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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:30

6ème partie.


Capable de mener de front plusieurs séries à la fois, maitre de l’anatomie mais pouvant également en faire abstraction pour créer des visuels incroyables, Steve Ditko va pourtant tourner le dos à Marvel. Faisant abstraction à la fois à une reconnaissance du public mais aussi à des revenus confortables, Steve Ditko va quitter Stan Lee pendant la meilleur période de la firme pour revenir vers sa firme d’origine pour renouer avec l’intégrité artistique. Voyons ce que cela donne…

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Rappelons que Steve était capable de mener de front plusieurs séries et que l’on oublie un peu vite qu’il a grandement participé aux premières aventures d’Iron Man avant que celui-ci ne soit établi dans son propre titre. Si ces aventures nous sont inconnues en France, à part une petite publication dans un Spécial Strange origine relative à la Dynamo pourpre, celles-ci sont assez souvent oubliées de la mémoire collective qui ne retient que Spider-man et un peu Doctor Strange.

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Toujours est-il que le départ de Steve Ditko oblige Stan Lee a trouvé 3 remplaçants pour ses séries dont John Romita Jr, Marie Severin et à terme George Tuska, incroyable !

Steve Ditko revient donc dans le giron de Charlton, en lâchant la lumière pour l’ombre puisque ni la direction de la firme, ni son système de distribution demeure voué à faire des comics une occupation de premier choix.


Cependant, on commence un peu à se réveiller dans la firme du Connecticut qui a pour principal souci de faire fonctionner ses presses et imprimantes à plein régime, ce à quoi servent quelque part les comics !

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Le genre super-héros a le vent en poupe et, dans le très large choix de titres que propose la firme, on en a justement fait de temps à autres avec des titres tels que Blue Beetle (voir les articles consacrés à ce personnage), et le fameux Captain Atom la décennie précédente !

En outre, si la firme n’emploie pas Stan Lee, elle compte dans ses rangs l’incroyable Joe Gill qui lui-aussi est capable d’écrire un peu prés tout en un temps records et demeure également incroyablement productif ! Joe Gill n’occupe cependant pas un poste aussi élevé dans l’éditorial que Stan Lee et on ne saurait affirmer qu’il avait une vision aussi globale du marché.

Steve Ditko revient donc sur Captain Atom pour de nouvelles péripéties.

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Un titre intéressant mais, il faut le reconnaitre, qui n’est pas aussi trépident et haletant que les aventures de Peter Parker ou encore Stephen Strange. La continuité n’est pas de mise et la caractérisation de ses protagonistes n’est clairement pas une priorité, dommage…

Steve Ditko récupère aussi le Blue Beetle, sujet traité dans ce blog, qui devient subitement bondissant, terre à terre, et se trouve confronté à des ennemis pas possibles. Ce nouveau Beetle bénéficie pleinement du traitement graphique de Steve Ditko qui le plonge dans des ballets chorégraphiques gracieux, certains critiques ont souligné à juste titre que les scènes d’action des personnages de Dikto s’apparentent à une sorte de danse où les héros distribuent des coups. Encore une grande caractéristique du talent unique de Steve… L’arrière-plan urbain demeure également très soigné et très convainquant. A l’instar de Spider-Man puis plus tard de Mister A, le décor demeure un élément qui met en relief les aventures de ce Blue Beetle et lui confère un cachet mémorable bien après que l’on ait refermé ce comics !

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L’aventure Blue Beetle ne dure pas très longtemps.

Il avait d’abord rejailli sous sa nouvelle forme dans des back-up de Captain Atom et son titre, assez curieusement, n’avait connu qu’une petite poignée d’aventures.

Pourtant, les efforts de Dick Gordiano, nouvel éditeur en chef, étaient assez méritoires puisqu’il rationnalisa au mieux le maigre budget que lui allouait la direction de Charton. Pour se débrouiller au mieux en serrant les cordons de son département, il importa et traduisit des bandes dessinées d’autres pays pour un faible coût, le surplus étant affecté à ses autres auteurs, dont Steve Ditko, pour les amener vers de meilleurs comics.

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Notons que dans cette nouvelle vague d’Action heroes, le terme est amusant, on compte essentiellement Captain Atom (un titre qui a des qualités assez singulières), Blue Beetle, Judomaster (!), The Question, et encore Srage Steele ou The Peacemaker.

Ces deux derniers titres ont été crées pour surfer sur la grande tendance de cette milieu des années 60 avec la déferlante James Bond qui trouve son apogée en 1964 avec Opération Tonnerre, un hit absolu.

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Certaines de ses bandes présentèrent de grandes qualités, ayons une pensée pour Peacemaker de Pat Boyete au graphisme très soigné et convainquant, mais ils n’atteignirent pas le niveau de Marvel, surtout au niveau d’une cohésion qui demeure défaillante tant au niveau de la publication, de la distribution et dans les pages même de ces comics qui ne semblent pas toujours évoluer dans le même univers.

Les comics Charlton semble donc moins réussi, encore qu’ils présentent une sorte d’incongruité artistique pour le moins mémorable, telle est la Question !

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La Question demeure précisément le dernier grand titre auquel participa Steve Ditko.

Notons qu’il collabora et Co-créera quand même la moitié de ces actions héros, ce qui est là encore une très grande performance.

La Question demeure un personnage essentiellement d’essence urbaine puisque Vic Sage, un journaliste d’investigation décide de s’impliquer plus fortement dans ses enquêtes, écœuré par les crimes et autres turpitudes qu’il relate au quotidien.

Pour cela, il trouve un procédé qui lui permet d’enduire son visage d’une sorte de caoutchouc qui lui confère un visage neutre, sans face. Ce procédé lui est donné par le scientifique Rodor Aristote. Ainsi est né la Question, un héros urbain qui lutte contre le crime, essentiellement.

Le personnage est réussi, autant en terme d’écriture que de caractérisation, et sa poignée d’épisodes demeure également à lire bien qu’elle demeure encrée dans un cachet très années 60’.

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Toutefois, la Question n’a eu le droit qu’à cinq petits numéros ! Il fut cependant assez marquant pour qu’on se souvienne de lui et qu’il puisse bénéficier d’une carrière postérieure même s’il semble clairement inspiré d’un personnage secondaire de la série Dick Tracy nommé No face.

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Hélas, ce sera le dernier fait d’armes marquant pour Steve Ditko qui va, en cette année 1967, suivre la vague d’émigration qui emmène une grande partie du staff créatif de Charlton vers DC comics où de nouvelles aventures l’attendent.

Ce sera d’autres héros, d’autres séries marquantes mais aussi une nouvelle période de tension pour notre artiste si talentueux…

Bonus : un lien qui vers l'article de Brother Ray qui traite de Captain Atom.
Reviens-nous vite, Bro, j'adore tes articles et ton terrifiant bric à brac !

