historique se devait de reprendre la main. Elle se devait d’offrir enfin un traitement digne du troisième plus grand super héros de l’âge d’or.

Ce sera chose faite avec la participation active et passionné d’un nom du comics books qui laissera sa marque sur le personnage… Il s’agit de Jerry Ordway !

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Jerry Ordway était un enfant qui dévorait et adorait à la fois les comics mais aussi les super héros qui s’y débattaient. Jeune, il s’amusait à redessiner les personnages qu’il aimait tant, ceux de Marvel comics en l’occurrence et ironiquement. Après une formation de dessinateur classique dans sa ville de Milwaukee, il devint typographe mais l’envie de devenir dessinateur de comics, un grand pas restait quand même à franchir, le taraudait.

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Après quelques dessins publiés dans les fanzines, dont les premiers dataient de 1969, Jerry Ordway se rendit en 1980 à une recherche de nouveaux talents organisé par DC comics. Son trait plu, si bien qu’il eut une promesse de travail qui lui permit de poser un premier pied dans la firme alors en recul créatif et commercial par rapport à Marvel comics qui la devançait dans presque tous les domaines. Jerry Ordway alterna ses deux travails, mais il fut encreur à plein temps, ce fut la fonction qu’on lui assigna pour ses débuts, dés 1981.

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Puis, à travers des participations remarquées ici ou là et de plus en plus nombreuses, Jerry Ordway dessina L’ESCADRON DES ETOILES puis INFINITY INC, avec aux scenarii Roy Thomas, qui fut assez remarqué et dont un certain Todd MacFarlaine prit la relève. Jerry Ordway encra un temps John Byrne sur son excellent run des quatre fantastiques mais c’est surtout chez DC comics que notre artiste développa son talent.

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Jerry Ordway fut associé à George Perez pour le grandissime CRISIS ON INFINITE EARTH dont il encra les planches. Là-dessus, on lui confia la destiné graphique d’un des trois titres dédiés à Superman, sachant que John Byrne reprit à partir du numéro 1 le titre SUPERMAN et qu’il s’occupa aussi un temps d’ACTION COMICS. On peut donc convenir que la carrière de Jerry Ordway prit un essor assez rapide, sachant que la qualité de ses travaux fut saluée par ses pairs, qui le courtisaient en tant qu’encreur, mais aussi par les éditeurs qui le voyaient en tant que dessinateur très compétent !

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Outre sa participation à SECRET ORIGINS 1, qui reste l’un de ses travaux préférés, Jerry Ordway a aussi été retenu pour le graphic novel dédié au premier film de Batman, qui fut alors un méga carton  planétaire ! Mais Jerry Ordway, qui hérita à la fois des dessins mais aussi des scenarii suite au départ de Marv Wolfman, semblait quelque peu se lasser du personnage de Superman. On lui adjoint Tom Grummet, un nouveau au style prometteur et dynamique pour la partie graphique. Honnêtement, les titres Superman après le départ de John Byrne furent assez plats, tièdes et pour tout dire, médiocres…

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Le personnage était presque redevenu dans la situation qu’il avait connu avec CRISIS, c'est-à-dire terne et fastidieux à lire. Ce fut pourtant Jerry Ordway qui, au cours d’une des réunions annuelles mises en place par l’éditeur Mike Carlin qui cria à la cantonade après qu’on Carlin eut demandé si quelqu’un avait une grande idée pour secouer le titre, de le tuer.

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Tout le monde rigola un bon moment mais, quand les esprits furent enfin  apaisés, chacun réalisa que oui, c’était une très bonne idée de tuer Superman ! Il s’en suivit à la fois l’un des plus grands coups publicitaires de l’histoire des comics, dont l’exposition médiatique fut sensationnelle, mais aussi un record de vente  pour DC comics avec prés de 3 millions de comics vendus pour le fameux no 75 du titre Superman, que ce soit la version régulière ou l’assez intéressant et riche en gadget exemplaire noir de ce même numéro avec poster, brassard noir, carte, timbres…pour 2,50 $ seulement !

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Le retour de Superman, également très bien mené dans l’arc REIGN OF THE SUPERMEN, fut un succès commercial qui permit à Superman de, situation très exceptionnelle, de devenir un hit du moment, un titre hot ! Cela ne durera pas une fois son retour amorcé… Le gimmick de la mort d’un personnage, inventée à l’encan par Jerry Ordway est devenu un cliché des comics, mais il fut alors un coup de tonnerre dans le monde des comics qui éclaboussa les médias allant même jusqu’à devenir un article dans le très sérieux TIME MAGAZINE ! Qui dit mieux ?

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Pendant ce temps-là, Jerry Ordway était parti tenter sa chance avec son compère Al Gordon pour tenter de surfer sur la vague Image Comics avec un nouveau personnage « In your face » violent et graphiquement attrayant afin de profiter des fruits de cette nouvelle tendance. Ce fut donc le titre WILDSTAR qui ne dépassa pas quelques numéros tant le résultat fut bancal…Comment expliquer cet insuccès relatif alors que les titres infectes de Rob Liefeld se vendaient en centaines de milliers d’exemplaires ? Jerry Ordway n’était tout simplement pas une star…

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Mais notre artiste revint chez DC comics, un éditeur fidèle avec ses artistes, qui lui réservait un joker en la personne de Captain Marvel… Justement, Jerry Ordway allait proposer son plus beau travail !