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Published by Bastien Ayala
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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:55

Après l'interlude/hommage dédié à Dick Giordano, nous reprenons la série d'articles consacrée à Steve Dikto. Les carrières des deux artistes se sont d'ailleurs croisé et le prochain article revient justement sur les actions-heroes.

 

5ème partie


Le personnage Docteur Strange souffre un peu du même problème de considération qu’entretient Thor par rapport aux 4 Fantastiques, il s’agit d’une excellente période créative que l’on pourra toujours lire et relire avec plaisir mais, pourtant, le titre reste quelque peu dans l’ombre de Spider-Man en terme de notoriété. Et pourtant, voilà bien un titre qui va bien au-delà de son support comics, grâce à la Steve Ditko ‘s touch.

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Apparu dans Strange tales # 110, Docteur Strange est l’autre petite merveille mad in marvel qui, assez bizarrement, demeure quelque peu mis à l’écart dans le cœur des fans. Ceci est probablement dû au fait que le titre a hélas connu une publication chaotique et que nulle autre équipe créative n’a égalé ou proposé une vision à la hauteur de nos deux duettistes.

Steve Ditko resta jusqu’au numéro 146 mais le titre comptait les aventures de deux personnages qui furent d’abord la torche humaine (bof) puis Nick Fury.

Encore une fois, les deux personnages créèrent tout les fondamentaux de l’histoire ainsi que le back-ground et les personnages principaux et secondaires. Tout sera mis en place pour les 50 prochaines années, peut-être même les 100 à venir !

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Stephen Strange est un chirurgien arrogant qui subit un accident de voiture.

Subissant douloureusement ce coup du sort qui le prive de son statut social, il se perd dans une fuite en avant qui le mène aux confins du monde connu, notamment dans une montagne retirée d’orient où, à bout de force, il est recueilli et choisi par un vénérable des arts mystiques.

Ce dernier le choisit comme disciple et, au terme de son apprentissage, il reçoit à la fois le titre de sorcier suprême mais également le poids de la charge qui en découle
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Malgré une mécanique de récit fort simple, Stan Lee pose avec talent et inspiration les bases de ce que peut être le monde de la magie. Il instaure donc un ressort dramatique intéressant, la rédemption d’un héros, qui hérite d’une lourde charge pour protéger notre terre de dangers mystiques que nul ne connait mais aussi d’une petite amie, Cléa, d’un ennemi qui compte, son ancien Co-disciple et aussi d’une figure suprême du mal, Dornamu, qui était progressivement évoqué au fil des épisodes pour finalement apparaître.

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Le background de Stephen Strange est également mis en place, avec adresse.

Le héros dispose d’un manoir tout aussi singulier, puis il utilise au fur et à mesure de ses aventures d’artefacts magiques tels que l’œil d’Agamotto, le manteau de lévitation ou le livre d’Agamanshi et même l’orbe d’Agamotto. Un folklore qui était un petit peu dans l’air du temps, la magie et l’attrait pour les choses obscurs existaient mais elles n’étaient pas populaires. Elles le deviendront à la fin des années 60. En ce sens, Doctor Strange anticipe quelque peu une mode…

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Cette version du titre est la meilleur puisque c’est un monde entier qui nous est présenté au fur et à mesure que l’on suit les aventures de Stephen Strange. Le réel est vite submergé par l’irréel car la norme demeure le bizarre, le fantastique. Notre héros est constamment submergé par des forces invasives que lui seul peut défendre, au prix d’astuce, d’adresse, de volonté ou encore d’immense effort de volonté.


Le titre est donc palpitant, captivant et il entraine le lecteur dans des contrées lointaines grâce à une vision de folie, qui se trouve justement être la vision de Steve Ditko !

Steve Ditko semble être encore une fois surpassé sur ce titre pour attendre la quintessence de son art. Si Spider-Man avait pour cadre un décor urbain, Steve Ditko doit tout inventer sur Docteur Strange.

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Que ce soit les costumes, le manoir mais surtout les dimensions magiques qui n’existaient pas jusque là, Steve Ditko fait preuve d’une imagination incroyable mais surtout d’un grand talent pour retranscrire des formes improbables, des créatures inédites et cela à foison !

Maître d’anatomie, bien que l’on reconnaisse à la fois ses personnages et leurs poses, Steve Ditko demeure doué pour créer des poses caractéristiques à ses personnages dont certains petits détails demeurent frappant. Ainsi Spider-Man comme le Docteur Strange effectuent ce mouvement des doigts si bizarre pour utiliser leur pouvoir.

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L’action et la profondeur du champ des cases demeure une grande réussite technique et les décors, qui proposent une continuation intéressante surréalistes des œuvres de ce courant, citons Dali, élèvent le niveau de ce comics à des cîmes rarement atteints.

Docteur Strange s’impose définitivement comme l’addition de deux grands talents, Lee et Dikto, dont la somme de leurs efforts dépassent le talent de chacun. Un excellent titre, hélas peu réédité, qui demeure la quintessence de ce qu’a proposé Marvel dans ces années 60 (comptons bien sûr les Fantastic Four, Spider-Man et encore Thor) et que les décennies suivantes n’égaleront pas.

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En ce qui concerne Steve Ditko et Docteur Strange, il fut félicité par les fans pour ses visions psychédéliques et notamment en ce qui concerne les formes étranges de ces décors. On finit par lui demander, notamment Roy Thomas, s'il prenait des champignons hallucinogènes pour avoir eu ces visions. Steve Ditko en fut très affecté et il s’en défendit avec vigueur tant il en fut outragé !

Encore une fois, tel est le paradoxe de S. Ditko...

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Published by Bastien Ayala
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 06:18

Après une longue série d’articles dédiés au(x) Docteur(s) Who, il est temps de changer totalement d’air et d’explorer d’autres horizons car cela est la vocation du Royaume.

 Aussi j’ai dégoté un truc bien marrant, un ovni cinématographique qui rend hommage à un courant oublié du passé en le diffusant, là est le paradoxe, à l’aide d’une technologie moderne. The italian Spider-Man est donc une série de mini courts métrages qui tire parti de ce qu’internet à pu apporter en matière de diffusion.

Avant toute chose, je vous conseille de cliquer ici pour voir ce qu’est exactement The italian Spider-Man. Bon voyage !

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The italian Spider-Man est une expérience menée par des jeunes étudiants en cinéma de l’université de Flinders en Australie en 2008. Leur but était donc de sanctionner leur cursus par une œuvre universitaire qui soit assez intéressante pour se faire remarquer par une audience large mais également de leur servir de carte de visite dans le monde du cinéma. The italian Spider-Man sera ce passeport et nos jeunes étudiants se servent intelligemment d’un moyen de communication gratuit et pouvant toucher tout le monde à la fois, le net.

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Mais avant toute chose, The italian Spider-Man est une référence à deux genres ou courants qui zébrèrent les écrans cinématographiques la fin des années 60 sans n’avoir jamais bénéficié d’une quelconque bienveillance de la critique cinématographique. Ni à l’époque, ni vingt ans plus tard malgré un changement de génération dans la presse spécialisée qui naquit entretemps !

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Il y a avait d’une part le genre de films de catcheurs mexicains, genre mexicain qui s’exporta avec parcimonie en France.

Cette mouvance du film pour catcheurs, lucha libre, est née grâce au célèbre catcheur Santo.

Rodolfo Guzamn Huerta s’est mis à la lutte au milieu des années 30 où il évolua grâce à une solide technique. Ce ne sera que 10 ans plus tard qu’il prendra le nom de Santo en se vêtant d’une cagoule argentée qu’il ne quittera jamais. Ce qui est assez étonnant, c’est qu’il respectait à la lettre une formule manichéenne qui disait qu’il était le champion du bien et de la justice (!). Dans les années 50, grâce à sa popularité bien consolidée, un éditeur de bd a l’idée d’un comics basé sur ses exploits. Ce fut le début d’une exceptionnelle notoriété qui confondit un peu Santo et son rôle car l’identité de Rodolfo Huerta fut considérée comme secrète pour le grand public.

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C’est en 1958 qu’un premier film, au budget indigent sort sous les écrans au Mexique.

Bien que brouillon et primitif, il cartonne (auprès des enfants) et la carrière d’El Santo est lancé ! Des cinéastes sont donc obligés de se pencher sur le sujet, tel le fameux René Cardona, et le film de catcheurs mexicains devient donc un genre à part entière !

D’autres catcheurs envahiront les écrans tels El Blue Demon ou Mil Mascaras, une vraie justice league à la mexicaine !

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Pour en revenir à Santo, rappelons qu’il était né en 1917 et assurer physiquement ses combats dans ses films tenait de la gageure. Aussi notre brave Santo, quelque peu ventripotent, était assez souvent doublé pour ses acrobaties ! Cela ne l’empêcha pas de lutter contre toutes sortes de monstres, que ce soit des extra-terrestres, le monstre de Frankenstein ou encore des femmes Vampires et même des zombies. Les films de Santo sont souvent évoqués en Europe par rapport à ces mythes qui se trouvent dans ses films et qui finissent bastonnés !

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       (la seconde génération de ces lutteurs, les "fils de")

Santo était quand même une légende au Mexique et, en 1982, il retira publiquement son masque à la télévision deux ans plus tard afin de révéler son nom. Il mourut 15 jours après et il fut une gloire nationale même si le genre ne lui a pas survécu. Un parcours incroyable ! Un de ses onze enfants a même pris sa relève en se nomme El hijo de Santo !

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L’autre genre auquel rend hommage The italian Spider-Man, c’est vague de films à super héros italien qui eut lieu dans les années 66/67. Disparue aussi vite qu’elle était apparue, à part nos 3 fantastiques supermen, ce genre compta quand même quelques sacrés navets, même si j’ai de l’affection pour le genre.

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Tous les poncifs, tous les clichés et les pires histoires ressassés dans ces films ne permirent pas de trouver une quelconque qualité dans ce productions qui ressassèrent plus ou moins la même histoire à destination des enfants. Que ce soit Superargo, Flashman, Fenomenal, Goldface, les histoires étaient niaises car uniquement à destination des enfants, et davantage les très jeunes.

 

On peut même parler de naufrage artistique total pour ce genre indigent qui ne laissa en définitif aucun bon souvenir si ce n’est qu’un aspect psychédélique et pop bienvenue !

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Nos étudiants australien s’en souvinrent bien et le succès sur internet fut assez conséquent car des millions de connexions eurent lieu pour la dizaine de court, réellement talentueux eurent lieu. La veine parodique est excellente car elle ne fait que forcer le trait de ces héros dont ils ne manquent pas grand chose à leurs aventures pour verser dans le second degré !

Un bel hommage, une belle démonstration du talent de cette équipe, espérons qu’ils connaitront le même succès que Crocodile Dundee, monté dans les années 80 lui aussi de façon expérimentale par l’australien Paul Hogan au moyen de la souscription !

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 07:27

7ème partie


Colin Baker se vit donc retirer le rôle par un exécutif qui considérait cette série avec un faible égard pour sa dimension créative. Il fallait, selon lui, relancer le show avec une formule légèrement modifiée et donc, un nouvel acteur.

 Ce fut donc dans des conditions houleuses et une remise en question dans les plus hautes instances de la B.B.C qu’un acteur relativement peu connu, Sylvester McCoy, allait devenir le septième Docteur en titre.

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Sylvester McCoy est un acteur né en 1943 en Irlande.

Vendeur d’assurance dans ses jeunes années, il a été découvert puis intégré à une troupe de théâtre comique ou lui-même se distingua par ses numéros burlesques.

Sylvester McCoy continua donc son bonhomme de chemin que ce soit dans à la télévision ou au cinéma. Une anecdote raconte justement qu’il jouait une pièce en 1986 avec Timothy Dalton avec lequel il sympathisa fort bien. Les deux hommes parlèrent des aléas difficiles de ce métier, à savoir décrocher des rôles. Or, l’année suivante les vit décrocher le rôle de James Bond puis de Doctor Who.

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                (le Docteur et Mel, sa première compagne)


Bizarrement, même s’il n’eut pas de formation théâtrale, Sylvester McCoy y revint par la suite pour se parfaire, tant et si bien qu’il a joué il y a peu avec Ian Mc Kellen dans une pièce de Shakespeare.

Sylvester McCoy est donc la preuve, voire l’exception, que l’on peut être autodidacte et devenir un acteur de haut rang. Sa prestation du Docteur le confirmait déjà.

C’est donc en 1987 que Sylvester McCoy hérite du rôle qui a donc quelque peu perdu de sa superbe par rapport aux années Tom Baker.

 

Certes, il y a des effets spéciaux, certes le show est connu et reconnu mais les années 80 ne furent pas les meilleures pour notre bon Docteur. Justement, l’esthétique de la série comme la photographie de l’image demeure délavée, décolorée comme le rendu visuel de ces années à la télévision ou dans la mode. Le show a pris un sérieux coup de vieux depuis l’irruption des effets spéciaux made in I.L.M à l’écran.

Si on regardait avec bienveillance les effets des anciennes séries, alors il n’y avait qu’elles et Gerry Anderson (bien meilleurs chez lui) à l’écran, les effets du  Docteur Who à l'écran font assez faibles et chiches.