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 07:07

Parmi les incongruités qui ont concerné Captain Marvel, il y a aussi du très bon, en l'espèce un de nos meilleurs artistes/dessinateurs français : le vénérable Alberto Uderzo ! Albert Uderzo souffre à mon avis d'un manque de reconnaissance critique manifeste depuis la mort du très estimable René Goscinny (sorcier suprême en malice et en situations savoureuses), mais à mon sens, il a poursuivi avec adresse et élégance  les aventures d' Astérix sur des albums que j’ai aimés tel que La rose et le glaive.  Mais revenons sur les prémisses de la trés grande carrière de Mr Uderzo.

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Il s'agit d'un talent inné qui s'est présenté très tôt à des maisons d’éditions françaises où tout travail était bon à prendre. Parmi ceux-ci, une commande pour le magazineBravo en 1950 :Captain Marvel Jr !  

Le personnage a donc été loué par ce magazine francophone et le résultat est fort sympathique .Uderzo n'aimait pas cet engagement ,il raconta que les aventures furent entreprises par une femme qui n'avait pas encore écrit et que ce n'était pas d'un grand intérêt.

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 Pour ma part, je serais plus clément .Tout d’abord, Uderzo est un grand monsieur de la Bd, il sait TOUT  dessiner et ça, on l'a oublié depuis ses Astérix. Il est capable de dessiner de manière réaliste, comme sa contribution à France-soir ne laisse aucun doute.

Il a fait du dessin semi réaliste avec des avions et autres décors réalistes  très précis et fort crédibles, les chevaliers du ciel.

Son Astérix comporte de grands moments graphiques, témoin cette fabuleuse représentation de Rome qu'il nous livra jadis ou encore une caractérisation  très habile de TOUS les personnages secondaires Astérix .De plus, alors que certains dessinateurs américains voient leur art s'émousser au fil des années, Uderzo n'a jamais faiblit sur ce plan-là.

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Anecdote amusante, comme certains très grands de la Bd comme John Buscema, Albert Uderzo a le sentiment que sa formation de dessinateur, notemment pour l’anatomie, reste toujours inachevée .C' est encore une fois à mon avis un trait de caractère des très grands qui veulent encore et  toujours s'améliorer alors que leur style demeure très, très accompli .Mais si on vise la perfection, on ne peut jamais l'atteindre !

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En ce qui concerne Captain Marvel jr, en noir et blanc, son trait à la précision et la puissance d'Alan Davis en plus précis, c’est peu dire !

Les histoires sont légères mais nous entraînent volontiers dans une candide féerie si on veut bien s'y prêter. J'opine personnellement que ces aventures sont beaucoup plus intéressantes que le Superman des années 50 et 60 ! A l'heure où ce qui attrait à ces grands de la Bd se publie sans problèmes, quel éditeur audacieux   va nous proposer à nouveau ces aventures ?

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Pour finir sur Mr Uderzo ,80 ans cet hiver, son dernier album "le ciel lui tombe sur la têtea pris une volée de bois vert du point de vue critique. A mon sens, ce grand Monsieur n'a plus rien à prouver depuis longtemps mais il a quand même voulu nous  livrer cet avant-dernier opus d'Asterix.

Ce qui m'a étonné à premier abord, ce sont ces deux références très explicites  aux Comics et aux Manga .C'est sûrement benoît de ma part, mais j’ai toujours considéré que Astérix était une BD majeure et riche pour faire abstraction de ces deux autres médiums.

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J’avais tort !

Uderzo, tout comme Goscinny, ont toujours crié leur amour et admiration à Walt Disney. Il est vrai que voir les premiers Disney  enfant, alors que finalement les distractions  audiovisuelles étaient peu nombreuses, ça devait être quelque chose de magique.

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Certes, l'opposition à peine dissimulée  entre Manga et Comics est très appuyée, et on ne voit pas très distinctement la finalité de son propos ou de  son thème, mais l'ensemble reste plaisant et l'effort demeure infiniment appréciable.

 

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Le trente quatrième opus d'Asterix, L'anniversaire d'Asterix et d'Obelix, permet à Albert Uderzo de délivrer un album nostalgie qui promène Albert Uderzo, mais aussi René Goscinny, dans l'univers fabuleux que nos deux hommes ont édifiés. Un bel album sous le signe de la nostalgie, avec de trés belles fulgurances graphiques du maître, qui peut aussi se percevoir comme un album testament.

 

Merci Mr Uderzo !

 

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 06:34

Olivier Bach est un cinéphile qui a très astucieusement combiné sa passion et son activité professionnelle. Avec une excellente  idée, une position dans un créneau ou un secteur de niche délaissé par les autres éditeurs, Olivier Bach a débuté de manière très judicieuse son activité afin de proposer, voire même de faire découvrir des pans entiers du cinéma américain, russe ou mexicain. Retour sur cet éditeur hors normes qui nous a permis de découvrir les sérials, enfin, en France.