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La personnalité du Docteur est en revanche assez intéressante, de même que l’interprétation assez nuancée de Sylvester McCoy. Si le no 7 apparait comme un Docteur quelque peu âgé, peut-être pour rappeler William Hartnell, mais également comique, il n’en demeure pas moins un personnage dont la profondeur est distillée au fil des épisodes. Nous avons donc un Docteur plaisant, charmeur à l’attitude parfois comique qui dissimule en fait un habile stratège capable de manipuler ses adversaires, mais aussi ses alliés, qui auraient tendance à le sous-évaluer.

En outre, le 7 esquisse une intéressante réflexion sur son parcours, sur le fait qu’il soit déjà arrivé à sa septième incarnation et il pose un regard parfois désabusé sur son parcours.

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Un élément intéressant, ou plutôt que les années ont rendu suranné et terriblement daté, est la compagne de notre bon docteur. Ace est une adolescente révoltée typique de ces années 80 et qui, pour soulager sa frustration, veut tout faire péter.

  Habillée comme un sac fagoté par Naf naf (c’est-à-dire horriblement ridicule), Ace a l’adorable manie de tout faire péter à coups d’explosif, avec de bien meilleurs résultats qu’un marine artificier ! Aussi tant pis pour nos Daleks et nos cybermen qui ne s’en remettront pas !

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Personnage horriblement mal attifé, à la psychologie primaire mais qui demeure une concession aux tendance des années 80, Ace demeure un élément de franche rigolade qui fera lever les sourcils à une des incarnations postérieures du Docteur, qui racontera en substance que les années 80, c’était quand même quelque chose !

 

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Cerise sur le gâteau, Sylvester McCoy a révélé assez récemment que les scripts contenaient une allégorie sur une menace maligne et néfaste mais bien réelle, en l'occurrence Margaret Tatcher !

Cette période chargeait donc la dame de fer, le plus innocemment du monde sous un programme qui devait à nouveau se tourner vers les enfants. Amusant ! Surtout que Sylvester McCoy raconta que l’un des producteurs de la B.B.C ne se rendait compte de rien !

Mais la série déclinait quelque peu et le show s’arrêta dans sa 26ème année pour un arrêt définitif, semble-t-il…

Mais dans les années 90, un concept était désormais acquis par la nouvelle génération de cadre de la chaine, le concept de franchise était désormais un patrimoine et le docteur Who constituait un trésor de guerre.

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Il fallait donc relancer la série, d’autant plus que la ferveur des fans n’étaient pas retombée, loin de là. On s’orienta donc vers une production avec un brodcast américain, la Fox, pour relancer la franchise avec d’abord un téléfilm et, si tout allait bien, de nouveaux épisodes.

Ce reboot de 1996 continue cependant le lien avec la série d’origine puisque tout commence dans le Tardis où le 7 est pris à parti par le maître qui revient encore et toujours en explorant toutes les voies possibles pour revenir de la mort, même les pires. Notre Docteur atterrit de toute urgence sur la terre, aux USA, où il tombe malencontreusement dans une bataille entre gangs où il reçoit une rafale de mitraillette.

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Sa régénération s’effectua donc dans une morgue et un nouveau docteur vient remplacer celui qui était interprété par Sylvester McCoy. Ce nouveau docteur, 8, est interprété par Paul Mc Gann doit donc subir le trauma d’une nouvelle réincarnation, échapper aux autorités avec de nouveaux compagnons, une femme et un jeune asiatique issu des gangs, puis contrer les plans du maître, plus en forme que jamais car joué par l’excellent Eric Roberts.

Notre nouveau 8 va remporter la victoire et repartir, en principe, pour de nouvelles aventures...

 

Ce téléfilm est plaisant quoique un peu indolore comme certaines productions américaines de l’époque. Il semble que la touche britannique qui fasse le charme et la caractérisation de la série fut quelque peu mis en retrait afin de toucher un public américain. Ce téléfilm n’est pas mauvais mais il est deçà des heures de gloires du show et il n’annonce en rien ce qui va venir par la suite.


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Paul Mc Gann est un plutôt bon Docteur bien qu’il n’ait eu le droit qu’à une seule prestation. Il raconte avec humour qu’il est le « George Lazemby » de la série !

Paul Mc Gann a été introduit au casting par son agent de l’époque, une ancienne compagne du 5, le monde est petit ! Il était d’ailleurs en concurrence avec son frère pour le même rôle. Sa personnalisation du Docteur est plus romantique, de l’ère victorienne et il semble daté du 19ème siècle.

Le ton de la série est romantique car, en dépit du ton trépident des aventures, il esquisse un début de flirt avec l’interprète principale.

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Mais cela n’a pas suffit car si ce retour du 8ème Docteur a plus chez le public britannique, les américains n’ont pas suivi et la série envisagée ne sera pas concrétisée. Paul Mc Gann restera donc un Docteur dont les fans ne savaient pas à l’époque si ils devaient l’inclure dans la mythologie officielle ou non !

 

L’acteur garde un bon souvenir du rôle qu’il reprendrait volontiers à l’occasion, mais il conserve une sainte horreur de la perruque. Le plus drôle est qu’il a enregistré, comme ses collègues du rôle, des cassettes audio du Docteur.

En outre, Paul Mc Gann ne ressemble pas du tout à cette version du Docteur dans la vie réelle ! Il y a une vie après Docteur Who, qui consiste à se rendre à des convetions, des sénances de dédicaces ou encore enregistrer des histoires audio, et la plupart des ex-acteurs sont sur le créneau !

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La série semblait donc définitivement au point mort, grillée chez les américains et promise à une lente extinction sans intéresser davantage les cadres de la B.B.C qui avaient cassé leur jouet à deux reprises.

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D’ailleurs, un grand nom de la série est décédé quelques jours après la diffusion de ce téléfilm. John Pertwee est donc mort et il reste, pour toujours, un flamboyant docteur haut en couleurs et acteur prestigieux. S’agissait-il d’un signe funeste de plus ?

Mais la base de fans du Docteur, celle qui avait grandi avec la série, était enfin parvenue à un certain niveau que ce soit dans la production ou encore dans la reconnaissance critique, et elle ne voulut pas que le Docteur s’arrêtât là…

 

La première ère de la série s'arrête donc avec ce téléfilm. La série semble être éteinte sans gloire, avec une fin un peu triste. La seconde ère de la série, la période moderne labélisée 2005, sera traitée dés la rentrée du Royaume qui sera en octobre ! En attendant, vous aurez d'autres sujets à lire !

 

 

 

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Published by Bastien Ayala
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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 07:15

Frank Frazetta a contribué à un film réellement intéressant, un dessin animé qui ne se contente pas de reprendre les formules éprouvées de Walt Disney mais qui participe un souffle nouveau au cinéma. Ainsi avec le film Métal Hurlant, Tygra, la glace et le feu propose une grande épopée de chair, de feu et de glace servie avec le concours graphique de Frank Frazetta.

Le film se base sur une situation manichéenne. La glace demeure maîtrisée par Necron, un tyran qui demeure contrôlé par sa mère. Il ambitionne de conquérir l’ensemble du monde mais il se trouve opposé à son éternel ennemi, le chef de la cité du feu, qui redoute les dégâts collatéraux que provoquerait leur affrontement frontal. Ainsi Necron fait pousser la glace par sa seule volonté dans l’immense territoire qui l’oppose à la cité de feu. Au milieu se trouve une myriade de peuples qui ne peut contenir l’avancée implacable de la glace,  accompagnée par les soldats simiesques de Necron, une horde ravageuse au service du tyran fou.

 

Toutefois, il y a de bons moments de bravoures qui constituent la rage de Darkwolf, très impressionnant, de même que l’attaque aérienne des ptérodactyles dans l’antre de Neron. La réalisation de Bakshi permet de conjuguer puissance et intensité à Tygra. Enfin, le périple de Larme dans les marais demeure intéressant. La musique de William Kraft demeure également un des bons points de Tygra, et elle dynamise avec talent les séquences d’action. Aussi, ce type de vision héroïc fantasy demeure trop rare à l’écran pour que vous vous priviez de jeter un coup d’œil à Tygra. 

 

Tygra n’a hélas pas marché au box-office, du moins pas en salles, bien qu’il fut vendu partout dans le monde. Ralph Bakshi devra attendre avant de pouvoir remonter un nouveau projet, ce sera une œuvre de commande, Coolworld, qui sera hélas un échec.  Ralph Bakshi aura cependant servi avec talent et honneur un cinéma d’animation adulte, et il reste énormément accomplir tant ce domaine est prometteur. Aussi soyons grès aux efforts conjugués de Mr Bakshi et Frazetta.  

 

 

J'ai souvenir que Frank Frazetta était quelque peu déçu par le rendu final de Tygra, tout comme les recettes du film qui ne furent pas mirobolantes, en cette année 1982. Pour l'avoir vu jeune lors de sa sortie, je peux vous assurer que, bien que classique à cause d'un scénario trop prudent, Tygra est cependant une oeuvre que la japanimation n'a pas égalée.

 

Note : Je vous renvoie à la chronique du Dvd de Tygra récemment sorti chez . Devil Dead demeure un site très plaisant, toujours dynamique et qui présente des informations de première main. Il y a même  des ambitieux et remarquables dossiers, comme celui qui célèbre Midi Minuit Fantastique, à mon sens un grand moment.

Enfin, voici le trailer du film !link

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Published by Bastien AYALA
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 08:20

Je n’aime pas trop les comparaisons établies à la va vite qui consistent à dénigrer un artiste en le comparant à un autre. Il s’agit d’un processus facile qui n’est guère constructif et qui ne se focalise que sur quelques œuvres alors que la carrière d’un artiste, en l’occurrence un illustrateur, peut difficilement être synthétisé en quelques peintures. Plus encore lorsqu’il s’agit d’un géant comme Frank Frazetta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutefois, la comparaison avec celui que je considère comme un génie pour capturer l’essence du mouvement et de la morphologie humaine devait être tentée. Mais puisque l’objet du royaume des avis ne demeure pas d’imposer mon point de vue, mais plutôt de vous proposer des éléments de comparaison ou des arguments pour que vous vous forgiez votre propre point de vue, je vous laisse juger à travers quelques exemples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche se trouvent donc les peintures de Frank Frazetta et à droite celles de Neal Adams. Je me suis attaché à sélectionner les peintures ou les illustrations ayant trait à des personnages en mouvement, voire des illustrations de personnages sur lesquels ils ont tout les deux travaillé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré le fait qu’il y a à peine une génération qui les sépare, F.Frazetta demeure plus prestigieux que Neal Adams. A quoi cela tient ? Tout simplement parce que Frazetta a su sortir très tôt de l’ornière des comics book pour apposer son nom sur des couvertures de livres, ce qui demeure en soit plus valorisant, ainsi que des affiches de films.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Certes, Neal Adams a fait la même chose, mais peut-être pas dans des proportions aussi importantes qui lui auraient apportée une reconnaissance du même ordre. Il reste pour la plupart un artiste de comics book, ce qui pour les critiques officielles (qui prescrivent en quelque sorte le prestiges et les courants de pensée) demeure plus réducteur. Il faut également prendre en compte que les dessins d’un comics book et les peintures ne peuvent pas être mis sur le même pied d’égalité : les dessins doivent être réalisés vite tandis qu’une peinture prend plus de temps, de l’ébauche jusqu’aux crayonnés et enfin la mise en couleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant, si vous comparez les deux types d’œuvres, une constante demeure. Frank Frazetta demeure plus enclin à mettre en valeur les arrières plans de ses œuvres, ce qui leur donne un aspect fabuliste et merveilleux tandis qu’en anatomie pure, Neal Adams semble surpasser un peu près tout le monde, y compris le maître.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux artistes peuvent d'ailleurs oeuvrer dans n'importe quel domaine. Aussi, quoi de plus intéressant que de comparer leurs talents dans un domaine éloigné de l'héroïc fantasy, comme la Science fiction ? La Sf permet de projeter des personnages dans des univers qui font moins appel à de la rigueur du point de vue du réalisme. L'imagination qui permet également de concevoir un monde affranchi de toute contrainte demeure également un paramètre intéressant. Pout Frank Frazetta, à gauche donc, vous regardez bien un dessin issu de Galactica !

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Une remarque qui me parait intéressante et qui permet d'identifier un peu plus en détails les styles de chacun de ses deux maîtres. Le style de Frank Frazetta, tout comme celui de Neal Adams, demeure influencé par son époque. Cela demeure notable sur la peinture de Tarzan dévoilée un peu plus haut. On retrouve le modèle masculin des années 1920 - 1930 tel que l'on représentait au cinéma. Cela a dû marquer Frank Frazetta mais surtout il revèlerait une autre influence de Frank : Burne Hogarth ! Je suis dans l'hypothèse, mais le grand Hogarth, né en 1911, est aussi un maître en anatomie et il a dû servir de modèle pour Frazetta et Adams, qui ne pouvaient l'ignorer.


Neal Adams tend pour sa part à représenter des modèles masculins tels que l'on les représentait dans les années 70 : gracile et svelte. Cette approche anatomique se retrouve dans la plupart de ses travaux puisqu'il caputre à merveille la morphologie des êtres humains. Ainsi nous voilà avec 3 grands qui représentent une sorte de chaînon dans les maîtres de l'anatomie et du summum graphique dans la bande dessinée moderne...