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Olivier Bach a monté son entreprise d’une manière très intelligente. Il a gagé un prêt sur une voiture afin de s’acheter du matériel de duplication et de traitement des films qu’il s’est mis à éditer. Avec une première vague de cinq films, qui ont rapporté assez pour pouvoir poursuivre et amplifier l’aventure, Olivier Bach a donc continué son aventure en défrichant, important des courants cinématographiques qui n’étaient guère visible que dans les cinémathèques et connus par des érudits.

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        (Les proies du vampire, une excellente ressortie d'un film de grande               qualité qui était resté invisible depuis sa sortie en salle depuis les                 années 60 !)

 

L’autre astuce diabolique d’Olivier Bach consiste à éditer des DVD à des prix très bas pour la plupart de ses films. Chacun peut donc se risquer à acheter un DVD sans dépenser un prix élevé pour un film qui, c’est à peu prés certain, ne passera pas d’ici un an ou deux sur Canal +. La distribution fut également un élément clef du développement de Bach Films puisque ses éditions se trouvaient facilement dans le réseau Disk King puis, progressivement, dans d’autres réseaux tels que la FNAC, toujours à petit prix.

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La politique éditorial de Bach Films peut se résumer en deux mots : éclectisme et variété !

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(La cité des morts ! Excellent petit film du cinéma fantastique britannique rarement cité dans les ouvrages spécialisés car...presque invisible ! Une injustice réparée grâce à Bach Films !)

 

En effet, des pans entiers du cinéma mondial ont été édités par Bach Films, non seulement dans l’horreur ou le fantastique, mais également le cinéma russe, mexicain, muet, jazz, des téléfilms rares (la première et jusque là inédite version de CASINO ROYALE de 1954), ou encore des acteurs, Rudolph Valentino, Lon Chaney…des personnages, Sherlock Holmes et enfin des courants.

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(le mythique Casino Royale ! Toute première adaptation de James Bond à l'écran qui n'avait jamais été diffusée jusque là en France !)

Pour ma part, je retiendrais de très belles découvertes comme les éditions en DVD de certains films de Roger Corman de très grand intérêt. Nous avons donc ATTACK OF THE CRABS MONSTERS, LE MONSTRE DES PROFONDEURS, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS, LA FEMME GUÊPE qui n’avaient jamais été visibles jusque là, ni en salles (à ma connaissance), ni à la location ou à la télévision. Et, pour ma part, je pense que ce sont là des sacrés films !

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(la série des films de Roger Corman ! Inédits jusque là et pourtant tellement recommandables ! Encore une découverte made in Bach films !)

 

Outre quelques très bons films, retenons par exemple et autres LA CITE DES MORTS, je retiendrai surtout la découverte du cinéaste mexicain Fernando Mendez avec son cycle des vampires, LES PROIES DU VAMPIRE et le RETOUR DU VAMPIRE.

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(La momie aztéque ! Un pan entier du cinéma fantastique étranger ressurgit grâce à Bach films !)

 

Excellent film « classique » de vampire, beaucoup moins connus car presque jamais cités par les revues dédiées au cinéma fantastique en France, on peut légitimement considérer que Bach Films a fait un beau coup en nous ramenant ces films en France. Fort bien réalisés, LES PROIES DU VAMPIRE et LE RETOUR DU VAMPIRE sont un chainon manquant entre les Dracula de l’Universal et les versions de la Hammer, d’autant plus que l’interprétation de German Robles est en tout point intéressante !

Mais le courant qui nous intéresse est celui du serial.

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(le serial enfin réintroduit en France ! Une belle collection de films remastérisés proprement indispensable !)

 

Là encore, et comme toujours chez Bach Films, l’édition a bien été conçue. Une première salve de 12 titres, parmi les meilleurs qui soient, un livret des plus instructifs édité écrit par l’érudit Roland Lacourbe, des interventions de cinéphiles dans les bonus et même de cinéaste (Bertrand Tavernier) et surtout une remasterisation des serials !

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En effet, il est possible de voir quelques serials sur le net, ici ou là, mais d’une part la barrière de la langue est assez dissuasive, et d’autre part, la qualité du son et de l’image est particulièrement repoussante, navrante. Aussi, contrairement aux différents trailers sur le net qui ne donnent pas particulièrement envie de voir les serials, la remasterisation entreprise par Bach Films permet de voir ces films qui, avec un son et une image efficace, deviennent en effet dynamiques et agréables à regarder ! Encore une fois, du bon travail d’éditeur.

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Aussi, je ne saurais que trop recommander de vous rendre sur le site de l’éditeur et de commencer votre collection de serials, ou d’un autre film si votre envie est ailleurs. Et parmi la vague de serials, qui est toujours agrémenté d’autres éditions, je vous recommande d’arrêter votre choix sur Adventures of Captain Marvel et de passer un EXCELLENT moment !

 

 

 

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Published by Bastien Ayala
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