 

Encore une fois, il ne s’agit pas de dévaloriser l’un au profit de l’autre. Les deux artistes ont atteint sommet de leur art et beaucoup aimeraient dessiner comme eux. Mais nous pouvons envisager cet exercice de comparaison de manière décomplexée, sans nul autre critère que le rendu final. Pour ma part, bien que la lutte soit serrée, il semble que Neal Adams l'emporte du point de vue anatomique. La retranscription et la beauté du mouvement atteignent l’acmé chez les dessins de Neal Adams. Frank Frazetta demeure davantage à l'aise dans la retranscription de l'iréel. Mais vous avez sûrement votre avis, et il vaut le mien !

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 08:00

2ème partie

 

Un aparté pour décrire le style de Frank Frazetta qui contribue à sa renommée : il sait tout faire !

 En effet il excelle dans une fort large variété de styles que ce soit le dessin comique, que le dessin réaliste aux exigences anatomiques certaines, comme les Conan en passant par la retranscription de vision abouties d’univers ou de planètes que seuls les héros de romans ou de Sf ont foulé.

Une peinture réussie de Frank Frazetta nous permet de contempler, si ce n’est d’appréhender, des visions célestes qui paraissent à la fois crédibles et dont la puissance subjugue le lecteur devenu admirateur. 

 

 

Certes, il n’est pas le seul à pouvoir exercer dans ce type d’œuvre, les illustrateurs doués ont toujours existé, mais c’est lui que l’on porte au pinacle.

Ce qui demeure également notable dans ses œuvres relatives à la féerie, dont la Sf, demeure l’environnement des héros, les quelques bizarreries chromatiques qui rendent l’atmosphère si irréelle et splendide à la fois.

 

 

Il s’agit incontestablement de l’élément de fond qui démultiplie l’attrait qu’exerce l’œuvre dans son entier, et qui incite notre esprit à le scruter encore et encore, afin de capturer l’essence de cette féerie.

 A partir de ce postulat, on peut noter que c’est Frank Frazetta qui impose de fait sa propre influence aux autres illustrateurs, comme le pourtant très doué Sciotti.

 

Sciotti a réalisé tant d’affiches absolument merveilleuses pour le cinéma de genre italien. Ses œuvres donnent tant et tant à des films souvent indigents : ils permettent aux producteurs de lever des fonds, puis ils engagent les spectateurs à rentrer dans les salles pour venir voir « les œuvres » en question. Enfin, ils renouvellent cet attrait jusqu’aux boîtiers des K7 vidéos pour finalement venir se loger dans un coin de notre esprit.

 

                      (une affiche de Sciotti qui s'inspîre du style du maître)

 

Ainsi, Franck Frazetta demeure la star de l’illustration, celui dont le talent, qui agite l’imaginaire logé dans son esprit et qui stimule ses doigts d’or, lui permet de bien vivre, de sortir du cadre d’illustrateur reconnu et courtisé pour être courtisé un peu partout dont l'industrie du cinéma.

 

 

Le hasard veut que ce soit le grand Clint Eastwood qui décroche son téléphone pour lui demander une réalisation pour le film l’épreuve de force. Frazetta rigole à ce qu’il croit être une bonne blague puis raccroche, mais au second appel, il se rend compte de son erreur !

 

 

 

Les deux hommes ont quelque chose en commun, ils ont à peu prés le même physique et sont issu de la même époque sinon de la même classe sociale. Il y a une troublante similitude entre eux et ils se sont sûrement bien entendus.

 

Cette affiche lui est payée 20.000 $ et c’est Clint qui a indiqué à Frank Frazetta d’après son œuvre « dark kingdom ». Et l’industrie et sa femme lui réservent encore quelques excellentes surprises…

Note : Je vous renvoie à la
chronique de mon estimé confrère Mallox si vous avez la curiosité de voir le résultat "live" d'Iron Master la guerre du fer ! Certes, l'affiche demeure sublime et le film ne peut retranscrire une telle folie, mais il s'agit à mon sens d'un film sympathique.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 08:00

Puisque Frank Frazetta nous a quitté ce 9 mai 2010, je me devais au moins de relater cet événement qui concerne l'un des tous meilleurs artistes du XXème siècle.

 L'art de Frank Frazetta était si accompli que chacun de ses tableaux était une invitation à la féérie que l'on pouvait admirer, encore et encore.

Je vous propose donc, cette semaine seulement, une série de 5 articles qui retracent le parcours de F.Frazetta. Il s'agit cependant d'une réédition car ils ont été publiés en 2008...

 

1ère partie :

 

Frank est né le 9 février 1928 à New-York, à Brooklyn. Il eut le type d’enfance typique des enfants new-yorkais tel que l’a dépeint Will Eisner dans ces chroniques de la vie d’alors.

Frank demeure quelque peu agité, il a de vraies dispositions sportives et il a une nature quelque peu bagarreuse.

 

Son premier souvenir clair de dessin demeure un paysage qu’il a vendu pour 1 cent à sa grand-mère, ce qu’il l’a fortement motivé ! Frank lisait les meilleurs daily strips de son époque, notamment le fameux Terry & the Piratt de Milton Caniff, qui a marqué toute une génération et suscité à propos quelques vocations. Ainsi, le jeune Frank crée lui-même son propre strips à l’âge de 6 ans ! Qui dit mieux ?

D’ailleurs, ses bandes dessinées et coloriés aux crayons constituaient déjà des monnaies d’échanges pour les sœurs de Franck afin de se procurer d’autres comics ! Lui-même faisait invariablement les dessins de Noël pour l’école, qui rencontraient un grand succès. Il a fréquenté une école d’art mais son professeur mourut trop tôt. Une chance gâchée…

Frank travailla pour National comics, le premier nom de DC comics,où il fit quelques comics dont the Shining Knight mais il réalisa lui-même son propre comics, ce qui restera une expérience isolée, sur Thun’da. Thun’da demeure un une sorte de Tarzan, qui l’impressionna beaucoup. Il fit une seconde bande nommée Johnny Comet, qui se déroule dans les univers des courses de voitures. Il s’agit d’expériences qui furent assez éphémères, Frank Frazetta faisant feu de tous bois. Sa plus grande période fut une « collaboration » avec le grand artiste américain Al Capp sur Li'l Abner, qui demeure une référence et une icône aux USA. 

Al Capp demeure un des rois des daily Strips mais, comme par exemple Bob Kane, il a largement recours à un studio d’artistes bien qu’il signe invariablement de son nom.

 

 Frazetta demeure bien payé, mais surtout il expédiait le travail qui demandait normalement une cinq jours à un artiste normal, en une seule pour lui !

 Aussi il en profitait pour aller faire ce qu’il voulait le reste de la semaine ! Quand Al Cap voulut réduire son salaire de 50%, Frank claqua la porte. Il mit un certain temps à retrouver du travail car Al Cap le fit mettre sur une liste noire ! Dur revers pour Frank, mais le destin l'aida.

 

Frank se mit donc à commencer à produire de superbes couvertures pour les romans de poches. Les couvertures ont un rôle crucial pour la vente de romans. Ils doivent captiver le regard du lecteur, stimuler une petite lumière dans le coin de sa tête, et éventuellement le décider de son achat. Il s’agit d’un grand art, qui demeure connexe à l’industrie du cinéma (même si cette dernière néglige totalement cette vertu depuis quelques années).

 

Donc Frank se fit remarquer par les couvertures des romans de Tarzan, personnage que justement Frank affectionne. Il travaille également pour Warren, l’éditeur de Creepy et de Vampirella, pour lequel il réalise de splendides couvertures qui firent la renommée de la firme.

  

 

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 08:11

8ème partie

 

Dick Gordiano s’est hissé à un tel niveau, chez DC que, paradoxalement, il est un peu près arrivé au zénith de sa carrière. Il laissera encore une fois son emprunte du point de vue managériale puis il entamera un ultime cycle dans sa carrière déjà si riche et si accomplie.

 

Dick Gordiano s’occupait, à grande échelle, du contenu des comics mais également de l’organisation de la firme, du point de vue structurelle. Il a notamment mis au point une organisation par groupe de titres, liées au personnages, que l’on retrouvera également chez son concurrent. Ainsi des groupes managers furent nommés pour s’occuper des personnages. Recensons Mike Gold pour Superman, Denny O’Neil pour Batman (ce qui priva durablement la firme de l’apport de Frank Miller suite à un conflit qui l’opposait à Denny O’Neil sur le mérite de ses Batman), Andrew Hefler pour les titres de la Justice League ou encore Karen Berger pour la branche qui devint Vertigo en 1989. En ce sens, Dick Gordiano a su anticiper ce qui sera l’avenir.

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En 1989 justement, Dick Gordiano gagne un nouveau titre, Vice President editorial director avec encore un meilleur salaire. Mais notre homme, honnête, constate avec dépit que son salaire est quelque peu indécent par rapport aux salaires de base pratiqués dans la firme et que cette dernière acquiert une culture de corporation dans laquelle il ne se sent pas à l’aise. Warner Bros a d’ailleurs la main mise sur le contenu des comics, notamment le style graphique et cela entraina des tensions au sein des équipes créatives, ce que Dick Gordiano , une fois de plus déplore…

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                                (la version de Dracula par Dick, que l'on dit excellente)

 

Ce dépit, mais aussi un événement majeur motiva Dick Gordiano a une remise en question totale. Son épouse Marie est décédée en 1992 des suites d’un cancer de l’estomac. Ce fut un choc pour Dick, son couple était des plus réussis et il était dans sa 37ème année. Une fois auparavant, il avait eu une sorte de prémonition et il était exceptionnellement rentré plus tôt chez lui. Il avait alors trouvé Marie inanimée et il a alors pu appeler les secours à temps.

Dick Gordiano put donc résilier son contrat deux ans avant son terme, en 1995, ce qui sous-entendait une confortable retraite, mais il ne pouvait plus la passer avec Marie. Aussi il se décida à revenir dans ce qui lui laissait le plus de satisfaction, le dessin et l’art, sous toutes ses formes. Dick Gordiano redevint donc free-lance et Paul Levitz, un ami et estimé collègue, le conseilla de venir…présenter ses propres projets, comme les autres artistes !

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Il fit donc des travaux divers tels que Nightwing, le retour d’Alfred et il participa à la mouture de Catwoman avec aux scripts Chuck Dixon et Jim Balent aux dessins. Il s’amusa sans doute davantage sur le strip de Modesty Blaise, un étonnant personnage féminin d’espionnage des années 60. Il œuvra donc ici ou là, notamment dans des titres Vertigo tels que les Invisibles, Sandman, Transmopolitain, ou Americain Century. Une carrière éclectique sachant que DC était plutôt fidèle avec ses artistes, à fortiori avec Dick qui était très apprécié en haut lieu.

Dick Gordiano oeuvra également chez Vaillant, la boite de son ami l’édior in chief Bob Layton, à qui Dick fila un coup de pouce à ses débuts à l’époque de Charlton, et qui était alors content de récupérer un encreur si expérimenté et un bon ami.

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Dick Gordiano aima cette période Vaillant et il bougea ainsi en Floride, lieu de son voyage de noces avec la regrettée Marie dont le souvenir était toujours vivace. Il revint chez DC une fois que Vaillant, la firme qui clama un temps être devenue la no 3 du marché et qui but la tasse lors de la crise dans les comics (au milieu hélas de temps d’autres firmes telles que Malibu…).

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Le grand projet qui vit son retour chez DC, bien qu’il effectuait toujours des travaux d’encrages de manière disparate, fut la reprise du catalogue d’Action heroes, encore et toujours, qui ont littéralement jalonné et marqué la carrière de Dick. Ce dernier éprouvait une véritable affection pour ces personnages et il les reprit pour une mini série en 6 épisodes dont le titre, Living.Assaut.Weapons, fut assez dur à trouver puisque 50 titres furent envisagés ! Dick Gordiano se battit pour un titre avec dedans Charlton mais DC refusa, pour des raisons légales, ce à quoi Dick Gordiano répondit que Charlton ne déposait jamais ses marques !

Le titre revit donc la réunion dans l’univers de DC du rassemblement fortuit des 6 personnages du pack action-heroes qui fut rachetés en 1983 à Chalrton pour, dit-on 5.000 $ le héros ! Seul Peter Cannon fut exclus de ce rachat car il appartenait à son créateur d’origine.

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Mais ces 6 héros, Captain Atom, The Question, Night Shade, Blue Beetle, Judo Master et Peace Keeper avaient déjà bien changé depuis leur incorporation, finalement ce fut dans Crisis en 1985, car ils avaient eu leur propre série et leur propre évolution ou ils furent incorporés dans des équipes. Leur lien d’origine fut donc gommé mais une nouvelle super menace téléporte la Jla dans une autre dimension et pose un ultimatum à la terre. Ce sera donc des 6 heroes qui reprendront le relais pour une histoire qui s’insère mal dans la continuité et qui se révéla décevante du point de vue des dessins, dus à Dick Gordiano hélas, et du scénario car l’ensemble fait justement daté voire surannée. Un échec créatif qui dénote quelque peu avec cette belle tentative de faire revivre ces héros chers au cœur de Dick.

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Dick Gordiano resta donc actif dans une association d’entraide aux anciens artistes de comics book, Heroes, car lui-même se considérait assez chanceux dans son parcours et il lutta toujours pour la reconnaissance des droits des créateurs dans les comics, parents pauvres de la profession. Outre quelques couvertures, publications de livres d’apprentissage du dessin et de la technique, il se lança dans la firme Future comics avec ses amis et partenaires pour l’occasion, David Micheline et Bob Layton.

Si Future comics est paradoxalement très rétro dans le style, l’aventure ne dura pas bien qu’elle permit de créer des personnages comme Deathmask ou Mettalix. Mais comparés aux personnages de Image comics, ces héros futuristes de Future comics dont définitivement rétro, presque coincés dans les années 70.

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Dick Gordiano resta donc alerte, toujours occupé par ses dessins pour rester dynamique. On le voyait dans des conventions, chez DC pour rendre visite à ses amis qui y sont restés mais aussi, ce fut d’ailleurs assez rare, chez Marvel pour de rares couvertures ou travaux d’encrage. Il nous quitta donc ce samedi 27 mars 2010 après une vie professionnelle très bien remplie qui lui fit vivre le golden age des studios Eisner & Iger aux sommets de DC comics, avec des aventures éditoriales d’une richesse incroyables que très peu d’artistes ont connu tout en ne délaissant jamais son art, l’encrage et le dessin, doté d'un véribale attachement à certains personnages. Je finis donc ce portrait en forme de coup de chapeau tout en regrettant hélas de n’avoir pu retrouver une photographie de Dick dans les années 70 avec son costume coupé, sa moustache, son air de mafiosi et son grand sourire. Cela aurait dû être à mon sens l’image définitive qu'il fallait garder en mémoire de ce si grand artiste qui a tant accompli…

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 08:20

Dick Giordano a connu plusieurs cycles créatifs qui furent incroyablement enrichissants dans la vie d’un artiste. Son accession à la direction créative de Chartlon, son poste éditorial chez DC et son association avec le meilleur créatif de son temps, Neal Adams. Mais, une fois encore, Dick Giordano va revenir à un poste éditorial assez élevé chez DC comics, alors en pleine crise.

 DC s’est largement fait doublé par Marvel qui, depuis que le contrat qui les liés pour la distribution de 18 titres a cédé, a augmenté sa production de 18 titres à plus de 50 par mois ! Depuis les années 70, Marvel est définitivement passé devant DC pour le laisser loin derrière. Or, si DC venait de connaitre une exposition mondiale avec le film Superman, ses ventes s’effondraient à un point tel dans cette année 1978 que l’on nomma cette chute la DC implosion. Le temps de la reconquête était donc venue et il fallait battre le rappel de ses forces vives.

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Dick Giordano fut donc rappelé et, le 27 octobre 1980, il hérita de la branche des titres de Batman ainsi que The brave and the bold. Il savait qu’il lui fallait proposer de bonnes histoires au public, afin de rompre avec la monotonie des titres DC qui étaient nettement moins modernes et crédibles que ceux de Marvel. Les sous-intrigues étaient alors assez faibles et les histoires ne semblaient que trop guère liées entre elles. Alors que triomphaient le nouveau mode d’écriture de Chris Claremont, complexe mais prenant, la plupart des titres de DC semblait bien en retard et rétrograde.

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Dick Giordano lança aussi Arak, le fils de la foudre pour répondre, avec presque 10 ans de retard, au succès de Conan. Là encore, le modèle original n’est pas très bien respecté puisque Arak est un indien mais pas un barbare, passons !

Dick eut également la charge de lancer le titre Atari force, un licence qui tente de fédérer un public de kids. Mais puisque le titre n’est pas dérivé d’un jeu mais plutôt d’une marque, le résultat est aléatoire ! Même si, comme Arak, le titre a été publié en France, qui l’a dans sa collection ?

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Mais ces changements, quoiqu’ils puissent paraître des papillonnements, prouvent que l’évolution de DC est bien en marche. Les talents américains sont disputés par les deux grandes maisons d’édition et, à l’époque, les deux super stars sont quand même John Byrne et George Perez. DC a Perez dans son écurie, pour son plus gros succès d’alors, et John Byrne est sur les X-men puis les 4 Fantastiques. Il faut donc recruter, ailleurs.

Ce fut donc l’invasion anglaise qui se mit alors en marche, sur l’impulsion du directoire de DC. Dick Giordano intégra justement ce directoire suite au départ de Sol Harrison. Dick Giordano était donc placé aux commandes avec Jenette Khan et Paul Levitz. Ils prospectèrent du côté de l’Angleterre dont le fameux mensuel, 2000 A.D avec Judge Dredd était pour le moins détonnant de modernité et d’idées folles.

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De grands artistes tels que Brian Bolland, David Gibbon ou encore Alan Moore furent rencontrés en 1981. Le meilleur des comics de la firme, probablement des comics, furent initiés grâce à ces rencontres. Il en sorti alors, dans un premier temps, le fameux comics en 12 parties Camelot 3000 écrit par Mike W. Barr et dessiné par Brian Bolland dans l’attente entre les numéros fut…très longue ! Mais Camelot 3000 marqua également un retour un certain standard de qualité qui renoua avec le succès. Il était alors possible de produire des succès sans copier sur le style de Marvel, une leçon qui sera réédité avec brio dans peu d’années.

D’autres titres de la maison bénéficièrent des soins de Dick Giordano.

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Ce furent alors les Outisders, dont la version de Mike W.Barr semble être intéressante, de Young All-Stars ou encore Vigilante. Dick Giordano veilla à la fois à laisser une certaine liberté créative à ses auteurs, souhait relayé par ses éditeurs mais aussi à faire du meilleur travail.

Le meilleur vint d’ailleurs du titre Swamp thing qui, du comics de super héros mâtiné du souffle d’horreur des années 70 devint, entre les mains d’Alan Moore, une œuvre majeure dans les comics pour un long et passionnant run qui établit alors la réputation d’excellence d’Alan Moore.

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Un excellent redémarrage qui sera suivit par deux autres coups au but de la firme, qui éleva alors les critères d’excellence des comics avec Watchmen et The Dark Knight, mais également par une redéfinition totale de l’univers super héros grâce à l’excellent cross over maison nommé Crisis. La référence en terme d’épique appliqué à l’univers de super héros…

 

Cela permit le reboot entier de l’univers DC avec des relaunch admirables tels que les Superman de John Byrne, Dick a justement encré la star lors du premier numéro mais aussi les exceptionnels Wonder Woman écrits et dessinés par George Perez. En 1985/1987, c’est DC qui tenait la dragée haute au marché du point de vue artistique et Dick Gordiano avait participé à la mission qu’on lui avait assignée en 1980 lors de son engagement : remettre DC sur les rails !

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